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Publications, Résultats / TotalEnergies / Patrick Pouyanné / résultats annuels

Publications, Résultats
TotalEnergies / Patrick Pouyanné / résultats annuels

TotalEnergies résiste à la baisse des prix de l’énergie / La performance dans l'électricité a bondi

Le bénéfice net de la compagnie s’est affiché en progression au titre d’une année 2023 pourtant marquée par un environnement de marché moins favorable. Le résultat opérationnel net ajusté de la branche "Integrated Power" a soutenu les résultats de TotalEnergies, ce qui permettra aux actionnaires du groupe d’en être gratifiés.
Patrick Pouyanné (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Patrick Pouyanné (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Après une année 2022 où les prix des matières premières s’étaient envolés, l’exercice 2023 ne devait logiquement pas être aussi favorable aux majors de l’énergie. Pourtant, TotalEnergies a dégagé 21,4 milliards de dollars de bénéfice net au titre des douze derniers mois, soit une hausse de 4 % sur un an.

Mais dans un contexte de baisse des prix du pétrole et du gaz, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté de la compagnie présidée par Patrick Pouyanné a - de fait - reculé de 30 % sur un an, à 50 milliards de dollars, tandis que le résultat opérationnel net ajusté des secteurs a atterri à 25,1 milliards de dollars (soit un tassement de 35 %). En cause, un baril de Brent qui est ressorti à 82,6 dollars sur l’année 2023, accusant une baisse de près de 20 %, tandis que sur le Henry Hub (prix de référence du gaz naturel) la correction fut de près de 60 % au fil de l’année passée, retombant à 2,7 dollars par million d’unités thermiques britanniques (Mbtu).

 

Le GNL en renfort

 

C’est cependant ce même gaz qui a tiré la production des hydrocarbures de TotalEnergies à la hausse, avec une croissance de celle de gaz naturel liquéfié (GNL) de 7 % sur le dernier trimestre. Elle a même grimpé de 9 % sur l’année, portant la production d’hydrocarbures (hors Novatek) en légère progression de 2 % sur l’année 2023, avec 2,48 millions de barils par jour.

Au total, le résultat opérationnel net ajusté de l’exploration-production s’affiche à 10,9 milliards de dollars au titre 2023, en baisse de 37 %, "principalement en raison de la baisse des prix du pétrole et du gaz", a donc souligné le groupe. Si la production d’hydrocarbures pour le GNL a bien augmenté en 2023, ses ventes ont néanmoins ralenti sur la période. La faute à une baisse des achats spots, a expliqué le groupe, en réponse à un hiver plus doux en Europe et à des niveaux de stock élevés qui ont pesé sur la demande. Le résultat opérationnel net ajusté du secteur GNL (Integrated LNG) retombe quant à lui à 6,2 milliards de dollars (-44 %, hors Novatek toujours), au regard d’un environnement exceptionnel rencontré en 2022 du fait de la crise énergétique en Europe.

 

Un modèle intégré qui porte ses fruits

 

Du côté de la production d’électricité, les résultats tirent quant à eux leur épingle du jeu. Certes, la production nette d’électricité est restée quasi-stable sur l’année, à 33,4 TWh. Mais "la baisse de la production des centrales électriques flexibles, qui avaient connu une utilisation exceptionnelle en 2022 en Europe du fait de la crise énergétique, a été plus que compensée par la hausse de la production d’électricité à partir de sources renouvelables [en hausse de 82 % sur l’année, à 18,9 TWh ndlr], compte tenu de l’intégration à 100 % de Total Eren, de la contribution de Clearway aux Etats-Unis et de Casa dos Ventos au Brésil", a indiqué la major. Ce qui se ressent sur les comptes : le résultat opérationnel net ajusté du secteur "Integrated Power" a bondi de 90 % au titre de l’exercice 2023, à près de 2 milliards de dollars. Le reflet de la pertinence du modèle intégré du groupe sur la chaîne de valeur de l’électricité, a tenu à rappeler celui-ci : renouvelables, génération électrique pilotables à partir de centrales à gaz (CCGT), négoce et marketing B2B et B2C. Et plusieurs acquisitions ont notamment été annoncées sur ce segment dans l’année (au Texas et en Allemagne).

Enfin, le secteur du raffinage et de la chimie a vu son résultat opérationnel net ajusté se réduire de 36 % en 2023, à 4,6 milliards de dollars. En cause, un dernier trimestre témoin de la baisse des marges de raffinage, avec les maintenances planifiées et arrêts non planifiés dans un certain nombre de raffineries. Et, enfin, avec la faiblesse de la demande pétrochimique – tout particulièrement en Europe.

 

Les actionnaires récompensés

 

Fort de la progression de son résultat net, TotalEnergies a par ailleurs décidé de gratifier ses actionnaires. Le groupe a confirmé une politique de retour à ses investisseurs visant un cash pay-out supérieur à 40 % de ses cash-flows, "combinant une augmentation des acomptes sur dividende de 6,8 % à 79 centimes d’euros par action et des rachats d’actions pour 2 milliards de dollars sur le premier trimestre de 2024", a précisé la compagnie. Le dividende ordinaire total distribué au titre de l’exercice 2023 sera ainsi porté à 3,01 euros par action, soit une hausse de 7,1 % par rapport à celui versé pour 2022.

Pour l’année à venir, les marchés du pétrole et du GNL resteront incertains, mais la production d’hydrocarbures attendue devrait être soutenue par le démarrage du champ de Mero 2 au Brésil. Le groupe anticipe qu’elle grimpera de 2 % par 2023, hors Canada, bénéficiant des démarrages additionnels au Danemark et aux États-Unis. Le secteur "Integrated Power" devrait quant à lui poursuivre sa croissance, tandis que la compagnie prévoit des investissements de 5 milliards de dollars qui lui seront dédiés (sur une enveloppe d’investissements nets de 17 à 18 milliards de dollars en 2024). De quoi se rapprocher de ses objectifs à horizon 2030 ? Pour mémoire, la feuille de route de TotalEnergies vise à produire plus de 100 térawattheures d’électricité renouvelable à horizon 2030. Plus avant, d’ici à 2025, ce sont 35 gigawatts (GW) d’électricité bas-carbone - contre 22 GW aujourd’hui - qui devraient être produits, pour une capacité de stockage dans le monde visée à 100 GW en 2025.

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