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Le Royaume-Uni va cofinancer les EPR d’EDF à Sizewell C / Le chinois CGN quitte le projet
Récemment éconduit par la Pologne qui a préféré acheter américain pour sa première centrale nucléaire, EDF peut se consoler avec le Royaume-Uni. EDF a annoncé mardi soir avoir conclu un accord avec le gouvernement britannique pour poursuivre le développement du projet de centrale nucléaire Sizewell C. Il s’agit assurément d’une bonne nouvelle pour le groupe nouvellement dirigé par Luc Rémont, sans être non plus une surprise alors que Jeremy Hunt, le chancelier de l’Echiquier, avait déjà annoncé officiellement la décision de monter au capital de Sizewell C le 17 novembre, à l’occasion de la présentation du budget de l’Etat.
A l’heure où d’aucuns doutent en France de la capacité d’EDF à mener de front les lourds chantiers qui l’attendent, notamment celui des futurs réacteurs EPR optimisés - ou EPR2 – devant être construits en Normandie à Penly pour une mise en service espérée à l’horizon 2035, nos voisins d’Outre-Manche continuent d’accorder leur confiance à l’opérateur historique français. Au point d’investir 679 millions de livres sterling (686 millions d’euros) dans le projet de construction de deux opérateurs, pour ce qui constitue le premier soutien de l'État britannique à un projet nucléaire depuis plus de 30 ans.
Le Chinois CGN sort du projet
Il faut se souvenir en effet que le Royaume-Uni n’avait pas mis un sou dans le premier projet de construction (en cours) de deux EPR dans le Royaume, à Hinkley Point, dans l’ouest de l’Angleterre. Un projet qui a pris du retard, entraînant des surcoûts, avec une mise en service décalée à juin 2027 alors qu’elle était prévue initialement à fin 2025, mais néanmoins sécurisé par la contribution au financement du groupe chinois CGN (China General Nuclear Power Corporation).
Un soutien sur lequel il n’est plus possible de compter du fait de la détérioration des relations sino-britanniques, qui a totalement changé la donne, rendant la présence chinoise indésirable dans le projet Sizewell C dans lequel CGN détenait une participation de 20%. Une défiance désormais ouvertement affichée alors que le Premier ministre britannique Rishi Sunak a estimé lundi que "l'âge d'or" entre le Royaume-Uni et la Chine était "terminé".
Ainsi, l’investissement annoncé mardi "permet également de préparer la sortie de CGN du projet, y compris les coûts de rachat, les impôts dus et les accords commerciaux", a indiqué le secrétariat d'Etat britannique aux Affaires, à l'Energie et à la Stratégie industrielle dans un communiqué. Le gouvernement britannique sera désormais actionnaire à hauteur de 50% du projet, qui doit cependant encore réunir encore d’autres investisseurs.
A la recherche d’investisseurs
"La décision finale d’investissement reste soumise à la réalisation de certaines étapes clés", a en effet rappelé EDF dans la foulée, "en particulier la capacité à réunir le financement nécessaire à la réalisation du projet ainsi que la déconsolidation du projet du bilan du groupe", EDF ne pouvant évidemment supporter ce risque, d’autant qu’il pourrait terminer l’année avec une dette excédent les 60 milliards d’euros. EDF ne compte garder qu’une participation minoritaire à la décision finale d’investissement, d’un maximum de 20%, la déconsolidation du projet étant une condition sine qua non de sa décision finale d’investissement.
En attendant, "il s'agit d'un grand vote de confiance envers Sizewell C", a souligné Simone Rossi le directeur général d’EDF Energy, la filiale britannique d’EDF. "Sizewell C s'appuiera sur l’expérience d'Hinkley Point", a-t-il ajouté, alors que le fait de reprendre la même conception de réacteur "offrira une plus grande certitude quant au calendrier et aux coûts". Ce qui serait souhaitable, bien qu’avec un an et demi de décalage sur le calendrier initial, Hinkley Point soit beaucoup mieux loti que le nouvel EPR de Flamanville en France, qui cumule 11 ans de retard, ou celui d’Olkiluoto en Finlande, livré douze ans après la date prévue.
En tout cas, la nouvelle de l’investissement britannique a réjoui Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. "Les projets de nouveaux nucléaires à l’export, notamment le projet Sizewell C, bénéficieront directement au programme français puisqu’ils permettent de développer les compétences de la filière et de bénéficier d’effets d’échelle et de retour d’expérience croisés sur le programme EPR domestique et sur les futurs programmes à l’export", a-t-il déclaré dans un communiqué commun avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.
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