WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / EDF / Luc Rémont

Entreprises / Actions
EDF / Luc Rémont

EDF a besoin d’investir 25 milliards d’euros par an / Luc Rémont souligne les enjeux de financement de l’entreprise

Luc Rémont, le président-directeur général d'EDF, a expliqué mercredi aux députés membres de la commission des finances quels sont les enjeux de l'entreprise pour financer son important programme d'investissements. Entre une dette de 65 milliards d'euros et des investissements annuels estimés à 25 milliards d'euros, le groupe a besoin d'une clarification de son modèle d'entreprise qui sera liée au futur mode de fixation des prix de l'électricité.
Luc Rémont, le président-directeur général d'EDF à la Commission des finances de l'assemblée nationale - Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Luc Rémont, le président-directeur général d'EDF à la Commission des finances de l'assemblée nationale - Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

EDF envisage l’hiver prochain "avec plus de sérénité que le précédent". Luc Rémont, le président-directeur général du groupe énergétique renationalisé à 100% à la suite de sa récente sortie de la Bourse, s’exprimait mercredi devant la commission des finances de l’assemblée nationale. L’objet de cette réunion était en particulier d’évoquer les pistes envisagées pour financer la construction des nouveaux réacteurs EPR 2 voulu par le président de la République, Emmanuel Macron.

Elle a d’abord été l’occasion de faire le point sur la situation de l’entreprise qui a dû faire face à une double crise depuis 18 mois : une crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doublée d'une crise industrielle associée à la découverte du phénomène de corrosion sous contrainte d’un certain nombre de ses réacteurs nucléaires.

Après être parvenu à maîtriser à l’échelle industrielle ce phénomène, le groupe est désormais dans une phase "dans laquelle nous investiguons et traitons systématiquement ce problème dans le cadre des visites régulières dont font l'objet nos différents réacteurs", a indiqué le dirigeant devant les députés de la commission des finances. Ainsi, alors que la production d’électricité d’EDF était tombée à 279 térawattheures l’an dernier, elle devrait se situer "entre 300 et 330 térawattheures en 2023", a-t-il précisé. L’objectif étant de "bâtir un plan d'investissement destiné à nous ramener le plus proche possible de 400 térawattheures, ce qui prendra quelques années de plus ". Et ce, avec la perspective à plus long terme de répondre à des besoins croissants en matière d'électricité qui sont estimés à ce stade à 650 térawattheures par le gestionnaire du réseau RTE à l'horizon 2030 et à 750 térawattheures à l'horizon 2050, ce dernier chiffre étant en cours de révision.

Sur ce chemin escarpé, EDF part "avec un sac à dos un peu lourd ", une dette de 65 milliards d'euros, soit "le montant le plus important qu'une entreprise puisse connaître en Europe",a d’une part rappelé le dirigeant. La deuxième caractéristique de la mission de l’entreprise soulignée par le dirigeant est que "jamais dans l'histoire, le groupe EDF n'a eu à investir autant dans plusieurs domaines en même temps ", puisqu’il doit à la fois construire un parc de nouveaux réacteurs tout en assurant la maintenance et la durée de vie du parc existant de 56 réacteurs.

 

"Une forme d'aide d'Etat"

 

Pour y parvenir, "il nous faut passer à un niveau d'investissement de l'ordre de 25 milliards d'euros par an à l'échelle du groupe EDF, dont rapidement 80 % seront concentrés sur la France, alors qu'aujourd'hui une part plus importante est dédiée à l'international ", a indiqué Luc Rémont devant la commission des finances. Un niveau d’investissement que le groupe devra supporter sur la base de sa seule rentabilité, même si pour cela également, "EDF va avoir besoin d'une forme d'aide de l'Etat pour arriver à boucler le financement ", a précisé le dirigeant, étant clair selon lui "qu'EDF ne sera pas en mesure de financer sur son propre bilan la totalité de l'investissement dont nous parlons".

L’autre impératif rappelé par le patron d’EDF est que le groupe aura besoin d’un modèle économique viable reposant sur une nouvelle façon de fixer les prix de l’électricité. Depuis 2012, ces prix sont régis par le mécanisme dit de l’ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique) qui permet à tous les fournisseurs alternatifs de s'approvisionner en électricité auprès d'EDF dans des conditions fixées par les pouvoirs publics. Et la fin de ce dispositif prévu pour s’arrêter fin 2025 et la perspective de nouvelles règles de marché européennes "amènent à se poser la question de ce que sera le modèle économique d'EDF post 2025, qui sera celui qui va déterminer nos recettes".

Sur ce point, les discussions qui ont lieu au plan communautaire en faveur de contrats de long terme tendent à rejoindre les attentes de l’entreprise. Afin de protéger de la fluctuation à court terme des prix de l’électricité essentiellement associée à celle des prix du gaz, "le fait de pouvoir passer des contrats de long terme à partir de 2026 nous permettra de fournir un amortisseur naturel", a expliqué Luc Rémont. "C’est sur cet ensemble de dispositions que nous travaillons pour permettre d'aborder le futur au-delà de 2025, avec une perspective de l'économie de l'électricité qui soit à la fois stable et raisonnable", a-t-il ainsi souligné.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article