Fonds d'investissements / Siparex / Bertrand Rambaud / TiLT / XAnge Digital
Fonds d'investissements
Siparex / Bertrand Rambaud / TiLT / XAnge Digital
Le fonds Siparex poursuit sa montée en puissance / La firme de private equity a levé 700 millions d’euros l’an dernier
Un excellent millésime. La dégradation de l’environnement économique n’a pas empêché l’an dernier Siparex de demeurer très actif. Le fonds créé en 1977 a porté ses encours sous gestion à 3,2 milliards d’euros, réalisant 700 millions d’euros de levées de fonds, non loin finalement du record de 800 millions d’euros atteint en 2021 dans un environnement qui était déjà compliqué.
La finalisation, à leur hard cap, des closings de nombreux fonds, dont Siparex ETI 5 (450 millions d’euros) ou XAnge Digital 4 (220 millions d’euros), témoigne d’un intérêt toujours fort des investisseurs. Un constat qui s’applique également aux levées en cours. En moins de quatre mois, Siparex Midcap 4 a réalisé un premier closing à 160 millions d’euros atteignant ainsi 95% de la taille du fonds précédent. De même, le fonds de transition énergétique TiLT Capital Fund 1 a réussi son lancement avec un premier closing de de 170 millions d’euros. Cela peut paraître simple mais "de bonnes stratégies et de bonnes performances permettent toujours de trouver des capitaux", explique à WanSquare Bertrand Rambaud, président du Siparex.
"L’industrie du private equity demeure solide. Elle montre sa résistance et reste évidemment nécessaire au financement de l’économie", souligne le dirigeant. Pour un acteur comme Siparex, "il s’agit de figurer parmi les meilleurs dans un marché qui devient plus exigeant", ajoute-t-il. Ce dont de nombreux investisseurs institutionnels familiaux et fonds de fonds sont toujours convaincus, étant restés fidèles l’an dernier à Siparex. La firme de private equity a également bénéficié pour ses levées de fonds du renfort de Siparex Associés, réunissant les actionnaires et les principaux investisseurs des fonds gérés, à la suite de l’augmentation de ses capacités de sponsoring des fonds du groupe en 2021.
1,2 milliard d'euros de poudre sèche
A fin décembre, Siparex disposait ainsi d’une force de frappe importante. La "dry powder" ou poudre sèche de l’entreprise de capital investissement s’élevait à 1,2 milliard d’euros. Ce n’est pas faute d’avoir investi massivement l’an dernier. Siparex a réalisé en 2022 un volume d’investissement record de 440 millions d’euros, en augmentation de près de 50 % par rapport à 2021. Une envolée découlant de plusieurs facteurs. "Les deux tiers de cette hausse proviennent du fait que nous avons lancé en 2021 de nouvelles stratégies qui ont porté leurs fruits et généré des investissements en 2022", explique Bertrand Rambaud.
Ces nouvelles stratégies sont notamment représentées par l’équipe de transition énergétique TiLT, qui a réalisé ses trois premiers investissements, mais aussi par le Fonds France Nucléaire, géré pour le compte d’EDF, qui a déployé 20 millions d’euros. L’équipe Mezzanine a par ailleurs investi 50 millions d’euros dans trois opérations via le fonds d’Obligations Relances "Groupement Territoires de Croissance". Lancées par l’Etat, ces obligations créées par le plan Relance, font partie de l’arsenal visant à renforcer la situation financière des PME et ETI au sortir de la pandémie.
Le tiers restant de la hausse s’explique par le fait que "nous gérons des fonds plus gros en prenant des positions capitalistiques plus importantes et plus souvent majoritaires", ajoute Bertrand Rambaud. Exemple, la société Wincare, leader des lits médicalisés en France, au chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros, dans laquelle Siparex a investi une première fois en 2021, pour réinvestir en 2022. Le dirigeant cite également "Clayens, groupe spécialisé dans l’injection plastique, que nous avons accompagné pendant quatre ans, une belle histoire que nous avons cédé à un fonds américain tout en restant présent au capital". Autre belle entreprise, Jacky Perrennot, l’un des principaux groupes indépendants dans le secteur du transport en France, avec un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, "qui a réalisé beaucoup d’acquisitions depuis notre entrée au tour de table".
Cap maintenu vers les 5 milliards d'euros d'actifs sous gestion
Les cessions ont été un peu moindre qu’en 2021 en revanche. La raison principale en est "la baisse des cessions dans l’innovation qui ont connu des années exceptionnelles puis un net ralentissement avec le retrait notamment des capitaux nord-américains à partir de novembre 2021", explique Bertrand Rambaud. A l’inverse, les stratégies Equity ont connu de fortes progressions, permettant de récupérer une large partie de la baisse du Venture Capital. In fine, "les 400 millions d’euros de cessions enregistrées en 2022 ont été constituées de façons assez différentes de 2021", observe le dirigeant.
Pour 2023, Siparex maintient le cap, continuant à déployer ses capitaux, tandis que des opérations de cessions sont en cours, signe d’un marché toujours actif. La hausse des taux d’intérêt n’empêche par les opérations. "Nous trouvons toujours du financement bancaire, même si, logiquement, cela coûte plus cher", indique Bertrand Rambaud. Au-delà, l’objectif d’atteindre 5 milliards d’euros d’encours sous gestion, envisagé pour 2025 initialement, est toujours d’actualité. "Peut-être cela prendra-t-il un an de plus pour l’atteindre mais nous gardons ce cap", ajoute le dirigeant.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

