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Coface de plain-pied dans le nouveau cycle économique / Entre maintien de la rentabilité et pilotage des risques
Comment le groupe Coface, spécialiste mondial de l’assurance-crédit et des risques commerciaux, supporte-t-il le ralentissement économique à l’œuvre depuis le début de l’année ? La réponse est : plutôt bien, tout en étant plus circonstanciée que cela, les résultats semestriels de l’ex-compagnie française pour le commerce extérieur montrant logiquement qu’elle n’est pas immunisée.
Le groupe, dont le seul actionnaire de référence est l’américain Arch Capital depuis la cession l’an dernier de la participation de Natixis, a dégagé un bénéfice net de 128,8 millions d’euros au cours des six premiers mois de l’année, contre 134,8 millions d’euros lors de la même période de 2022, soit une baisse, contenue, de 4,4 %. Dans le même temps, le chiffre d’affaires s’est élevé à 960 millions d’euros, en hausse de 11,1 % à périmètre et taux de change constants, et de 9,9 % à données publiées.
Pour le seul deuxième trimestre, le résultat net s’est établi à 67,7 millions d’euros, en recul marqué de 18 %, pour un chiffre d’affaires de 485 millions d’euros, en hausse de 10,9 % à périmètre et taux de change constants et de 8,7 % à données publiées. Soit des performances légèrement supérieures aux anticipations des analystes : ils visaient en moyenne 62 millions d’euros de résultat net, avec un chiffre d’affaires de 481 millions d’euros..
Défaillances en hausse
La prudence du consensus reflète logiquement la dégradation du contexte. Si Xavier Durand, le directeur général de Coface, juge que les 67,7 millions d’euros de résultat net du deuxième trimestre représentent "un niveau élevé", c’est parce que ce résultat a été réalisé grâce à "une bonne gestion de la remontée de la sinistralité et une bonne maîtrise des coûts".
De fait, les résultats de Coface renseignent avec acuité sur le cycle économique. L’activité des clients du groupe, qui avait fortement rebondi en 2021 et 2022 après le point bas de la pandémie en 2020, a connu au premier semestre 2023 "un ralentissement très important", a commenté le dirigeant lors d’une conférence téléphonique avec les analystes. En croissance de 2,8 %, après 13,8 % l’an dernier et 8,4 % en 2021, l’activité des clients de Coface est revenue aux niveaux de 2019.
De plus, "la plupart des pays ont connu une hausse des défaillances", a également pointé Xavier Durand. Elles ont progressé de 7 % au Royaume-Uni, de 43 % en France, de 20 % en Allemagne, de 33 % aux Etats-Unis, l’Italie faisant exception avec un recul de 5 %. " Il est clair que la normalisation dont nous parlons depuis deux ans est en cours. Elle se poursuit", a ajouté le dirigeant.
Cette normalisation se répercute logiquement dans les indicateurs techniques du groupe. Le ratio de sinistralité net, qui rapporte le coût des sinistres enregistrés au montant des primes encaissées remonte à 40,3 %, une hausse de 3,8 points de pourcentage par rapport au premier semestre 2022. Grâce à la poursuite du travail réalisé sur les coûts, le ratio combiné net, le plus surveillé, progresse de 2,2 points de pourcentage seulement au premier semestre, à 65,5 %. Pour le seul deuxième trimestre, il s’inscrit à 64,8%, un niveau bien meilleur qu’attendu par les analystes (consensus à 68,6 %).
Gestion prudente des risques
Dans ce nouvel environnement marqué par une activité client plus faible et une hausse des défaillances d’entreprises, "nous avons géré les risques avec prudence. Notre exposition a augmenté de 3 % au premier semestre pour atteindre 690 milliards d’euros ", explique Xavier Durand, chiffre à comparer à la croissance de 13 % sur la même période l’année dernière. Tandis qu’il tend à réduire la voilure dans un contexte de croissance molle et de remontée des taux d’intérêt qui pénalise ses clients, le groupe multiplie les actions de prévention sur son portefeuille de risques. Celles-ci progressent de 27 % depuis le début de l’année.
La poursuite d’une "gestion rigoureuse" des risques restera la priorité au second semestre. Au-delà, tandis que le plan stratégique Build to Lead établi pour la période 2020-2023 va arriver à son terme, Coface doit préparer sa prochaine feuille de route qui sera présentée aux investisseurs le 5 mars 2024. Le groupe aborde en tout cas cette nouvelle phase de cycle de l’assurance-crédit en position financière solide, avec un ratio de solvabilité de 192 % à fin juin, largement au-dessus de sa fourchette cible comprise entre 155 % à 175 %.
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