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Russie; Chine; Inde; Brésil; Afrique du Sud

Macro-économie / Taux / BRICS / Vladimir Poutine / Dollar / souveraineté monétaire

Macro-économie / Taux
BRICS / Vladimir Poutine / Dollar / souveraineté monétaire

Le doux rêve monétaire des BRICS / L’enjeu semble davantage politique qu’économique

Le serpent de mer d’une dédollarisation de l’économie ressurgit à l’occasion du sommet des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) à Johannesburg. Cependant les vertus économiques d’un arrêt de l’utilisation du dollar semblent limitées et la remise au goût du jour d’une telle idée semble davantage obéir à un agenda politique.
Sommet des BRICS à Johannesburg. GIANLUIGI GUERCIA / POOL / AFP
Sommet des BRICS à Johannesburg. GIANLUIGI GUERCIA / POOL / AFP

Le dollar ne semble pas mis en danger par les volontés des BRICS. "L’utilisation croissante de monnaies alternatives ne semble pas menacer le dollar, mais plutôt accroître la concurrence entre les monnaies régionales dans un contexte de fragmentation des échanges et des flux de capitaux ", d’après Chris Turner, responsable mondial des marchés et responsable régional de la recherche pour le Royaume-Uni et la communauté économique européenne chez ING, qui n’adhère pas à la possibilité de voir la prédominance du dollar être renversée à court terme. À l’instar d’autres analystes, il rappelle que jusqu’à présent "aucune monnaie n’a réussi à s’imposer face au statut prééminent du dollar en tant que monnaie d’émission de choix".

Une logique qui est également celle de Neil Shearing, chef économiste chez Capital Economics, ce dernier jugeant qu’il "est peu probable que le renminbi défie sérieusement le dollar sur la scène mondiale - et l’idée d’une monnaie des BRICS est encore plus fantaisiste ". Il argue ainsi que "les échanges entre les nations BRICS actuelles ne représentent que 2 % du commerce mondial".

 

Une goutte d’eau pas une tache d’huile

 

Chris Turner estime cependant que le billet vert "reste confronté à des défis d’ordre économique et géopolitique". Les considérations géopolitiques représentant une autre facette du problème, puisque Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès, estime que même "si le dollar était moins utilisé dans les transactions internationales au profit du yuan ou de la roupie par exemple, le gain économique pour la Chine ou l’Inde est peu évident". Il existe même un scénario où " il se peut même que cette situation diminue la liquidité dans les transactions internationales et donc augmente (légèrement) le coût des échanges ".

Difficile de croire que les États-Unis restent les bras croisés si les postures politiques deviennent des velléités plus réelles. Du côté de chez Asterès, on insiste sur l’immense atout à disposition des dirigeants américains qui "peuvent plus facilement imposer des sanctions économiques en bloquant l’utilisation de leur monnaie (par exemple à l’égard de Cuba, de l’Iran ou de la Russie)". Une "menace potentielle à laquelle la Chine pourrait vouloir se soustraire", surtout au vu des récentes tensions au sujet de Taïwan entre les deux mastodontes.

 

Pas encore concret

 

L’Empire du Milieu semble la figure de proue du combat des BRICS en la matière et plusieurs pistes réalistes sont évoquées par Neil Shearing ; il parle de "nouveaux membres [qui] pourraient être amenés à rejoindre la Nouvelle banque de développement, le prêteur multilatéral basé à Shanghai" et d’une "poursuite des efforts pour régler davantage d’échanges interblocs en renminbi ". Le contrôle des capitaux exercé par Pékin reste une belle épine dans le pied à cette stratégie.

Devant la difficulté de bouleverser cet équilibre établi de longue date, ING voit un levier principal, une " expansion du groupe des BRICS [qui] pourrait déterminer la vitesse à laquelle le bloc adoptera des systèmes commerciaux et financiers en dehors de la sphère du dollar". Une première expansion en dix ans qui verra donc l’Iran, l’Argentine, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis rejoindre les cinq membres déjà présents. Chris Turner jugeant quant à lui que l’accent serait "mis sur les pays qui ont déjà rejoint la Nouvelle banque de développement (NDB) parrainée par les BRICS. Il s’agit notamment des Émirats arabes unis, de l’Égypte et du Bangladesh."

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