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Banque de France / Start-up / Financement / levées de fond / rentabilité / 2022 / procédure judiciaire / sinistralité
La sinistralité des start-ups engagée sur une trajectoire défavorable / Les pertes se creusent malgré une activité dynamique
Après une année faste en 2022 en matière de levée de fonds, les start-ups françaises évoluent désormais dans un environnement bien différent. Et certaines trajectoires commencent à traduire ces difficultés. En effet, l’étude annuelle de la Banque de France à propos de la santé financière des jeunes pousses tricolores parue ce jeudi a pointé une dynamique qui semble être enclenchée dans une mauvaise direction : celle du taux de sinistralité.
Sur les 2 445 start-ups de l’échantillon étudié par l’institution, seules 13 d’entre elles ont fait l’objet d’une procédure judiciaire. Deux en 2022… mais onze au fil du premier semestre de 2023. Si le taux de sinistralité reste faible, à hauteur de 0,5 %, son évolution reflète toutefois "la difficulté à réaliser des levées de fonds sur des projets trop éloignés de la rentabilité ou sur des bases de valorisation révisées à la baisse", observe le rapport de la Banque de France.
Il reste aussi à souligner que les jeunes pousses étudiées par la banque nationale sont matures. Leur ancienneté moyenne s’affiche en effet à 10,5 années. Le désengagement des investisseurs pour le "late stage" au profit des entreprises en phase d’amorçage pourrait donc conduire ces start-ups à réorienter leur stratégie.
La rentabilité est loin d’être majoritaire
De plus, la plupart d’entre elles ont essuyé des pertes à l’issue de l’année 2022 : 63 % de l’échantillon a affiché un résultat d’exploitation négatif au terme de l’exercice passé, avec 4,6 milliards d’euros de pertes cumulées. Si "contrairement à une idée reçue", souligne le rapport de la Banque de France, toutes les start-ups ne sont pas en perte puisque plus du tiers des entreprises observées a vu son résultat d’exploitation atterrir en territoire positif, le solde de l’échantillon ressort tout de même dans le rouge.
Et en variation annuelle, le résultat d’exploitation total s’est creusé de 55 %, en passant de - 2,4 milliards d’euros en 2021 à - 3,8 milliards d’euros en 2022. "Soit une perte représentant 17 % du chiffre d’affaires 2022 contre 14 % en 2021", observe l’institution gouvernée par François Villeroy de Galhau. L’année passée aura pourtant été propice à l’accélération de l’activité des start-ups. Sur un an, leur chiffre d’affaires s’est apprécié en moyenne de 25 %. Cela représente une dynamique plus de deux fois supérieure par rapport aux TPE et PME tricolores.
Deux ans devant elles
Au rythme de consommation de trésorerie observé en 2022, ces start-ups au résultat d’exploitation négatif auraient en moyenne deux ans de réserve devant elles, hors nouvelle levée de fonds. La valeur médiane calculée par la Banque de France indique néanmoins que la moitié des entreprises disposent, au mieux, d’un an de réserve de trésorerie.
Dans un environnement donc désormais moins propice aux tours de table aux montants élevés, les initiatives pour soutenir l’écosystème français se sont multipliées depuis le début de l’année. Il y a notamment le rapport du député Paul Midy, visant à démocratiser l’investissement les start-ups et PME innovantes, le lancement de la deuxième phase de l’initiative Tibi à destination des investisseurs institutionnels, le rapport de l’instance représentant les investisseurs French Tech Finance Partners remis à Bercy en avril ou encore le programme French Tech 2030, ayant quant à lui pour objectif de favoriser l’émergence des start-ups créatrices de technologies de rupture, les deeptech.
Et l’Union européenne s’organise également à son échelle : la Banque européenne d’investissement a lancé, en février, son dispositif de fonds de fonds European Tech Champions Initiative pour les fonds de croissance Tech européens, "afin de contribuer au financement des scale-ups européennes", rappelle l’étude de la Banque de France.
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