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Coface / sinistralité / assurance-crédit / Assureur-crédit / Xavier Durand
Coface gère efficacement le risque russe
Tous les indicateurs restent au vert, ou presque. Après ses résultats records en 2021, et malgré la détérioration de la situation économique due à la guerre en Ukraine ainsi qu’à la propagation du variant Omicron en Chine, Coface continue de se porter au mieux. Alors que le nombre de faillites d’entreprises repart à la hausse, l’assureur crédit a vu son chiffre d’affaires progresser de 14% au premier trimestre, à 431 millions d’euros, nettement au-dessus des 417 millions d’euros anticipés en moyenne par les analystes.
Le groupe a bénéficié à la fois de la croissance (de 4,4%) du volume d’affaires des entreprises assurées et d’une très forte rétention des clients : 94,8% d’entre eux sont restés fidèles à Coface pour prévenir leurs risques de non-paiements, un nouveau record. Le précédent datait du premier trimestre 2020 (94,3%).
En matière de rentabilité, le résultat net de 66 millions d’euros dégagé au premier trimestre par Coface dépasse aussi nettement le consensus, qui se situait à 43 millions d’euros, ce que le groupe doit à un ratio combiné de 67,3%, jugé excellent. Cet indicateur clé, qui rapporte les indemnisations et les frais de fonctionnement de l'assureur aux primes collectées, est "incroyablement solide", souligne Deutsche Bank.
Les plans gouvernementaux liquidés
Le ratio combiné est d’autant plus solide qu’il tient compte du poids des plans gouvernementaux de réassurance des risques d’assurance-crédit mis en place dès le début de la pandémie pour protéger les entreprises. Dans ce cadre, tous les assureurs crédit avaient proposé aux entreprises faisant face à des refus ou des réductions de garanties en matière d’assurance-crédit de continuer à être couvertes.
Hors effet de ces plans gouvernementaux, le ratio combiné s’établit à un niveau encore plus faible de 55,3%. Ces plans ne pèseront d’ailleurs plus sur les comptes de Coface à l’avenir. Le groupe a soldé leur coût pour un montant de 33 millions d’euros au cours du trimestre écoulé, et il n’attend "pas d’autre impact significatif". Au total, ces plans publics ont coûté 199 millions d’euros depuis le début de la crise sanitaire.
Autre variable clé : la sinistralité, mesurée par le ratio de sinistralité net, qui est remonté à 40,7% au premier trimestre, en hausse de 16,2 points par rapport au premier trimestre 2021, "un niveau qui reste faible malgré une normalisation graduelle" note le courtier Oddo BHF. De son côté, le groupe souligne "une faible sinistralité de fréquence ainsi qu’un nombre limité de sinistres liés à la crise ukrainienne à ce jour".
Exposition fortement réduite à la Russie
La crise ukrainienne "a des répercussions sur l’ensemble des régions et des secteurs" et de nombreux pays importateurs, a expliqué Xavier Durand. Alors qu'environ 80% des activités de Coface en Russie concernent de grands clients internationaux, dont la plupart sont européens, "nous nous sommes concentrés sur la réduction de nos risques, sur le recouvrement de créances au nom de ces clients", a expliqué le dirigeant lors d’une conférence avec les analystes.
Coface a ainsi fortement réduit ses expositions à la Russie, qui sont passées de 4,8 milliards d’euros à fin février à 2,6 milliards d’euros au 28 mars, "et à un peu moins de 2 milliards d’euros actuellement", a précisé le dirigeant. Le groupe s'est attaché dès le début de la guerre à gérer son exposition et à réduire son risque. Selon les informations données par Coface aux analystes, la sinistralité en Europe centrale atteint 76,6%. "Cela inclut évidemment certaines provisions que nous avons constituées pour tenir compte des événements", a indiqué Xavier Durand.
La géopolitique et l'intensification du Covid en Chine complexifient les perspectives. Mais "la société continue de démontrer sa capacité à gérer les risques et les expositions de manière incroyablement efficace", souligne Deutsche Bank.
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