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Morgan Stanley maintient le cap dans la gestion de fortune / Ted Pick dans les pas de James Gorman
Ted Pick aurait pu rêver mieux pour sa première présentation de résultats à la tête de Morgan Stanley. Celui qui a pris la direction du géant bancaire au début de cette année, succédant à James Gorman, a dévoilé des comptes mitigés, sanctionnés mardi par une chute de plus de 4% du cours de la banque à Wall Street. Il faut dire que les résultats de Morgan Stanley ont touché au quatrième trimestre 2023 leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 2020.
Les 1,52 milliard de dollars annoncés s’inscrivent 32% en deçà du résultat dégagé sur la même période il y a un an, tandis que le bénéfice par action de 85 cents s’est avéré nettement inférieur à l’estimation de 1,07 dollar faite par les analystes interrogés par FactSet. La conséquence d'importantes charges exceptionnelles de 535 millions de dollars, pour partie liées au renflouement du fonds de garantie des dépôts de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) après les faillites survenues en mars 2023 de la Silicon Valley Bank et de Signature Bank, dont la FDIC avait dû assurer le sauvetage. D’autre part, Morgan Stanley a dû aussi débourser 249 millions de dollars pour mettre fin à des enquêtes gouvernementales qui duraient depuis des années sur sa gestion des transactions boursières importantes ("transactions de blocs") pour ses clients.
A côté de la déconvenue sur le bénéfice, les revenus ont fait meilleure figure. Le produit net bancaire de 12,9 milliards de dollars atteint au quatrième trimestre 2023 a dépassé les 12,7 milliards de dollars anticipés par le consensus. Les revenus de la banque d'investissement ont augmenté de 5% sur un an. Ce n’est pas grâce à l’activité de conseil, qui a certes commencé à se redresser par rapport aux derniers trimestres mais est restée à peu près stable d'une année sur l'autre. En revanche, les ventes d'actions sur le marché secondaire ont repris, parallèlement à des introductions en bourse et à des annonces de fusions, grâce à la baisse de la volatilité des marchés et à l'appétit accru des investisseurs.
Sur ce point, la directrice financière, Sharon Yeshaya, a souligné lors de la conférence téléphonique avec les analystes, que la banque d’investissement de Morgan Stanley était "bien placée pour capitaliser sur le contexte de reprise", estimant que "le regain de confiance devrait soutenir les fusions et acquisitions à grande échelle et les nouvelles émissions sur les marchés de capitaux et, à terme, se répercuter sur l'activité plus large du marché".
Objectif de marge confirmé dans la gestion de fortune
Lors de cette même conférence téléphonique, les analystes se sont en particulier attardés sur la manière dont Morgan Stanley pourrait atteindre son objectif à long terme d'une marge avant impôts de 30 % dans la gestion de patrimoine. Un objectif que Ted Pick a réitéré, tout en prévenant que ladite marge s’établirait plutôt à court terme autour de 25%. L’explication étant que les actifs des clients restent pour le moment placés dans des proportions significatives (de l’ordre de 22%) en équivalents de trésorerie dans le contexte défavorable lié aux fortes hausses des taux d’intérêt de ces deux dernières années.
La question se pose d’autant plus que James Gorman, le prédécesseur de Ted Pick, a passé une large partie de ses 14 ans années de mandat à modifier l’équilibre des activités de la banque en faveur justement de la gestion de patrimoine plutôt que de la banque d'investissement, capable de générer d'importants bénéfices mais qui est également plus volatile. "Nous devrions lentement et durablement revenir à 30 % [de marge dans la gestion de patrimoine]", a indiqué Ted Pick, " et nous pensons que nous pourrons y parvenir lorsque les conditions économiques se normaliseront ", a-t-il ajouté.
A la question de savoir à quoi ressemblera Morgan Stanley dans trois ou quatre ans, le nouveau directeur général n’a pas caché que la répartition des revenus de la banque pourrait connaître des changements importants. S’"il pourrait y avoir des périodes comme en 2020 ou 2021, où la banque d’investissement tourne à plein régime, nous allons connaître d’autres périodes au cours desquelles, à mesure que nous continuons à investir dans le secteur de la gestion de patrimoine et d’actifs, ces activités pourraient encore se développer", a-t-il expliqué.
Pour Ted Pick, que Morgan Stanley tire aujourd’hui 60% de son activité de la gestion de patrimoine et de la gestion d’actifs n'est ainsi "pas un mauvais point de départ". Le principal message qu’il souhaite transmettre est d'ailleurs que "s'il y a un changement de leadership" à la tête de Morgan Stanley, la stratégie, elle, ne change pas.
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