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Fintech / FinTech / Worldline / Bourse / levées de fond

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FinTech / Worldline / Bourse / levées de fond

Quel impact de l’affaire Worldline sur les fintech françaises ? / Les fondamentaux restent solides

Un effet domino de la chute boursière de Worldline serait-il à craindre sur la réputation des autres acteurs de la fintech tricolore ? Et les raisons avancées à l’avertissement sur les résultats de la composante du CAC 40 auront-elles un impact sur l’activité du secteur ? Il semblerait que, grâce à des fondamentaux solides et des perspectives de croissance intéressantes, les fintech françaises devraient rester relativement épargnées.
Quel impact de l’affaire Worldline sur les fintech françaises ? - Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Quel impact de l’affaire Worldline sur les fintech françaises ? - Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Dans l’histoire du CAC 40, jamais l’un de ses pensionnaires n’avait enregistré une telle chute de son cours de Bourse sur une séance. Le 25 octobre dernier, Worldline se faisait sévèrement sanctionner par les opérateurs de marché après un avertissement sur ses résultats : la valeur du titre du spécialiste des solutions de paiement a plongé de près de 60 %. Un fait rare, reflet de la nervosité des marchés, mais aussi de la déception des investisseurs de l’ancienne filiale d’Atos quant à la mauvaise passe traversée par le groupe.

En cause, un ralentissement macroéconomique sur plusieurs de ses marchés et la montée en puissance de la cybercriminalité qui a conduit Worldline, souvent présentée comme une fintech, à cesser ses services auprès de certains commerçants. Des justifications qui pourraient donc toucher l’ensemble des entreprises innovantes qui repensent les services financiers et bancaires. Ou, encore, accroître la défiance des investisseurs vis-à-vis du secteur - encore plus particulièrement pour celles qui opèrent dans les solutions de paiement. Soit une partie importante de l’écosystème : "Il y a 69 fintech qui opèrent dans le paiement en France, sur les 460 fintech en activité que nous recensons au total. Elles pèsent donc à hauteur de 15 %. Il s’agit du secteur historique des fintech. Sur les 8,8 milliards d’euros qui ont été levés dans le secteur depuis 2010, 1,8 milliard d’euros leur ont été destinés. C’est le premier secteur en termes de levées de fonds, à égalité avec l’assurance", explique Mikaël Ptachek, président de L’Observatoire des Fintech, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Pas les mêmes marchés

 

Pour autant, si le secteur représente une part significative des entreprises opérant dans le secteur, plusieurs facteurs font apparaître qu’elles pourraient rester hermétiques à l’affaire Worldline. Tout d’abord, parce que le ralentissement conjoncturel invoqué par le groupe concerne des marchés (essentiellement l’Allemagne) auxquels les fintech françaises non cotées ne sont que peu exposées, elles qui opèrent quasi intégralement en France. Le constat reste le même pour celle qui sont présentes à la Bourse de Paris. "Dans les fintech cotées il est aussi possible de retrouver Hipay. Et le groupe fait 100 % de son chiffre d’affaires en France", nous fait quant à lui remarquer Antoine Fraysse, responsable de l’analyse de marché chez eToro.

Et la montée en puissance des actes cyber-malveillants pourrait-elle les toucher ? Certes, "un nouvel acteur sera toujours plus challengé par les fraudeurs. Le sujet de la sécurité des paiements est capital d’autant plus que ces entreprises font de l’encaissement pour compte de tiers et sont donc responsables de l’intégrité des sommes perçues. C’est à ce titre que le métier du paiement, à l’instar de tout l’écosystème financier est très encadré par des normes et réglementations. Toutefois, aucune technologie n’est infaillible et c’est ce qui explique la part croissante des dépenses en matière de cybersécurité", souligne Natasha Dimban, experte Tech à l’Observatoire de la Fintech.

 

Des valorisations qui se normalisent

 

En matière d’activité, les fintech françaises devraient donc rester relativement épargnées par les turbulences qui ont perturbé Worldline. Du côté de la réputation, il reste pour l’instant difficile d’anticiper si l’affaire aura un impact sur le secteur. "Il est sûr que lorsqu’on assiste à ce genre de performances négatives, il y aura forcément un effet sur la réputation à court terme, puisque les investisseurs pourraient craindre une chute sectorielle. Mais si l’on se penche vraiment sur les causes de ces chutes, l’impact devrait être limité. En réalité, il s’agit seulement d’une déception sur les résultats. Sur du long terme, les cours de Bourse pourraient être à des niveaux plus bas, ce qui deviendrait intéressant pour certains investisseurs qui souhaitent investir sur ces actions à des prix inférieurs. Nous observons actuellement une normalisation du marché. Ces sociétés sont très fortement valorisées, environ 25 à 30 fois les bénéfices. En moyenne, dans le CAC 40, on se situe plutôt aux alentours de 15. Et Worldline a repris 20 % depuis son plus bas : cela signifie que des investisseurs rentrent sur les niveaux actuels", fait valoir Antoine Fraysse.

Restent celles qui ne sont pas cotées et qui se financent (entre autres) au travers de levées de fonds privés. "L’affaire Wirecard, à titre d’exemple, avait effectivement jeté un coup de froid sur le secteur. Cela n’avait finalement pas eu d’effet de contagion, car les investisseurs regardent les fondamentaux de chaque entreprise. Les acteurs de la fintech ont démontré une capacité de croissance, le paiement est un métier de coûts fixes avec un potentiel de rentabilité important. Les perspectives sont intéressantes, puisqu’il y a un réel besoin d’innovation dans le secteur financier. Tant que nous sommes dans cette configuration, il y aura de la place pour poursuivre les investissements", conclut Mikaël Ptachek.

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