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Casino / Daniel Kretinsky
Casino peut lancer sa restructuration financière expresse / Daniel Kretinsky sera aux commandes dès avril
Le verdict attendu a été rendu. La restructuration financière de Casino élaborée a l’été 2023 par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, associé à Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds britannique Attestor va pouvoir commencer. Dans ses jugements du 26 février 2024, le Tribunal de commerce de Paris a validé les plans de sauvegarde accélérée de Casino et de ses filiales concernées (Casino Finance, Distribution Casino France, Casino Participations France, Quatrim, Ségisor, et Monoprix), qu’il avait pu examiner à deux reprises lors des audiences du 5 février et du 12 février 2024.
Le suspense était quasi nul depuis le très large soutien apporté aux plans début janvier par les créanciers du groupe réunis en classe de parties affectées. Les autorisations accordées par les autorités de la concurrence des différents pays dans lesquels le distributeur est présent, pour sa prise de contrôle par le consortium de repreneurs, n’ont été que pure formalité. De même pour la décision rendue début février par la Commission Européenne autorisant l’opération au titre de la réglementation sur les subventions étrangères.
Les choses vont très vite s’enchaîner à présent. En l’absence de recours suspensif, improbable, l’ensemble des opérations prévues par la restructuration financière sera en effet réalisé d’ici le 27 mars prochain. En l’espace d’un mois, 4,9 milliards d’euros de dettes vont être convertis en capital. Un désendettement express qui va passer par la réalisation de cinq augmentations de capital, lesquelles seront réalisées à des prix d’émission très inférieurs au cours de bourse actuel et conduiront à une dilution extrêmement importante de la participation des actionnaires actuels au capital de la société.
Redonner du souffle
C’est une fois que cette conversion de l’intégralité des créances non sécurisées et d’une partie des créances sécurisées aura été réalisée que l’apport prévu de 1,2 milliard d’euros d’argent frais (new money) aura lieu. À l’issue de quoi le consortium des repreneurs détiendra 53,7 % du capital de Casino et en prendra le contrôle. De leur côté, les créanciers en récupéreront environ 46 %, dont 43,9 % pour les créanciers sécurisés et 1,8 % pour les créanciers non sécurisés, tandis que les actionnaires actuels ne détiendront plus qu’environ 0,3 % du capital.
Dès avril, une fois le bilan du groupe assaini, c’est à Philippe Palazzi, l’ancien patron des opérations du distributeur allemand Metro, que Daniel Kretinsky a confié la lourde tâche de redresser les ventes du distributeur, succédant à Jean-Charles Naouri, PDG et principal actionnaire du distributeur depuis le début des années 90. Sous la houlette de son nouveau patron, le groupe "mettra en œuvre un plan ambitieux de réorganisation, d’investissement et de modernisation pour asseoir le développement des enseignes du groupe", a rappelé lundi le consortium de repreneurs. "Le moment va maintenant venir de redonner des moyens et par là même du souffle au groupe Casino, redimensionné, réorganisé et désendetté ", a souligné pour sa part Daniel Kretinsky.
Pour gagner du temps, une partie de ce travail a déjà été accomplie avant même la prise de commandes de ses nouveaux dirigeants. Casino s’est déjà recentré sur ses formats les plus viables économiquement avec l’annonce fin janvier de la vente à Auchan et Intermarché de la quasi-totalité du périmètre de ses hypermarchés et supermarchés, soit 288 magasins au total. C’est sur les formats de proximité, c’est-à-dire les enseignes Monoprix, Franprix et les supérettes de proximité de province (Petit Casino, Spar, Vival) que la nouvelle équipe de direction portera donc son effort, avec pour ambition de regagner les importantes parts de marché perdues sur la concurrence.
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