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Fin du « super cycle post-covid » pour Pernod Ricard / Un recul qui reflète une normalisation du marché
Rien de grave, il ne s’agit que d’une normalisation des ventes. Pour son premier semestre en exercice décalé, Pernod Ricard a enregistré un chiffre d’affaires en recul de 3 % (-7 % en facial) à 6,59 milliards d’euros. Son résultat opérationnel courant (ROC) s’est élevé quant à lui à 2,144 milliards d’euros, en baisse de 3 %.
La marge opérationnelle courante est en baisse de -152 points de base en facial, avec un effet devises négatif sur le ROC de -311 millions d’euros. Le bénéfice net part du groupe a chuté de 12 % en facial, à 1,569 milliard d’euros. L’on notera cependant que la marge brute est en forte croissance interne, gagnant 126 points de base, "grâce à une très bonne stratégie de gestion des revenus, un fort effet de prix et une discipline en matière de coûts", s’est félicité le patron du groupe, Alexandre Ricard ajoutant que ces performances, selon lui, solides, marquent simplement "la fin du super cycle post-covid ".
Recul des ventes partout sauf en Inde
Un constat visible notamment aux Etats-Unis, marché ô combien stratégique pour l’entreprise, où les revenus du groupe ont perdu 7 % en un an. "L’un des facteurs a été l’ajustement des inventaires et notamment au niveau des ventes au détail avec des taux d’intérêt élevés et donc un coût d’inventaire élevé ", a-t-il expliqué lors d’une conférence téléphonique. Une amélioration au second semestre est cependant attendue grâce à une forte exécution de marques et ce, malgré de nouveaux ajustements d’inventaires.
Autre marché stratégique en recul : la Chine où le chiffre d’affaires a perdu 9 % par rapport à la même période l’année dernière, la demande du consommateur ayant été là aussi mitigée dans un environnement macroéconomique difficile. "Les distributeurs ont un sentiment de prudence en amont du nouvel an chinois", a prévenu le président-directeur général. Sur le Vieux continent, les revenus se sont également affichés en recul de 4 %. "Pour l’Europe, nous constatons une bonne résilience hors Russie et notamment une forte croissance en Europe de l’Est tirée par la Pologne et une résilience en Europe de l’Ouest avec l’Allemagne qui compense une performance moins dynamique en France et au Royaume-Uni", a-t-il précisé.
Le chiffre d’affaires du travel retail mondial est lui aussi en berne, perdant 3 % sur un an. "On a vraiment une normalisation du trafic passager qui a atteint environ 95 % du niveau pré-Covid mais les voyages depuis la Chine restent modérés. Nous attendons aussi une forte croissance au second semestre ", a-t-il précisé.
Pas d’étincelles prévues cette année
Au final, seule l’Inde permet à l’entreprise d’enregistrer un gain de 4 % par rapport à la même période l’année dernière, grâce à une demande solide pour les spiritueux et une très forte croissance des marques Jameson, Absolut et The Glenlivet. "On voit une claire premiumisation du marché indien ", a constaté Alexandre Ricard qui s’attend à une croissance très forte au second semestre dans la région.
Malgré ce premier semestre difficile et compte tenu de son excellent exercice précédent, Pernod Ricard se dit cependant confiant sur sa capacité à moyen terme à viser une croissance du chiffre d’affaires dans le haut de la fourchette comprise entre +4 % et +7 % ainsi qu’une expansion de la marge opérationnelle courante de +50 à +60 points de base.
Pour son exercice 2023-2024, il anticipe un chiffre d’affaires dynamique sur le second semestre en amélioration par rapport aux six premiers mois, et stable par rapport à l’année dernière sur l’ensemble de l’exercice.
Ses niveaux d’investissements en stocks stratégiques devraient être similaires à l’exercice précédent et des investissements en CAPEX d’environ 800 millions d’euros.
Le groupe a par ailleurs confirmé s’attendre à une croissance interne de sa marge opérationnelle courante sur l’ensemble de l’exercice 2023-2024. Le résultat opérationnel courant devrait afficher une croissance organique inférieure à un chiffre dans le bas de la fourchette.
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