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Les discussions sur Atos se tendent de plus en plus / Le mandataire ad hoc à la rescousse
La restructuration de la dette d’Atos se rapproche. Alors que le processus de vente des activités historiques d’infogérance rassemblées dans le pôle Tech Foundations n’a toujours pas abouti, la cession éventuelle de son activité BDS (Big Data & Security) à Airbus, en phase de due diligence, ne peut, elle, aller plus vite que la musique. Un statu quo sur le front des cessions d’actifs plus que problématique alors que les banques créancières du groupe en faisaient un préalable pour envisager d’accepter de renégocier leurs prêts.
C’est pourquoi Atos a annoncé lundi avoir sollicité la désignation d’un mandataire ad hoc, afin d’encadrer les discussions - qui piétinent - avec ses banques et refinancer sa dette. Une décision qui vient souligner "que les discussions avec les partenaires bancaires se sont tendues, ce qui est assez logique au regard de la faible visibilité sur le périmètre du groupe", pointent les analystes d’Invest Securities.
Or, ces négociations sont évidemment cruciales au regard des 3,65 milliards d’euros d’emprunts et d’obligations à rembourser ou refinancer avant fin 2025. Et ce alors que le projet d’augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription de 720 millions d’euros, qui avait été annoncé lors de la présentation à l’été 2023 du projet de scission de l’entreprise, n’est plus viable, sans surprise vu la descente aux enfers subie en Bourse par Atos. Celle-ci se poursuit ce lundi, l’action plongeant de 25 % après les dernières annonces, à moins de 3 euros. La capitalisation boursière n’est ainsi plus que de 330 millions d’euros, pour un groupe qui faisait 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022.
Et l’inquiétude grandit du côté des banques vis-à-vis d’Atos et de son processus de restructuration. Au point que, selon Bloomberg, un établissement non-français aurait cédé 50 millions d’euros de prêt bancaire d’Atos à 43 % du nominal. Soit avec une décote de 57 % qui "souligne le pessimisme des porteurs même si le montant est infime par rapport à la dette globale", note le cabinet Octo Finances. Tandis que, toujours selon l’agence de presse, parmi les 22 banques créancières du groupe, un certain nombre d’entre elles, parmi lesquelles figurerait BNP Paribas, se seraient regroupées et auraient engagé Ondra Partners comme conseiller financier et Gibson, Dunn & Crutcher comme conseiller juridique. Dans le même temps, des porteurs obligataires se seraient octroyés les services de Messier & Associés comme conseiller financier et de Willkie Farr & Gallagher pour la partie juridique.
Des négociations qui s’annoncent compliquées pour Atos, qui cherche à gagner du temps pour se restructurer et réaliser les cessions d’actifs nécessaires. Il est probable que ses banques n’accepteront d’étendre leurs financements, que si ces derniers ne viennent pas rembourser une dette obligataire six mois plus tard. Par conséquent, le groupe doit obtenir une extension des dettes obligataires, ce qui n’est pas gagné d’avance étant donné le différentiel de traitement entre les porteurs des obligations court terme et long terme. "La décote des porteurs obligataires 2024-2025 doit être assez suffisante pour obtenir l’aval des 2028-2029, mais une décote trop élevée pourrait encourager les 2024-2025 à ne pas accepter l’offre d’Atos", résume Octo Finances.
Si le mandataire ad hoc vise à faciliter les discussions entre les parties, il ne peut rien imposer. Le recours à une procédure de conciliation offrant un cadre plus structuré pour favoriser la conclusion d’un accord amiable pourrait donc s’avérer nécessaire si les choses n’évoluent pas, et ce afin d’éviter la procédure de sauvegarde, dans laquelle les actionnaires auraient tout à perdre, comme peuvent l’illustrer les cas Orpea ou Casino.
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