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Start-up / Start-up / French Tech / levées de fond / In Extenso Innovation Croissance

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Start-up / French Tech / levées de fond / In Extenso Innovation Croissance

Les levées de fonds ne remontent pas encore la pente / Mais des signaux encourageants entre les lignes

Toujours orientés à la baisse, les montants levés par les start-ups françaises ont atteint 6,8 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année. Certains projets d’envergure ainsi que la montée en puissance des financements à l’amorçage pourraient néanmoins être de bon augure pour la suite.
Photo by Joan Cros / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Photo by Joan Cros / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Sans grande surprise, les données sur les levées de fonds au troisième trimestre sont venues confirmer les tendances établies en la matière depuis le début de l’année. Les montants levés au cours des neuf premiers mois ont marqué le pas à hauteur de 41 % en France et de 36 % dans l’Union européenne, avec 6,8 milliards d’euros amassés par la French Tech et 39,5 milliards d’euros à l’échelle du Vieux continent, rapporte le baromètre publié vendredi par In Extenso Innovation Croissance, l’Essec et la fédération nationale tricolore des business angels, France Angels. Le nombre d'opérations a, en revanche, légèrement progressé de 7 % dans l'Hexagone et de 11 % sur le Vieux continent.

Et en lisant entre les lignes, quelques signaux positifs peuvent toutefois être perçus. Avec, entre autres, le fait qu’au cours du seul troisième trimestre les montants levés (2,3 milliards d’euros) s’affichent en recul de 10 % sur un an en France. La tendance de contraction du financement observée depuis le début de l’année semble donc s’atténuer sur la période, relève le baromètre.

 

Quatre opérations pour la moitié des fonds

 

Parmi ces tours de tables, il est possible de relever quatre grosses levées de fonds qui sont intervenues sur le trimestre. Verkor, évidemment, qui a sécurisé plus de deux milliards d’euros de financement au travers notamment d’une levée de fonds historique de 850 millions d’euros pour son projet de gigafactory de batteries à Dunkerque. Mais aussi Poolside AI, qui a levé 126 millions de dollars lors d’un tour de table mené par Xavier Niel et la société de capital-risque américaine Feleici, Aledia, jeune pousse grenobloise spécialisée dans les LEDs avec une levée de fonds de 120 millions d’euros et enfin Accenta, qui a récolté 108 millions d’euros pour sa solution de décarbonation des bâtiments.

"Ces opérations représentent la moitié des capitaux levés. Cela montre bien que les fonds d’investissement sont toujours présents. S’ils campent encore sur leurs positions attentistes, ils en adoptent aussi une plus dynamique et positive sur de gros projets", fait remarquer Patricia Braun, présidente d’In Extenso Innovation Croissance, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Soutenir la créativité

 

Autre bonne nouvelle : celle de la montée en puissance du nombre d’opérations de financement de l’amorçage (soit des levées de moins d’un million d’euros). Si les neuf premiers mois de 2023 ont été témoins d’un recul de 50 % du nombre de tours de table supérieurs à 50 millions d’euros, les opérations concernant les entreprises en phase de démarrage ont progressé de 29 %.

La statistique pourrait apparaître contre intuitive, alors que les chiffres publiés à ce sujet démontraient les facilités des start-ups les plus matures à lever des fonds, en comparaison à leurs consœurs les plus jeunes. Et pourtant, Patricia Braun nous explique : "Le contexte est plus tendu sur les gros montants, car les risques sont plus élevés. C’est une période transitoire. De ce fait, les fonds sont plus exigeants sur les actifs dans lesquels ils ont déjà investi, il faut que leur modèle soit cohérent. En revanche, concernant cette dynamique sur l’amorçage, il s’agit davantage d’un encouragement destiné à ne pas freiner la création. Et l’effet de levier est important sur ce genre d’investissement".

 

La stratégie et la souveraineté

 

Il reste aussi à souligner que les investisseurs décident aussi, désormais, de porter leur attention sur des secteurs plus particulièrement stratégiques. En témoigne la réallocation, depuis le début de l’année, des financements vers la deeptech avec l’intelligence artificielle en fer de lance, les cleantech et la santé. Depuis le début de l’année, le secteur de l’énergie remporte la palme d’or des fonds levés avec 2,1 milliards d’euros récoltés. La santé arrive en deuxième position (998 millions d’euros) et le software en troisième (882 millions).

Celui de l’énergie est d’ailleurs notamment à mettre en relation avec l’industrie, puisque nombre de ce type de projets nécessitent des capacités de production importantes. "Il y a deux ans, nous étions bien loin de ce type d’orientation. Il y a désormais une position forte de la France sur ce type de sujets, puisque nous voulons relancer l’industrie dans le pays et renforcer notre souveraineté à ce niveau. Les start-ups n’étaient auparavant pas forcément positionnées sur le thème. Nous sommes aujourd’hui dans une phase industrielle très sensible, avec de gros projets qui se déploient et qui sont doublés d’un intérêt stratégique. Bien sûr, il y a un risque. Mais aussi un gain majeur si cela fonctionne", souligne Patricia Braun. De fait, l’État et l’écosystème s’organisent pour contribuer à faire émerger ces champions de l’industrie de demain, avec notamment le plan France 2030 pour lequel Bpifrance opère et qui investit massivement dans le secteur de la deeptech. "La position est encourageante. La dynamique de création est là et tout l’écosystème sert à maintenir le cap", conclut Patricia Braun.

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