Feuilleton de l'été / PDG / Swile / French Tech
Feuilleton de l'été
PDG / Swile / French Tech
Série d’été – ces jeunes talents qui construisent la France de demain /
Loïc Soubeyrand, fondateur et P.-D.G. de Swile
"On ne se réveille pas un jour en disant qu’on veut être entrepreneur", Loïc Soubeyrand, P.-D.G. de Swile, s’y est pourtant cependant très vite épanoui et ce dès ses études à l’IAE de Montpellier durant lesquelles il a confié à WanSquare " qu’il passait l’essentiel de son temps à monter des projets". Une appétence de longue date pour l’entreprenariat qui lui a permis de forger des convictions fortes notamment sur la façon de réussir en tant que dirigeant. Il explique ainsi qu’il voyait " le capital financier comme la conséquence du capital humain, on oublie trop souvent dans la société le sens de cette relation".
Un mantra qui se répercute dans une conception de la culture d’entreprise où il déplore qu’on "oppose encore trop souvent notre épanouissement collaborateur avec notre performance". Une attention particulière qu’il nuance en arguant que "cela ne saurait se faire au détriment de l’ensemble de l’entreprise".
Changer la société
L’aventure dans laquelle Loïc Soubeyrand s’est lancé depuis 2018 diffère de tout ce qu’il a pu accomplir par le passé ; s’il avait co-fondé Teads en 2010 en en faisant un leader du marché publicitaire, il avait ensuite quitté le projet lors de son rachat par Altice en 2017. Très vite, il s’attaque aux marchés des titres-restaurant avec ce qui s’appelle encore Lunchr, Son dernier né, devenu Swile en 2020, a vu les ambitions qu’il lui portait également changer d’échelle. Il confie ainsi qu’aujourd’hui il a, pour son entreprise, l’ambition d’en "faire le leader mondial de l’expérience employé et que c’est a minima le projet de plusieurs décennies".
Dès l’instant où le projet est devenu plus global, le calendrier a du s’adapter à ce changement. Les succès enregistrés tels que la Swile Card, première du genre à rassembler l’intégralité des avantages employés, les levées de fonds qui ont permis de lever de 300 millions d’euros, le statut de licorne ou encore les 750 employés de Swile, ne sont pas une fin en soi pour l’entrepreneur. Celui-ci a affirmé qu’il souhaite s’inscrire sur le long terme et que " sa proposition de valeur est à un horizon de dix ans".
Il a déjà joint les actes à la parole avec ses équipes. Ils sont en effet "arrivés à la conclusion que pour obtenir un changement sociétal profond, il faut arriver à avoir de l’influence. Plutôt que de tout investir pour placarder du 4 par 3 dans la rue, on a préféré lancer notre média appelé 'The Daily Swile'. Un choix logique pour nous tant on pense que la Tech et les médias vont de pair avec une expérience employé digne de ce nom " .
Nouvelle mentalité
Le succès de Swile n’est pas la seule préoccupation de Loïc Soubeyrand, il observe attentivement l’évolution de l’économie hexagonale. "S’atteler à changer les mentalités au quotidien " ne l’empêche pas d’avoir conscience que le secteur de l’expérience employé sera convoité par "de nombreux acteurs, qui partiront d’un point de départ qui ne sera pas le nôtre". Pas de quoi effrayer le P.-D.G. qui à l’inverse de nombreuses jeunes pousses hexagonales qui se sont fait racheter par plus gros qu’elles, a fait l’acquisition de Bimpli, une filiale de BPCE, en 2022.
Cette volonté de viser toujours plus grand et le nombre croissants d’entreprises ayant recours aux services de Swile, 85 000 à ce jour pour 5,5 millions d’utilisateurs, place le père de trois enfants en première ligne sur le sujet de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Il se voit comme "nombre de ses collaborateurs, qui sont dans la trentaine, probablement dans la décennie la plus prenante de notre vie". La charge parentale y est notamment "extrêmement gratifiante mais également extrêmement prenante". Surtout pour un touche à tout qui se définit "comme le type de dirigeant qui s’épanouit sur chacun de ses sujets ".
Pour parvenir à être sur tous les fronts, il peut s’appuyer sur "le choix familial qui a été posé de voir mon épouse devenir ‘Chief Family Officer’, c’était la condition sine qua none pour que je puisse continuer à m’investir autant". Il confie "qu’il mesurait bien la grande force de savoir qu’il y a quelqu’un qui assume la charge mentale en grande partie ", étant donné que "dès lors qu’on est hyper engagé, ça peut complètement être déséquilibré ". Un enjeu qui ne lui est pas propre étant donné que celui qui "est très vite arrivé à 1000 employés", regrette que " trop de boîtes ont aujourd’hui un petit nombre de personnes qui brisent la confiance et pénalisent tout le reste".
Un Hexagone prometteur
L’horizon de Loïc Soubeyrand ne se limite pas à ses seules équipes et partenaires économiques, il contribue aux actions des pouvoir publics, "qui effectuent un travail fantastique notamment auprès des jeunes pousses françaises. C’est remarquable d’observer qu’il y une forme de continuité dans l’action de l’État, avec la mission French Tech, et ce, sans discontinuer, malgré quatre ou cinq ministres différents depuis 10 ans." Si l’ensemble de l’écosystème de la French Tech est en bonne santé à ses yeux, le jeune P.-D.G. rappelle "qu’on ne peut pas faire de miracle aujourd’hui. Certes on est soutenu jusqu’à l’IPO mais après cela, les entreprises se heurtent toujours à un plafond de verre ".
Il souscrit pleinement aux nombreuses voies d’améliorations présentées par le gouvernement dont le programme "Je choisis la French Tech", lancé à VivaTech, pour "permettre une meilleure relation entre les startups et les grands groupes et mieux diriger les appels d’offres de l’État en direction des startups de la French Tech ". Il n’en demeure pas moins "très confiant, que c’est sur cette décennie que tout va se jouer", tout comme il l’est pour la société française, qui devrait voir "arriver le début d’une génération où l’entreprenariat se démocratise". Tout comme lui qui a su tracer sa propre voie dans un univers familial à très forte dominante médicale.
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