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Banques / Assemblée générale / actionnaires / résultats financiers / BNP Paribas

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Assemblée générale / actionnaires / résultats financiers / BNP Paribas

Situation ubuesque à l’assemblée générale de BNP Paribas

Alors que BNP Paribas jouit d’une solide performance financière et comptait sur son assemblée générale pour lancer son plan stratégique destiné à participer au verdissement de l’économie, des militants climatiques sont venus perturber la réunion avec les actionnaires ce mardi matin. 
Jean Lemierre, président du conseil d'administration de BNP Paribas (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Jean Lemierre, président du conseil d'administration de BNP Paribas (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

La journée s’annonçait pourtant belle. Fort de ses résultats financiers, BNP Paribas s’attendait, ce mardi matin, à la tenue d’une assemblée générale sereine et calme, annonciatrice d’une nouvelle étape pour l’établissement bancaire avec la validation notamment de son plan stratégique GTS 2025 (Growth, Technology, Sustainability) par les actionnaires. Il en fut tout autrement.  

L'assemblée générale a basculé une heure à peine après le début de la réunion au Carrousel du Louvre, et alors que Laurence Pessez, directrice RSE du groupe, commençait à expliquer la stratégie de la banque en matière d'accompagnement de ses clients, tant particuliers qu’entreprises ou institutionnels, à prendre le virage de la transition énergétique et les ambitions propres du groupe pour 2025.

 

Verdissement de l'économie

 

Le volet Sustainability du plan stratégique 2025 tend à favoriser le déploiement de la finance durable. Ainsi, 350 milliards d’euros seront mobilisés d’ici 2025 au travers d’activités de crédits et d’émission obligataires durables, liées aux sujets environnementaux et sociaux avec l’objectif d’atteindre 300 milliards d’euros d’investissements responsables et durables gérés à cette date. “L’un de nos axes pour y parvenir sera d’aligner nos portefeuilles sur notre engagement de neutralité carbone en réduisant les financements pour les secteurs les plus fortement émetteurs d’émissions de CO2”, s’est félicité Laurence Pessez.   

Il n’en fallait pas moins pour déclencher la colère des militants d’associations de défense de l’environnement hurlant au “greenwashing” et rendant la tenue de l’assemblée générale difficile jusqu’à son terme. Objet de leur fureur : le financement supposé des énergies fossiles par le groupe et notamment la signature, en avril, aux côtés de onze autres établissements bancaires d’un “chèque en blanc” de 8 milliards de dollars à TotalEnergies pour “besoins généraux de financement” qui devrait servir, selon les ONG, à financer de nouveaux projets pétroliers.  

Des reproches qu’ont eu du mal à comprendre les dirigeants de la banque présents, restés pantois face aux évènements, tant le groupe souhaite au contraire se montrer exemplaire. “Les enjeux liés au climat constituent une priorité qui s’impose à tous. BNP Paribas entend apporter sa contribution pour la transition énergétique. Les évènements en Ukraine nous montrent qu’il faut sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Les acteurs financiers doivent soutenir le verdissement de l’économie ”, avait annoncé, en introduction, le président du conseil d’administration de la banque Jean Lemierre.  

 

Hors sujet

 

Interrogé sur le sujet au moment de la séance de questions-réponses, Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de la banque, a expliqué : “Cette ligne de crédit n’était absolument pas liée à un projet de financement mais servait uniquement à donner de la liquidité au marché de l’énergie dans un contexte de hausse des prix et était destinée à faire fonctionner les marges de l’électricité du gaz et du pétrole”. De plus, à la question de savoir si BNP Paribas voterait la résolution environnementale lors de l’Assemblée générale de TotalEnergies, le dirigeant a répondu par la négative : “Notre société n’est pas actionnaire du groupe Total. A ce titre, nous ne votons pas aux assemblées générales”. 

Pressé d’en finir et déçu de la tournure des événements, Jean Lemierre a rapidement conclu les débats pour passer aux votes des résolutions. En attendant, les très bons résultats financiers du groupe sont totalement passés inaperçus. Avec 9,5 milliards d’euros de résultat net en 2021, soit une hausse de 34,3% sur un an et loin devant la Société Générale (5,6 milliards d’euros), BNP Paribas est la première banque européenne en 2021. Son coût du risque a baissé de plus de 2,7 milliards d’euros l'année dernière par rapport à 2020 alors que sa structure financière est plus que solide. BNP Paribas dispose d’une réserve de liquidité immédiatement disponible de 452 milliards d’euros en 2021, de quoi faire rougir plus d’une entreprise. 

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