WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / Google / Intelligence artificielle / Hub / Sundar Pichai

Evenements
Google / Intelligence artificielle / Hub / Sundar Pichai

Google prend de nouveau ses quartiers à Paris pour développer l’IA française / L'écosystème tricolore a décidément de nombreux atouts à faire valoir

Le géant américain a inauguré, jeudi, un nouveau centre de recherche et développement pour l’intelligence artificielle française. Un de plus. Paris attire les investissements et les entreprises, forte de chercheurs réputés et de pépites championnes en la matière.
Sundar Pichai, PDG d’Alphabet et de Google et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, à l'inauguration du hub (© Google)
Sundar Pichai, PDG d’Alphabet et de Google et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, à l'inauguration du hub (© Google)

Paris se fait la part belle dans l’intelligence artificielle (IA). Après le laboratoire Meta qui avait pris racine dans la capitale en 2015, ceux du japonais Fujitsu, du coréen Samsung ou encore de l’américain IBM, et quelques mois après l’ouverture du centre de recherche Kyutai, sous l’impulsion de Xavier Niel, Rodolphe Saadé et Eric Schmidt, c’est au tour de Google d’avoir choisi Paris pour faire grandir l’écosystème français.

Le géant américain, qui y possède déjà des bureaux, a en effet inauguré un hub dédié à l’IA ce jeudi, niché au cœur du IXème arrondissement. Le but : développer la recherche scientifique française en la matière tout en accompagnant ses applications dans le tissu économique de l’Hexagone. Et cela à la faveur de quatre leviers.

Tout d’abord, évidemment, il s’agira de créer un lieu de développement de produits d’IA en France. Il rassemblera une solide équipe de 300 collaborateurs, composée de chercheurs et d’ingénieurs de la Big Tech (notamment issus de Google DeepMind ou Google Research ainsi que des équipes de développement de YouTube et Chrome).

 

Soutenir les PME

 

Deuxième moyen d’action de ce laboratoire : devenir un catalyseur de partenariats académiques et de recherche. Sundar Pichai, le patron d’Alphabet et de Google, a notamment rendu visite au Musée Curie dans la foulée de l’inauguration du centre. L’occasion d’échanger avec les équipes de l’Université PSL et de l’Institut du Cancer des Femmes afin d’explorer les domaines de rencontres possibles entre la recherche sur le cancer et l’IA, puisque la seconde pourrait bien venir soutenir la première. Le géant américain compte aussi soutenir des projets de recherche en IA au CNRS, notamment en ce qui concerne les sujets de sécurité ou d’environnement.

Le troisième levier portera sur le fait de créer un lieu d’échange et de partage sur l’IA. Conférences, rencontres, masters classes, concours de projets pour les étudiants, les chercheurs, les start-ups… autant d’acteurs à faire émerger et qui auront donc un (autre) lieu pour se rencontrer.

Enfin, la formation sera mise à l’honneur afin que l’IA puisse se faire adopter plus facilement par les entreprises et les PME. Il faut dire que ces dernières peinent encore à prendre le virage numérique. Déjà engagée dans une transformation coûteuse sur ce plan, l’irruption soudaine de l’IA générative ne leur apparaît pas encore comme une opportunité ou une manière de se développer, au regard des nombreux autres défis auxquels elles doivent déjà faire face. Google estime ainsi que plus de 100 000 professionnels seront formés d’ici la fin de l’année 2025.

 

Une crédibilité française

 

Pas à pas, Paris s’érige ainsi en place incontournable de l’IA. Les investissements y affluent et les chercheurs les plus pointus y reviennent. En témoigne le développement de la pépite française Mistral AI, dont les fondateurs ont leurs premières armes chez les grandes sociétés technologiques américaines, ou encore le comité interministériel dédié à l’IA, composé d’experts français prouvant bien que la France a de nombreux atouts à faire valoir en la matière.

Et le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Bruno Le Maire de confirmer à cette occasion : "L’inauguration de ce nouveau hub Google est la preuve supplémentaire que la France est devenue le leader en Europe en matière d’intelligence artificielle et qu’elle attire les plus grandes entreprises du secteur. Nous disposons en effet des meilleurs scientifiques et des entreprises les plus prometteuses et la France est le seul pays à pouvoir fournir l’énergie décarbonée indispensable aux centres de données. Par ailleurs, notre pays défend un modèle technologique – l’open source – gage de pluralisme et d’indépendance. L’inauguration d’aujourd’hui confirme que la compétition pour nos talents sera féroce. Nous sommes prêts, avec nos pépites, à relever cette compétition, qui crédibilise le rang mondial de notre écosystème".

Tout ceci prend bien évidemment place dans un contexte où l’Union européenne vient d’approuver une réglementation unique en son genre, visant à encadrer les usages de cette technologie, en fonction des risques représentés : l’Artificial Intelligence ActLa France avait d’ailleurs joué des coudes afin d’éviter que l’innovation, en pointe dans l’Hexagone, ne se fasse brider par un texte trop contraignant. Sa mise en œuvre restera primordiale. Et les intérêts tricolores en matière d’IA, à l’échelle européenne, pourront compter sur la récente nomination de Jean-Noël Barrot au poste de ministre délégué chargé de l’Europe, bien au fait de ces problématiques pour avoir été en charge du portefeuille dédié au numérique, à Bercy, de juillet 2022 jusqu'au début du mois de février.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article