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Thales / Publication des résultats / Gemalto
Pour Thalès, le plus dur est derrière lui
Faire contre mauvaise fortune bon cœur. Après un dernier trimestre difficile, où Thalès a dû annoncer un profit warning avec une croissance de seulement 1% de son chiffre d’affaires pour 2019, le groupe a su rebondir. Ce mercredi, il publie ainsi des résultats en ligne avec ces nouvelles prévisions, soit un chiffre d’affaires en hausse de 0,8% en organique à 18,4 milliards d’euros, affecté par le déclin des marchés émergents (-7,7 %), mais surtout un niveau de rentabilité record. Son Ebit a bondi de 19% (4% en organique), et franchit la barre des 2 milliards d’euros, et surtout sa marge opérationnelle gagne 0,3 points, à 10,9%, grâce à la solide intégration de Gemalto, dont l’acquisition pour 4,8 milliards d’euros a été finalisée en avril 2019.
Le leader mondial des équipements pour l’aéronautique et la défense a pu faire valoir une "solide dynamique commerciale" en fin d’année, où les prises de commande ont aussi grimpé de 19% (4% en organique) à 19,1 milliards d’euros. Mais le constat reste le même qu’en octobre dernier : c’est le marché spatial qui a principalement marqué le pas en 2019, avec un chiffre d’affaires en baisse de 11 % en organique, même si Thalès a bien fini l’année et gagné 3 des 4 principaux appels d’offres sur les satellites. Du côté des transports, en baisse de 7% en organique, le PDG Patrice Caine pointe du doigt un comparable très élevé en 2018 où de très grands contrats avaient été gagnés et intégrés à l’exercice.
C’est sur la défense et la sécurité, cœur de réacteur de Thalès puisqu’il génère près de 45% de ses revenus, que le groupe a su satisfaire les investisseurs, surtout avec un bond de 20 % de son Ebit et de 1,4 point de sa marge opérationnelle. Le groupe se targue surtout d’avoir réussi à convertir ses commandes en argent sonnant et trébuchant, avec un ratio de commandes sur livraisons (book-to-bill) de 1,2, et des contrats sur plusieurs années, ce qui assure une résilience de l’activité.
De quoi augmenter son dividende à 2,65 euros par titre, soit un ratio de distribution de 40%. Thalès a affiché des prévisions prudentes, avec un chiffre d’affaires stable entre 19 et 19,5 milliards d’euros et une marge d’Ebit comprise entre 10,8% et 11%, pour laquelle il compte sur la montée en puissance des synergies de coûts liées à l’intégration de Gemalto. Mais aussi un ratio book-to-bill supérieur à 1, afin d’assurer la croissance en 2021. Pour Patrice Caine, tout l’enjeu est bien de faire le dos rond pendant ces deux années difficiles, avant un rebond attendu en 2021. Ce dernier n’a bien sûr pas pu éviter le sujet du coronavirus, qui a un impact limité sur l’activité de Thalès pour le moment, et se dit plus préoccupé par les tensions commerciales ou encore l’impact de Boeing sur certains de ses clients.
Mais les investisseurs ne lui en ont pas tenu rigueur, puisque le titre bondit de plus de 6,5% à 97,10 euros vers 17h00, dans un marché stable. Cette hausse le ramène néanmoins tout juste à son niveau de vendredi soir et limite la baisse à 12% depuis son dernier point haut de septembre.
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