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stagner; 2021; 2024

Macro-économie / Taux / OFCE / pouvoir d'achat / France

Macro-économie / Taux
OFCE / pouvoir d'achat / France

Le pouvoir d’achat retrouverait des couleurs en 2024 / L’OFCE table sur une fin de la stagnation entamée en 2021

Les ménages français pourraient voir leur pouvoir d’achat gagner près de 1 % cette année. Un gain considérable au vu des cinq dernières années : entre fin 2019 et 2024 il est uniquement attendu une progression de 2,6 points. Une hausse par unité de consommation qui dépasse pourtant celle du Produit intérieur brut sur la période (0,2 point).
Rayons de supermarché. Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Rayons de supermarché. Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Le pouvoir d’achat, c’est au fond la rencontre d’un coût de la vie et de la rémunération d’un travail". Quelques semaines après cette déclaration, Emmanuel Macron, président de la République, a dû accueillir avec satisfaction les derniers chiffres de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). L’annonce par ce dernier d’une hausse attendue du pouvoir d’achat par unité de consommation (UC) en 2024 mettrait fin à une période où il s’était "stabilisé entre 2021 et 2023 (10 euros par an) durant l’épisode inflationniste".

Plusieurs raisons sont évoquées par l’institution pour expliquer la fin de cette mauvaise passe pour les ménages français. Le temps notamment produirait son effet puisque ce sont de "fortes revalorisations de prestations sociales en début d’année en raison du calendrier d’indexation" qui sont attendues pour l’année en cours. Des effets décalés notamment en début d’année avec une hausse de "5,3 % pour les retraites en janvier et 4,3 % pour les autres prestations".

Pour autant, tout ne s’explique par ce biais-là. Sur les 380 d’euros de hausse par UC, 190 sont expliquées par les revenus du patrimoine et une hausse du salaire réel de l’ordre de 0,8 % est attendue cette année. Ce dernier point ne devrait pas empêcher les revenus du travail de jouer "légèrement négativement (-40 euros)" sur la période, étant donné que la "contraction de l’emploi et la baisse des revenus des indépendants feraient plus que compenser" l’augmentation évoquée. En ce qui concerne l’arrêt des mesures exceptionnelles protégeant le consommateur face à l’inflation, il est jugé que "cet effet négatif sur le pouvoir d’achat est compensé par la baisse des prix de l’énergie et le repli attendu de l’inflation en 2024".

 

Normalisation

 

Du côté des avoirs des ménages, l’OFCE évoque une "‘sur-épargne’ accumulée par les ménages depuis début 2020 (240 milliards d’euros courants), principalement financière, [qui] a été rognée par la perte de valeur réelle de l’encours du patrimoine financier en raison du retour de l’inflation […] en 2022 et 2023 ". Une réserve en moins pour les ménages pour augmenter leur pouvoir d’achat, sa disparition coïncidant cependant avec l’arrêt des décalages d’indexation qui leur étaient défavorables sur ce plan-là.

Stagnation n’a pas rimé avec égalité pour l’intégralité des ménages ; l’institution rappelant que " la dynamique macroéconomique du revenu et de l’inflation masque des situations hétérogènes au sein des ménages". L’inflation s’est établie à 12,3 % entre septembre 2021 et décembre 2023, cependant le panier de consommation "se serait renchéri de moins de 10,7 % pour 10 % des ménages les moins impactés et de plus de 13,9 % pour 10 % des ménages les plus exposés au choc". Les ménages ruraux et modestes souffrent davantage, là où les plus aisés, urbains et en emploi ont tiré leurs épingles du jeu et où les retraités ne l’ont pas fait.

Pour cette catégorie, les seuls à connaître "des gains de pouvoir d’achat sont ceux appartenant aux 10 % de ménages les plus aisés, mieux lotis en patrimoine". L’OFCE s’attend à ce que " l’intégration de la revalorisation des pensions de retraite de 5,3 % au premier janvier 2024 modifie […] sensiblement les résultats puisque celle-ci devrait contribuer à accroître de 2 à 3 points le pouvoir d’achat des ménages retraités".

 

 

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