WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / EDF / Luc Rémont / Jean-Bernard Lévy / EPR / OPA

Entreprises / Actions
EDF / Luc Rémont / Jean-Bernard Lévy / EPR / OPA

La renationalisation complète d’EDF est lancée

L’Etat, qui possède près de 84% du capital d’EDF, a déposé son projet d’offre publique d'achat (OPA) de l'Etat sur EDF visant à racheter les 16,3% du capital de l’énergéticien mis en Bourse en 2005. En sécurisant les finances du groupe, l’opération doit lui permettre de financer le nouveau nucléaire français.
L'Etat a déposé son projet d'OPA simplifiée sur le solde du capital d'EDF qu'il ne détient pas - Paul Langrock/LAIF-REA
L'Etat a déposé son projet d'OPA simplifiée sur le solde du capital d'EDF qu'il ne détient pas - Paul Langrock/LAIF-REA

Les actionnaires minoritaires mécontents d’EDF devront se faire une raison. La puissance publique rachètera bien le solde du capital de l’opérateur historique d’électricité qu’elle ne détient pas encore au prix prévu de 12 euros par action. Les banques Goldman Sachs et Société Générale, agissant pour le compte de l’Etat français, ont déposé mardi auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) le projet d’offre publique d’achat (OPA) simplifiée en ce sens.

Pour l’Etat, qui détient directement et de concert avec Bpifrance 83,69% d’EDF, l’opération vise à acquérir 16,3% du capital de l’entreprise, semi publique pour quelques semaines encore. L’offre devrait courir du 10 novembre au 8 décembre prochains, une fois obtenu le visa du gendarme boursier. A minima, l’objectif est d’atteindre les 90% du capital d’EDF, seuil à partir duquel l’Etat français pourra mettre en œuvre, au plus tard dans un délai de trois mois, une procédure de retrait obligatoire afin de se voir transférer les actions non apportées à l’offre.

 

Des actionnaires "spoliés"

 

Il s’agit donc pour l’Etat de mettre la main sur 6,3% du capital. Ce qui ne devrait pas poser de problème quand bien même certains des actionnaires minoritaires s’opposent toujours fermement aux conditions financières du projet. Parmi eux, les actionnaires salariés et retraités de l’énergéticien, qui détiennent 1,54% du capital de l’entreprise, sont sans doute les plus virulents, en tout cas les plus organisés. Ils sont notamment représentés par l’association Energie en actions, qui est allée jusqu’à déposer fin août une plainte au pénal pour mise en difficulté de l’entreprise. Celle-ci a prévenu mardi soir qu’elle se "prépar[ait] à engager toutes procédures visant à défendre les intérêts des actionnaires salariés et individuels d’EDF, qui sortiraient spoliés si l’offre déposée par l’Etat auprès de l’AMF se concrétisait au prix de 12 euros par action". Ce qui ne devait pas suffire à faire reculer le pouvoir.

En lançant son offre, l’Etat a d’ailleurs rappelé le contexte d’ "urgence climatique" dans lequel elle s’inscrit "et alors que la situation géopolitique impose des décisions fortes pour assurer l’indépendance et la souveraineté énergétique de la France, dont celle de pouvoir planifier et investir sur le très long terme les moyens de production, de transport et de distribution d’électricité".

Renationalisé à 100%, "EDF serait en capacité de mener de manière accélérée plusieurs chantiers décisifs annoncés par le président de la République dans son discours de Belfort, notamment le programme de construction de six réacteurs de technologie EPR2 d’ici 2050", rappelle-t-il.

 

Eviter la faillite

 

Dans l’immédiat, l’opération va tout simplement permettre d’éviter la faillite, l’entreprise croulant sous une dette de 60 milliards d’euros, tandis que l’indisponibilité d’une partie de ses réacteurs, touchés par un problème de corrosion sous contrainte, va lui coûter 29 milliards d’euros cette année, selon son dernier calcul actualisé mi-septembre.

L’énergéticien est contraint en effet de racheter à prix d’or de l’électricité sur le marché de gros, où les prix se sont envolés à plus de 1000 euros le mégawatt-heure, tandis qu’il avait vendu à l’avance (aux prix de l’année dernière) la production qu’il s’estimait initialement capable de produire. En comptant aussi le fait que le groupe s'est vu contraindre par l’Etat, d’augmenter de 20 térawatt-heure les quotas d'électricité nucléaire vendus à prix cassé en France aux fournisseurs alternatifs dans le cadre du mécanisme de l’Arenh. Ce dispositif décrié d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique doit prendre fin le 31 décembre 2025.

Alors que l’Etat confirme que le projet Hercule, qui portait notamment sur la structure d’EDF, "n’est plus d’actualité", la mise en œuvre d’une future régulation applicable à la vente de la production nucléaire du groupe en France, fait en revanche toujours partie des chantiers de long-terme à l’étude. Ce sera à Luc Rémont, actuel directeur des opérations internationales de Schneider Electric, récemment choisi par le président de la République pour remplacer Jean-Bernard Lévy, de le mener à bien.

Mais, plus urgent, le nouveau dirigeant, dont la nomination devrait être bientôt officialisée, devra d’abord accélérer la remise en service d'un maximum de réacteurs nucléaires d'ici la fin février 2022, et piloter la construction des nouveaux réacteurs EPR.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article