Macro-économie / Taux / croissance mondiale / fmi / Kristalina Georgieva / Inflation
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L’économie mondiale avance sur un fil pour le FMI /
L’inflation reflue mais la croissance reste limitée
"L’économie mondiale est en train de boiter, et non de sprinter". Pierre-Olivier Gourinchas, le conseiller économique et le directeur des études du Fonds monétaire international (FMI), a commenté sans filtre les nouvelles projections de l’institution dévoilées ce mardi. La reprise économique à la suite de la pandémie de Covid est entravée tant par "des marchés de l’énergie et de l’alimentation perturbés par la guerre et un resserrement monétaire sans précédent pour lutter contre une inflation élevée depuis des décennies". Certes l’activité économique n’est pas à l’arrêt mais l’économiste français parle d’une "croissance [qui] reste lente et inégale, avec des divergences croissantes".
Les participants aux assemblées du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech, qui ont vu ces prévisions être dévoilées, ont également pu constater que la croissance économique mondiale serait encore bien en deçà de sa moyenne historique tant cette année que la suivante. Une tendance en partie due à une inflation globale qui certes diminue et devrait passer "de 9,2 % en 2022 sur une base annuelle à 5,9 % cette année et 4,8 % en 2024 ". Cependant Pierre-Olivier Gourinchas s’attend à ce que " la plupart des pays ne devraient pas retrouver leur taux d’inflation cible avant 2025". Concernant l’Hexagone, la prévision de croissance est de 1,3 % l’an prochain pour le FMI, elle se situe tout juste en dessous de celle de 1,4 % inscrite par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie dans le projet de budget. Pour cette année, la croissance est quant à elle attendue à hauteur de 1 %.
Fragmentation à l’horizon
Davantage qu’une croissance quelque peu atone, ce sont les divergences entre économies qui inquiètent le conseiller économique du FMI, il constate que "l’activité dans certaines régions [est] bien en deçà des projections antérieures à la pandémie. Le ralentissement est plus prononcé dans les économies avancées que dans les marchés émergents et les pays en développement". Là où au sein des économies avancées, "les perspectives de croissance des États-Unis ont été revues à la hausse, grâce à la résistance de la consommation et de l’investissement, […] l’activité de la zone euro a été revue à la baisse". De quoi nourrir des implications "profondes" pour les équipes de Kristalina Georgieva qui avancent qu’on pourrait voir "une convergence beaucoup plus lente vers les niveaux de vie des économies avancées, une marge de manœuvre budgétaire réduite, une vulnérabilité accrue de la dette et une plus grande exposition aux chocs, ainsi qu’une diminution des possibilités de surmonter les cicatrices de la pandémie et de la guerre".
Un scénario similaire se produit pour les économies de marché émergentes qui sont nombreuses à avoir "fait preuve d’une résistance inattendue, à l’exception notable de la Chine, qui est confrontée à des vents contraires croissants dus à la crise immobilière et à l’affaiblissement de la confiance". Le constat posé dans le dernier billet publié par Pierre-Olivier Gourinchas est que " les pays se trouvent actuellement à des stades différents de leur cycle de relance : les économies avancées (à l’exception du Japon) sont proches du sommet, tandis que certaines économies de marché émergentes qui ont commencé à relancer leur activité plus tôt, comme le Brésil et le Chili, ont déjà amorcé un assouplissement".
L’Empire du milieu fragilisé
Parmi les États les plus mis en difficulté actuellement, la situation chinoise est particulièrement compliquée. Notamment en raison d’une " crise de l’immobilier en Chine [qui] pourrait s’intensifier, posant un défi politique complexe". L’économiste français argue que "pour rétablir la confiance, il faut restructurer rapidement les promoteurs immobiliers en difficulté, préserver la stabilité financière et remédier aux difficultés des finances publiques locales". Il juge qu’il faut pour les autorités à tout prix éloigner leur économie chinoise "d’une croissance qui repose sur le crédit au secteur immobilier ".
Ce n’est pas le seul pays où les gouvernants doivent prendre des décisions, notamment en ce qui concerne leur politique budgétaire qui est sommé de "reconstituer des amortisseurs, notamment en supprimant les subventions à l’énergie, tout en continuant à protéger les plus vulnérables". Les politiques budgétaires et monétaires sont taclées pour avoir "été orientées dans la même direction l’année dernière, alors que de nombreuses mesures budgétaires d’urgence liées à la pandémie ont été levées, mais elles sont moins alignées cette année".
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