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Fonds monétaire international / Prévisions / croissance / Economie mondiale
Le Fonds monétaire international relève ses prévisions de croissance / L’heure n’est toutefois pas aux réjouissances
"L’économie mondiale est sur la bonne voie, mais pas encore sortie des bois". Voilà comment Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), résume le constat dressé par l’institution de Washington dans son nouveau jeu de prévisions. L’organisation a révisé à la hausse de 0,2 point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2023, elle atteindrait ainsi 3 % (une performance plutôt médiocre compte tenu du fait que la moyenne pour 2000-2019 s’affiche à 3,8 %).
"L’activité économique mondiale a bien résisté au premier trimestre 2023, principalement grâce au secteur des services", justifie le FMI. "La réorientation de la consommation vers les services, enclenchée après la pandémie, est presque achevée dans les pays avancés (y compris dans les pays d’Europe du Sud qui dépendent du tourisme) et s’est accélérée dans un certain nombre de pays émergents et de pays en développement au cours du premier trimestre", précisent ses économistes.
Dans le détail, en zone euro, la croissance a été revue à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour l’Italie et de 1,0 point de pourcentage pour l’Espagne (elle s’afficherait respectivement à 1,1 % et 2,5 %). A l’inverse, pour l’Allemagne, la faiblesse de la production manufacturière et la contraction de l’économie au premier trimestre 2023 se traduisent par une révision à la baisse de la croissance de 0,2 point de pourcentage, à - 0,3 %. La France, elle, voit sa croissance révisée à la hausse de 0,1 point à 0,8 % (Bercy prévoit 1 %).
Du côté des Etats-Unis, le PIB devrait augmenter de 1,8 % (contre 1,6 % précédemment) tandis qu’il devrait progresser de 1,4 % au Japon (contre 1,3 %) et de 5,2 % en Chine (prévision inchangée).
Gare à l’enflammade
Malgré ces bonnes nouvelles, "de nombreux défis se profilent encore à l’horizon, et il est trop tôt pour se réjouir", avertit Pierre-Olivier Gourinchas. Le Français fait valoir que les aléas demeurent à la baisse autour de la prévision du Fonds (par rapport au scénario central, il est plus probable que la croissance s’avère finalement moins élevée que plus élevée).
D’une part, "les signes d’un essoufflement de l’activité mondiale se multiplient", explique-t-il. "Le resserrement de la politique monétaire à l’échelle mondiale a entraîné les taux d’intérêt directeur en territoire restrictif. Cela a commencé à peser sur l’activité, en ralentissant la croissance du crédit au secteur non financier, en augmentant les paiements d’intérêts des ménages et des entreprises, et en exerçant une pression sur les marchés immobiliers", avance-t-il.
D’autre part, "l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, reste bien supérieure aux objectifs des banques centrales et devrait diminuer progressivement pour passer de 6 % cette année à 4,7 % en 2024, soit une révision à la hausse de 0,4 point de pourcentage".
Plus inquiétant encore, souligne-t-il : "l’inflation sous-jacente dans les économies avancées devrait atteindre un taux annuel moyen de 5,1 % cette année, avant de diminuer à 3,1 % en 2024". Tant et si bien qu' "il est clair que la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée", juge l’économiste. Un message que la Banque des règlements internationaux, la banque des Banques centrales, n’a pas manqué de récemment faire passer.
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