Feuilleton de l'été / Maud Thuaudet / Saint-Gobain / Thales / INSEAD / Polytechnique / Femmes
Feuilleton de l'été
Maud Thuaudet / Saint-Gobain / Thales / INSEAD / Polytechnique / Femmes
Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après - Maud Thuaudet
Fille de diplomate, Maud Thuaudet a grandi entre l’Egypte, la Tunisie et le Madagascar, ce qui l’a dotée d’un certain goût de l’international et du challenge. Entrant à l’école Polytechnique, elle est très tôt confrontée à un environnement de responsabilités et très peu féminisé. Elle a réalisé sa première année dans la Marine nationale en tant qu’officier chef de quart d’un bateau de 16.000 tonnes, dont l’équipage ne comportait que 4 femmes sur 200 hommes et dont elle était la plus jeune. Cette année lui a permis de "renforcer quelques convictions profondes sur le fait que les femmes avaient leur place dans tous les mondes, y compris celui-là". Et lui donne le goût des responsabilités.
Sortant de Polytechnique en 2006 et dans le souhait de renouer avec l’étranger et de continuer l’aventure, elle intègre le Corps des Ponts et Chaussées et part un an en Inde pour un stage chez Thales. Avec la volonté de garder un lien avec l’international et le terrain, elle intègre deux ans après la branche aéronautique Thales Air System pour manager de nombreux projets à l’international (Inde, Chine…), ainsi que le renouvellement des systèmes de projets aériens français. Après 4 ans dans cette branche et avec le désir de prendre de la hauteur, Maud Thuaudet réalise le MBA de l’INSEAD entre Fontainebleau et Singapour, qui lui a permis de retrouver des gens de toute nationalités, possédant comme elle la "conviction profonde qu’ils pouvaient, par leur action, changer le cours des choses ".
Après cette riche formation et pleine de convictions, elle rejoint en 2013 Thales Alenia Space à Toulouse à la stratégie. Quittant l’opérationnel, elle se voit confier la mission de développer l’implantation géographique de la branche espace de Thales en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Pologne, ainsi que de réaliser des investissements stratégiques nécessaires. Particulièrement stimulée par les enjeux de l’opérationnel, elle prend en 2016, et pour trois ans, la direction d’un programme de satellite de télécommunications. Elle devient la première femme à porter un projet aérospatial de cette envergure. Elle y découvre qu'être une femme à un poste de haut management "crée des aspirations, et libère des énergies chez d'autres femmes".
Lors de cette expérience toulousaine, cette industrielle dans l’âme réalise l’importance de l’ancrage territorial de Thales, qu’elle retrouvera avec plaisir chez Saint-Gobain. "Cette colonne vertébrale d’un territoire" qu’est l’industrie, est une conviction forte chez Maud Thuaudet. Fournir des emplois qualifiés et non qualifiés, rassemblant les gens autour d’un objectif commun est ce qui, selon elle, "désenclave une société ".
Après avoir occupé des postes et dans la stratégie et dans l’opérationnel chez Thales pendant plus de 11 ans, elle décide de s’attaquer au secteur des matériaux de construction et de hautes technologies, en entrant chez Saint-Gobain en tant que directrice de la stratégie. Ce qui l’a motivée pour occuper ce poste ? Rejoindre une entreprise qui agit "au cœur de la vie des gens " et qui "rassemble autour de ses usines". Mais aussi la lutte contre le réchauffement climatique. C’est en effet un sujet important dans la stratégie de développement de Saint-Gobain, et qui représente une conviction forte chez elle.
A 36 ans, la directrice stratégie de Saint-Gobain a su, de fait, s’imposer au monde de l’industrie. Elle ne manque toutefois pas d'y ajouter la confiance de ses supérieurs à son égard, comme véritable accélérateur de carrière. Enfin, comme un retour à ses premiers amours, elle n'exclut pas de renouer avec le terrain dans les années à venir.
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