WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Atos

Entreprises / Actions
Atos

Pourquoi les résultats du troisième trimestre d’Atos pourraient s’avérer cruciaux / Inquiétudes sur les activités big data et cybersécurité

Les prochains résultats trimestriels d’Atos seront très attentivement scrutés par les investisseurs. De leur teneur pourrait dépendre la bonne réalisation de l’augmentation de capital programmée, et plus largement, du processus de scission du groupe dans son ensemble.  
Les résultats du troisième trimestre 2023 d'Atos seront publiés le 26 octobre - NurPhoto via AFP
Les résultats du troisième trimestre 2023 d'Atos seront publiés le 26 octobre - NurPhoto via AFP

Inattendu, le énième changement de gouvernance opéré la semaine dernière par Atos n’a rien changé aux importants enjeux de court terme de l’entreprise. Une certitude, le nouveau directeur général Yves Bernaert, en provenance d’Accenture Technology, n’aura pas la tâche facile dans un contexte financier dégradé à l’approche d’importants rendez-vous. En particulier, tous les investisseurs ont les yeux tournés vers la publication le 26 octobre des résultats du troisième trimestre d’Atos, et ce alors que les comptes du premier semestre avaient relativement déçu malgré un relèvement de prévisions. Le point noir en avait été la génération de liquidité, avec un flux de trésorerie disponible négatif de 969 millions d’euros, soit près de 300 millions d’euros de plus qu’anticipé par le consensus.

Or, à peine quelques jours avant la nomination d’Yves Bernaert, le départ du dirigeant d’une entité clé n’a évidemment pas manqué d’attirer l’attention. L’éviction à la toute fin septembre de Jean-Philippe Poirault, le directeur général de la branche BDS (Big data et cybersécurité), ne constitue pas nécessairement un très bon signal. Ce départ "sous-entend une mauvaise performance de ce pôle, qui doit devenir Eviden", ont fait remarquer lundi les analystes d’Octo Finances dans une note. Eviden, rappelons-le, est le nouveau nom que devra prendre Atos une fois réalisée la vente de son activité historique d'infogérance, Tech Foundations, au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

C’est pour cette nouvelle structure Eviden regroupant les activités à plus forte croissance qu’une augmentation de capital de 900 millions d’euros – à laquelle Daniel Kretinsky doit participer à hauteur de 217,5 millions d’euros - doit être réalisée. Il est prévu que cette augmentation de capital visant à renforcer la structure capitalistique du futur groupe soit soumise à un vote des actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire dont la date n’est toujours pas connue à ce stade.

Tandis que certains actionnaires ont déjà eu l’occasion de manifester leur mécontentement vis-à-vis de cette opération, des résultats décevants du groupe au troisième trimestre "rendraient l'augmentation de capital encore plus difficile à réaliser", prévient de son côté le cabinet d’études Oddo BHF. Et "pire encore, en cas d'avertissement lié à une mauvaise performance d'Eviden, l'opération pourrait même être remise en cause selon nous, car elle pourrait conduire à une dilution jugée potentiellement excessive par les actionnaires ", estiment ses analystes. De là à ce que les actionnaires refusent d’approuver l’opération ? Peut-être pas, mais le vote de défiance qu’ils ont exprimé contre le président du groupe, Bertrand Meunier (33% d’entre eux avaient demandé son départ) lors de l’assemblée générale qui s’est tenue fin juin peut inciter à la prudence.

D’autant qu’il n’est plus aussi certain que cela que Daniel Kretinsky participe à ladite augmentation de capital face à la levée de boucliers provoquée dans le monde politique sur sa possible montée au capital d’Eviden, dont les activités dans le les domaines du big data et de la cybersécurité sont considérées comme stratégiques.

Or, pendant ce temps, les ratios financiers du groupe sont sous pression, sachant que les facilités de crédit renouvelable octroyées au groupe par les banques l’ont été avec un ratio de covenant ne pouvant dépasser 3,75 fois. De 2,36 fois à fin 2022, ce ratio est remonté à 3,06 fois à la fin du premier semestre 2023. Octo Finances, dans ses calculs, craint que la génération de liquidité ne s'avère négative de 50 millions d’euros par mois au second semestre 2023, tandis que les cessions d’actifs supplémentaires de 400 millions d’euros évoquées par le management lors de la présentation des résultats semestriels ne se sont pas matérialisées pour l'instant. Dans ces conditions, selon le cabinet, la dette nette du groupe pourrait atteindre 2,6 milliards d’euros à fin 2023, entraînant potentiellement un dépassement de covenant et donc un remboursement des prêts à terme et des lignes de crédit pour plus de 2 milliards d’euros.

Évidemment, cette situation pourrait toujours être évitée par la négociation d’un waiver (une dérogation) avec les banques. Mais, ajoute Octo Finances, cette négociation de waiver "reste probablement tributaire de l’augmentation de capital ". D’où l’importance que les résultats du troisième trimestre bientôt publiés ne génèrent pas de (trop) mauvaises surprises.

 

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article