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La France a encore du mal à attirer les meilleurs des talents / La Suisse, à l'inverse, est la championne d'une décennie

Loin d’être mal classé au rang mondial, l’Hexagone est quelque peu à la traîne quand il s’agit d'attirer les meilleurs talents par rapport à ses voisins européens. Si la formation ne pêche pas, des lacunes en matière d’attractivité et de développement des compétences professionnelles l’empêchent encore de tirer son épingle du jeu. Quelques leçons seraient peut-être à tirer de nos voisins suisses, qui règnent sur le classement annuel de l’INSEAD, de l’Institut Descartes et du Human Capital Leadership Institute depuis dix ans.
(Photo by Philippe LOPEZ / AFP)
(Photo by Philippe LOPEZ / AFP)

La France est peut-être le pays le plus attractif d’Europe en matière d’investissement, le constat ressort bien différent lorsqu’il s’agit d’attirer les meilleurs talents. L’institut européen d’administration des affaires (Insead) a publié cette semaine avec l’Institut Descartes et le Human Capital Leadership Institute la dixième édition de son indice mondial de compétitivité des talents (Global Talent Comptetitiveness Index, ou GTCI) : l’Hexagone se range, comme sur les deux dernières années, à la 19ème place.

Certes, sur 134 pays étudiés, la position n’est pas dévalorisante. Reste que la France est quelque peu à la traîne par rapport à ses voisins européens – au sens du continent dans son ensemble. Dans le "Top 25", seules l’Estonie et République Tchèque sont moins bien classées que la France. Mais l’Autriche, la Belgique, l’Islande, l’Allemagne, l’Irlande, le Luxembourg, le Royaume-Uni, la Norvège, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark la devancent. Et la pole position revient à la Suisse, comme sur l’ensemble de la dernière décennie.

 

Un savoir-faire dans la formation incontestable

 

La France n’a pourtant pas à rougir de sa production de jeunes actifs talentueux. Elle fait notamment partie du podium dans la sous-catégorie de l’éducation et de la formation "tout au long de la vie grâce à ses écoles de commerce de classe mondiale et à ses formations étendues en entreprise", précise le rapport. De ce fait, le pays se classe parmi les dix meilleurs élèves dans la catégorie du développement des talents.

Ses principaux défis ? Les attirer et développer les compétences professionnelles et techniques. Du côté du premier, c’est ce que le rapport nomme "Ouverture interne" qui pêche. L’Hexagone s’y place à la 29ème place, en raison d’une inclusion sociale qui mériterait d’être améliorée. Quant au second, soit les lacunes en matière de compétences professionnelles et techniques, c’est l’employabilité qui fait défaut (40ème place).

Quelques axes d’amélioration qui n’empêchent tout de même pas la France de figurer parmi le haut du classement général, comme l’ensemble des pays classés à hauts revenus. Le GTCI relève en effet un lien de corrélation entre le score d’attractivité le Produit intérieur brut (PIB) par habitant. Plus il est élevé et plus un pays y grimpe.

 

Les villes moyennes savent se rendre séduisantes

 

Bien classée en la matière (au quatrième rang mondial), cela ne semble en tout cas pas être la seule raison à l’hégémonie de la Suisse au classement GTCI. Le pays arrive après tout derrière le Luxembourg, l’Irlande et la Norvège en termes de PIB par habitant. Le lien est clair, les salaires restent le nerf de la guerre. Mais "le principal aspect de la compétitivité de la Suisse en matière de talents est sa performance impressionnante dans de nombreux piliers et sous-piliers", explique l’étude. Elle y figure, à chaque fois, dans le "Top 10" et est championne sur les terrains "Favoriser" et "Fidéliser".

Aussi, la Suisse apparaît comme une bonne élève dans le renforcement de ses villes moyennes. Le rapport souligne en effet que ses villes, plus petites que les mégalopoles, ont de plus en plus de responsabilités légales et ont tendance à mettre en place des politiques d’attractivité dynamiques. Et parmi les mieux classées, avec le moins d’habitants pour le meilleur score, Genève ou Lausanne.

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