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Chine : la Banque centrale veut donner un coup de pouce à la croissance / Elle allège le taux des réserves obligatoires
La Banque populaire de Chine (PBoC) a annoncé une baisse de 0,5 point de pourcentage du ratio des réserves obligatoires (RRR) que se doivent de respecter les institutions financières, baisse qui sera effective à compter du 5 février 2024. Pour rappel, il s’agit du rapport entre certains de leurs passifs, essentiellement les dépôts des clients, et ce qu’elles doivent déposer auprès de la Banque centrale – ces réserves constituent ainsi un filet de sécurité. C’est ainsi qu’après cette réduction, le ratio moyen pondéré des réserves obligatoires des institutions financières est d’environ 7 %, a fait savoir la PBoC.
Cela devrait libérer 1000 milliards de yuans, soit 139 milliards de dollars, a précisé Pan Gongsheng, gouverneur de la Banque centrale chinoise.
Cette mesure a été prise afin de "consolider et de renforcer la tendance positive de la reprise économique ", a déclaré l’institution de Pékin. Alors que la progression de l’activité économique chinoise s’est élevée à "seulement" 4,1 % en rythme annualisé lors du quatrième trimestre 2023 (la croissance a atteint 5,2 % sur l’ensemble de l’année 2023, soit le niveau le plus faible depuis trois décennies hors période de Covid). Après avoir profité du fort assouplissement des mesures de restriction sanitaires, la Chine a vu son économie perdre de la vitesse sous l’effet d’une crise persistante dans le secteur immobilier qui accroît l’incertitude et du ralentissement économique mondial.
Dans ce contexte, la décision de la PBoC a-t-elle des chances d’être efficace ? "Si les réductions du RRR ont souvent été suivies d’une accélération de la croissance du crédit dans le passé, c’est parce qu’elles étaient généralement associées à un assouplissement d’autres contrôles réglementaires tels que les quotas de prêts", explique Mark Williams, chef économiste Asie, chez Capital Economics., qui rappelle que "les limites imposées à la capacité des banques à fournir des prêts ont toujours été la principale contrainte pesant sur le crédit bancaire en Chine".
Or, ces derniers temps, la contrainte a été la faiblesse de la demande de crédit et "l 'assouplissement des contraintes d’offre n’a pas entraîné une augmentation de la demande de crédit", indique l’économiste. De sorte qu’"un assouplissement beaucoup plus important serait nécessaire pour déclencher un changement important dans la demande de crédit", estime Mark Williams.
D’aucuns avancent que le refus de la PBoC de se montrer plus agressive, en baissant ses taux d’intérêt directeurs par exemple, pourrait être lié à des inquiétudes concernant le taux de change, qu’elle désire maintenir stable. En conséquence de quoi, elle ne veut pas que "les rendements sur le territoire chinois suivent les rendements américains lorsqu’ils baissent", souligne Mark Williams.
Le comportement de la PBoC pourrait également s’expliquer par le fait qu’elle est consciente que la croissance chinoise ne souffre pas de problèmes cycliques, mais structurels, ce contre quoi la politique monétaire ne peut rien. D’après l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), le Produit intérieur brut (PIB) chinois augmentera de 4,7 % en 2024, puis 4,2 % en 2025 en raison d’une démographie défavorable et d’un ralentissement de la croissance tendancielle de la productivité. Après n’avoir fait que croître à partir de la seconde moitié des années 70, la part de la population en âge de travailler (15-64 ans) ne fait que reculer depuis plus d’une décennie, passant d’un pic de 72,9 % en 2010 à 69 % en 2022.
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