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Thales / Gemalto

Thales s'est allié pour mieux se défendre

En acquérant Gemalto, le groupe né il y a un peu plus d'un demi-siècle régénère son ADN, et cela fonctionne.
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Avant d'être leader mondial équipementier sur la défense et l'aéronautique, Thomson-CSF, devenu Thales en l'an 2000, a un passé essentiel dans les télécoms. Né de la fusion de la Compagnie Générale de Télégraphie Sans Fil et des activités de Thomson-Brandt, le groupe a deux ancêtres qui ont joué un rôle central pendant l'entre-deux-guerres dans le développement de la radiodiffusion et radiocommunication sur ondes courtes, et déjà, du radar et de la télévision.

L'acquisition par Thales de Gemalto en avril dernier, roi assumé de la carte SIM, n'est de fait pas un hasard. Car c'était pour le groupe, présidé par Patrice Caine, l'occasion idéale de régénérer son ADN et devenir leader mondial de la sécurité numérique. Au prix de 4,8 milliards d'euros, l'un des tout premiers groupes de l'électronique de défense s'est ainsi offert les compétences pour créer, ensemble, des solutions pour la gestion du trafic aérien des drones, la sécurisation des aéroports ou encore la sécurité des transactions financières.

Moins de deux semaines après le retrait des actions Gemalto d'Euronext, le projet porte déjà ses fruits. Thales vient tout juste de rehausser son carnet de commandes à 18 milliards d'euros et son Ebit pour l'année 2019, compris entre 1,98 et 2 milliards d'euros, contre 1,78 et 1,80 milliards d'euros avant le rachat de Gemalto. Après prise en compte de la cession de l'activité de GP HSM de Thales - un processeur de chiffrement conçu pour protéger les clés cryptographiques tout au long de leur cycle de vie -, que Margrethe Vestager avait requise pour répondre aux préoccupations antitrust européennes, Thales prévoit encore 120 millions d'euros de synergies de coûts.

La consolidation stratégique de Thales est rationnelle à un moment où des circonstances structurelles comme conjoncturelles menacent l'unité sur ses autres secteurs. La valeur, encore détenue pour un peu plus du quart par l'État français est particulièrement sensible aux décisions politiques et aux coupes budgétaires dans le secteur de la défense des pays dits matures.

Et, en cette période particulière où la commissaire à la concurrence ne cesse de refuser des projets pour nos industries stratégiques, sans bloquer pour autant la concurrence chinoise et canadienne, il reste quelques interrogations sur la capacité de Thales à résister aux grands groupes issus des fusions dans la signalisation ferroviaire. Côté aéronautique et défense, les délocalisations s'accentuent parmi les sous traitants pour compresser davantage les coûts, comme a choisi de le faire Latécoère au Maroc, en Bulgarie et en Inde. Thales devra tenir les baisses de prix, demandées par les avionneurs téméraires.

Finalement, en redistribuant ses oeufs dans divers paniers, Thales a fait un choix de raison, que la révision aujourd'hui de ses prévisions financières à la hausse, confirme encore.

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