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L’internet spatial d’Eutelsat et OneWeb prend du retard / Déjà un premier avertissement

Eutelsat et sa filiale OneWeb ont pris du retard sur leurs temps de passage dans la course à l’internet spatial. La Bourse goûte peu ce premier « profit warning » du nouvel ensemble, engagé dans un pari nécessaire, mais coûteux en dépenses.
Un satellite OneWeb - Photo by Hugh Hastings / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Un satellite OneWeb - Photo by Hugh Hastings / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

La course au nouvel eldorado de l’Internet spatial n’est pas sans embûche. Le risque avait été identifié dès le départ. Celui que la start-up londonienne OneWeb subisse des retards dans son déploiement avait été soulevé par plusieurs analystes au moment de son mariage à l’automne 2023 avec le champion français des satellites Eutelsat. Il n’aura pas tardé à se produire.

Après examen des résultats des trois premiers mois consécutifs à la réalisation de la fusion, les activités de satellites en orbite basse (Low earth orbit ou LEO) de OneWeb "montrent un certain retard par rapport au calendrier initial", a averti lundi Eutelsat. Faute non pas de satellites, puisque la constellation LEO de OneWeb est sur orbite depuis mars dernier. Mais si ce travail était certes le plus critique et le plus important, il restait encore à déployer les infrastructures au sol pour que la couverture des services devienne opérationnelle, et que le carnet de commandes, qui atteignait 1,1 milliard de dollars à la fin du dernier trimestre, se concrétise.

 

Manque à gagner

 

Or, c’est là que le bât blesse, ce déploiement a pris du retard bien qu’il soit "en bonne voie" aux dires du groupe qui estime que la mise en service de ces infrastructures au sol pourra être achevée à 90 % au deuxième trimestre 2024. Pas suffisant cependant pour éviter un manque à gagner sur le chiffre d’affaires.

Conséquence, les prévisions de résultats établies lorsque le nouveau géant européen a été porté sur les fonts baptismaux il y a quatre mois sont déjà caduques. Pour son exercice 2023-2024 (qui s’achèvera fin juin prochain), Eutelsat anticipe désormais un chiffre d’affaires compris entre 1,25 milliard et 1,3 milliard d’euros et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté compris entre 650 millions et 680 millions d’euros pour l’exercice 2023-2024. Alors qu’à l’origine, le groupe visait un chiffre d’affaires compris entre 1,32 milliard et 1,42 milliard d’euros et un Ebitda ajusté compris entre 725 millions et 825 millions d’euros.

Fort logiquement, les objectifs financiers pour l’exercice 2024-2025 sont suspendus, le temps de "procéder à une évaluation plus précise des perspectives" indique l’entreprise. Et les nouveaux ne seront pas connus avant le 2 août prochain et la publication des résultats annuels.

 

Capitalisation boursière au plus bas

 

En attendant, l’action Eutelsat chute lundi de 14 % à 3,54 euros, soit de nouveaux plus bas historiques, avec une capitalisation boursière qui n’est plus que de 1,7 milliard d’euros, quasiment dix fois inférieure à celle de son apogée en 2015. Il est vrai que c’était bien avant qu’Elon Musk ne révolutionne les réseaux satellitaires avec Starlink et n’investisse l’orbite basse avec une myriade de satellites capables de fournir l’accès à internet sur toute la terre.

C’est justement pour éviter de se faire disrupter qu’Eutelsat, a choisi de compléter sa présence sur l’orbite géostationnaire traditionnelle, qui sert principalement à la diffusion de la télévision par satellite, une activité en déclin, avec l’orbite basse en rachetant OneWeb, qui, avec ses 618 satellites est le seul concurrent opérationnel du géant Starlink (5000 satellites) dans le domaine de l’internet spatial. Un pari nécessaire mais risqué, et qui explique qu’Eutelsat ait sacrifié pour plusieurs années son ancien modèle d’entreprise à forte génération de liquidités versant de gros dividendes, pour devenir une société de croissance en phase d’investissement.

Les prévisions en la matière demeurent, elles, inchangées. Après prise en compte des synergies, les dépenses d’investissement devraient s’établir entre 600 millions et 650 millions d’euros cette année puis se maintenir dans une fourchette annuelle moyenne comprise entre 725 millions et 875 millions d’euros pour les exercices 2025 à 2030.

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