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MistralAI devrait lever 450 millions d’euros / Des investisseurs de renom au capital de la pépite de l'IA européenne ?
À vitesse éclair. Officiellement créée à Paris le 28 avril 2023, la start-up MistralAI devrait être en passe de boucler un tour de table de 450 millions d’euros (487 millions de dollars) auprès d’investisseurs de renom, selon les informations de Bloomberg. Une opération qui pourrait valoriser la jeune pousse spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) à environ 2 milliards de dollars, selon des sources proches du dossier citées par l’agence de presse.
Dans le détail, l’accord comprendrait plus de 325 millions d’euros de capitaux propres de la part d’investisseurs menés par le fonds américain Andreessen Horowitz, qui devrait mettre 200 millions d’euros au pot à lui seul. Le reste de la somme proviendrait de Nvidia et de Salesforce sous la forme de dette convertible. Rien n’est inscrit dans le marbre, certains détails pourraient encore être amenés à changer, ont précisé les sources.
Mais selon les détails de la transaction inscrits dans des documents consultés par Bloomberg, les trois cofondateurs de la start-up (Arthur Mensch, Timothée Lacroix et Guillaume Lample) devraient vendre plus d’un million d’euros chacun de capitaux propres, tandis que l’ancien secrétaire d’État au Numérique Cédric O, conseiller de la start-up et membre du comité interministériel dédié à l’IA, envisagerait lui aussi de vendre près d’un million d’euros d’actions.
En tête de peloton
Cette valorisation de deux milliards de dollars, qui permettrait à la pépite de l’IA européenne d’entrer dans le club des licornes, reflète bien l’appétence des investisseurs pour les bénéfices futurs que promet l’IA. Alors que les investisseurs se montrent plus frileux depuis le début de l’année 2023 et que les levées de fonds importantes se font rares, celle-ci placerait MistralAI en seconde position des tours de table réalisés dans l’Hexagone depuis janvier dernier.
Pour rappel, la start-up développe un modèle d’IA générative ouverte, permettant à ses clients d’appliquer ses technologies à ses propres cas d’utilisation et est souvent présentée comme une concurrente européenne à OpenAI. Fondée par trois anciens scientifiques d’Alphabet de Meta, la start-up avait réalisé un premier record en juin dernier : celui de lever 105 millions d’euros en phase d’amorçage.
Déjà, et malgré ses quelques mois d’existence, la start-up s’était attirée les faveurs d’investisseurs de taille. A l’instar, entre autres, du fonds de capital-risque Lightspeed Venture Partners, de l’ancien président de Google Eric Schmidt, du patron d’Iliad Xavier Niel, de celui de CMA CGM Rodolphe Saadé (qui ont par ailleurs tous trois lancé leur laboratoire dédié à l’IA générative au début du mois Kyutai), de la holding de la famille Agnelli Exor Ventures, ou encore Bpifrance. Cela représentait alors l’un des plus grosses levées de fonds d’amorçage réalisée dans l’Union européenne et la valorisait, selon des informations de presse, à plus de 450 millions d’euros.
Crédibilité et efficacité
Il faut dire que l’expérience de ses fondateurs leur apporte une crédibilité importante. Et que l’activité de la start-up se développe rapidement. A la fin du mois de septembre, elle a lancé son premier grand modèle de langage (LLM), Mistral 7B.
"Nous nous engageons à sortir les modèles ouverts les plus performants parallèlement au développement de notre offre commercial. Nous proposerons des modèles propriétaires optimisés pour le déploiement sur site ou cloud privé virtuel. Ces modèles seront distribués sous forme de solutions boîte blanche, rendant disponibles les poids et les sources des codes", avait affirmé la start-up à l’occasion de l’annonce, restant ainsi fidèle à sa philosophie de développer un IA en libre accès.
De quoi faire avancer la recherche européenne en la matière et permettre aux Vingt-Sept de se placer en bonne position dans la course à l’IA, dans un contexte où ces derniers peinent à s’accorder sur la manière de réguler cette technologie. La journée de demain pourrait donner de nouveaux indices en la matière, puisque les États membres et le Parlement européen se réuniront pour négocier les termes de l’AI Act. En cause, un marchandage institutionnel relatif aux amendements visant à réguler les modèles de fondation, auxquels la France, l’Allemagne et l’Italie sont opposés. Arthur Mensch avait d’ailleurs lui-même pris position à ce sujet.
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