Macro-économie / Taux / TPE / PME / crise énergétique
Macro-économie / Taux
TPE / PME / crise énergétique
Les TPE-PME hexagonales auront su encaisser le choc énergétique / Leur santé financière n’a pas été significativement mise à mal
Après la tempête énergétique, les beaux jours financiers semblent de mise pour les TPE et PME hexagonales. Le Conseil d’analyse économique (CAE) assure dans sa dernière note qui si "en moyenne, la hausse des dépenses d’énergie pour les TPE-PME a été de 73 % entre 2020 et 2023", cette situation n’a pas conduit pour autant à une situation financière dégradée pour l’ensemble de ces entreprises.
Il s’avère qu’une "partie d'entre elles, aussi bien des TPE que des PME, voient leurs encours nets bancaires se détériorer sensiblement ", indique le CAE. Cependant ce constat est posé "sans que l’on puisse établir un lien causal avec l'effet direct de la hausse des dépenses d’énergie", ajoute-t-il. Une caractéristique française jouant alors pleinement en faveur de son tissu économique, puisqu’il s’avère qu’elles ont une exposition énergétique assez faible. Cette dernière étant décrite telle que "le rapport entre les dépenses d’énergie et le chiffre d’affaires de l’entreprise". Il s'agit ainsi d' "une bonne mesure synthétique du risque global face aux brutales variations des prix énergétiques auxquelles les entreprises pourraient être confrontées".
Tenir le cap
La violence du choc énergétique n’a pas fait exploser cet indicateur ; il est uniquement passé de 1,47 % en 2021 à 1,80 % en 2023. Une autre capacité des TPE et PME est mise en avant par les auteurs de la note : celle des entreprises à jouer sur les "canaux d’ajustement qui leur permettent de transmettre les hausses de prix de l’énergie aux prix de vente ou d’améliorer leur efficacité énergétique et ainsi de faire face à l’inflation énergétique sans dégrader leur santé financière". Un effet quantité est également invoqué concernant l’exposition énergétique, avec des hausses de dépenses qui " résultent de la croissance de prix mais aussi de celle du volume, ce qui conduit à une hausse de la production et donc du chiffre d’affaires ".
De quoi leur permettre de répercuter la hausse du coût énergétique dans leurs prix de vente. Il n’est pas écarté les effets des ajustement de la demande énergétique face à cette hausse des prix. L’impact du bouclier tarifaire est unanimement souligné avec le constat qu’entre "2021 et 2022, la croissance moyenne des dépenses d’énergie est de 31 % pour les PME et de 21 % pour les TPE, ces dernières ayant sans doute bénéficié plus souvent du bouclier tarifaire". Tout comme l’exposition énergétique diffère avec rien que pour " 2021, une exposition des PME [qui] était de 1,4 % contre 1,7 % pour les TPE".
Vents contraires
Au sein même de ces deux catégories de nombreuses disparités sont relevées par la publication du CAE ; principalement au niveau intrasectoriel avec trois explications qui nous sont données. Premièrement il est avancé que "dans tous les secteurs, le renouvellement des contrats fournisseurs intervient à des dates différentes". Également, certaines de ces entreprises "peuvent être bénéficiaires du bouclier tarifaire et, à ce titre, être largement protégées contre la hausse des prix " et enfin, il est argué que "l’augmentation des dépenses d’énergie a également une composante "volume" propre à chaque entreprise, liée à l’accroissement de son activité ".
Le sujet de l’efficience énergétique est également abordé, sous le prisme d’un double bénéfice : celui d'une part d’une moindre consommation, et d'autre part de son effet sur la capacité à "gagner des parts de marché par rapport à d'autres entreprises, ce qui conduit à une amélioration du chiffre d’affaires". Malheureusement il n’est également pas exclu "qu'une partie des entreprises voient leur situation financière se fragiliser sans doute du fait plus général et diffus de la hausse des coûts des intrants dans l'ensemble de la chaîne de production".
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