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Siparex poursuit sa trajectoire vers les 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion / Le "nerf de la guerre" des cessions va s’accélérer en 2024
Siparex a fait preuve de résilience en 2023. Dans un contexte de ralentissement du private equity après dix années de croissance ininterrompue, le spécialiste français indépendant du capital-investissement a certes vu ses indicateurs ralentir au milieu d’une conjoncture économique délicate. Notamment en ce qui concerne ses levées de fonds : elles se sont élevées à près de 500 millions d’euros l’an dernier, quand le groupe présidé par Bertrand Rambaud était parvenu à collecter 700 millions d’euros en 2022.
"C’est une réalité, lever des fonds est plus difficile depuis un an", a reconnu le dirigeant en présentant mardi le bilan de la société. Un contexte dans lequel Siparex a tiré profit de sa stratégie de diversification pour résister, notamment au travers de TiLT Capital, sa plate-forme de capital-croissance dédié à la transition énergétique, dont le premier fonds a dépassé son hard cap pour atteindre 320 millions d’euros. La thématique Midcap n’a pas démérité non plus avec un fonds Siparex Midcap 4 qui a dépassé sa taille cible avec 260 millions d’euros en moins d’un an, tandis que la thématique ETI a porté la capacité d’investissement de son cinquième millésime de 450 à 500 millions d’euros.
Un métier qui se polarise
Sans être à l’arrêt, le marché a connu l’an dernier un ralentissement à tous les niveaux. Outre les levées de fonds, les investissements ont diminué également, passant de 440 millions d’euros en 2022 à 380 millions d’euros, tandis que les cessions reculaient à 270 millions d’euros, contre 400 millions d’euros un an plus tôt. Là encore avec des disparités entre les classes d’actifs. "Le métier se segmente, se polarise beaucoup. La vérité d’une ligne de métier n’est pas celle d’une autre", a souligné Bertrand Rambaud.
En matière d’investissement par exemple, Siparex Midcap a été peu affecté par le ralentissement général avec 30 millions d’euros investis dans trois sociétés. Porté par la progression des opérations sponsorless, Siparex Mezzanine, a réalisé également un bon niveau d’investissement de 40 millions d’euros dans les sociétés Kitsuné, HB Aesthetics, Ekstend et Distriwatt. Tandis que TiLT a continué de bénéficier d’un important dealflow sur le marché porteur de la transition énergétique.
Sur le front des cessions, Siparex ETI en a notamment réalisé deux belles pour un montant de près de 100 millions d’euros avec les sociétés NG Travel et Synchrone, Siparex Midcap a désinvesti un montant de 70 millions d’euros, et Siparex Mezzanine et Siparex Entrepreneurs ont également réalisé une bonne année avec respectivement 45 millions d’euros et 40 millions d’euros de cessions.
L’un des points à retenir de l’année écoulée dans ce contexte est la bonne santé des entreprises du portefeuille. Hors TiLT et XAnge, les participations du groupe ont enregistré une croissance moyenne de leur chiffre d’affaires de 16 % l’an dernier, celles des portefeuilles XAnge et TiLT ont affiché des hausses respectives de 70 % et 27 %. En apportant des moyens renforcés et en accompagnant au plus près les dirigeants d’entreprise, Siparex a d’ailleurs permis aux entreprises de son portefeuille de réaliser une soixantaine d’opérations de croissances externes, représentant un chiffre d’affaires additionnel de 470 millions d’euros.
Un milliard d’euros de poudre sèche
En termes de trajectoire, le groupe lyonnais indépendant de capital investissement poursuit ainsi sa montée en puissance vers les 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Il se situe désormais à 3,7 milliards fin 2023, après avoir quasiment doublé le montant de ses actifs sous gestion au travers de ses différentes stratégies en l’espace de quatre ans.
Se tournant vers 2024, Siparex affiche un certain optimisme. Le groupe envisage "un environnement plus favorable [avec des] volumes d’activité sur le marché [qui] devraient reprendre progressivement", estime Bertrand Rambaud. Et si cela risque de se faire dans un environnement un peu dégradé sur le plan des valorisations, "cette baisse est assez saine parce qu’elle va rapprocher acheteurs et vendeurs qui s’étaient un peu éloignés ces derniers mois", a ajouté le dirigeant.
Plus particulièrement, l’année qui débute devrait être "beaucoup plus soutenue" en matière de cessions, prévoit Bertrand Rambaud, ce qui, rappelle-t-il, est "tout de même le nerf de la guerre : retourner du cash à nos investisseurs". Dans le même temps, les investissements devraient se situer "dans la continuité" de 2023, estime-t-il. Par ailleurs, avec un drypowder de plus d’un milliard d’euros, Siparex dispose d' "une vraie force pour saisir les opportunités" dans un marché où la liquidité se fait plus rare, a souligné le président de Siparex.
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