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Des records et deux acquisitions pour Edenred / Comment le groupe veut encore accélérer sa croissance dans les marchés sous-pénétrés
Une bonne définition de la croissance. L’année dernière, Edenred a enregistré de nouveaux records : 2,514 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+23,7 % sur un an), 1,094 milliard d’excédent brut d’exploitation (EBITDA, +30,7 %) pour une marge de 43,5 % en progression de 2,3 points en données publiées, et 905 millions d’euros de free cash-flow (+27,3 %) reflétant un taux de conversion d’EBITDA en free cash-flow de 83 %. "Des niveaux historiques tant en croissance qu’en valeur absolue et une croissance à deux chiffres visibles aussi sur toutes nos lignes de métiers. C’est le résultat de notre capacité à croître ", s’est félicité ce mardi matin, Bertrand Dumazy, président-directeur général d’Edenred, lors d’une conférence de presse.
Une croissance à deux chiffres partout
De fait, le chiffre d’affaires opérationnel de la ligne "Avantages aux salariés", représentant 63 % du chiffre d’affaires opérationnel du groupe (2,311 milliards d’euros), s’est établi à près d’1,5 milliard d’euros en 2023, en progression de 25,7 % en données publiées, grâce notamment à l’acquisition de Reward Gateway. "Au-delà des titres-repas, la performance a également été portée par la forte attractivité des solutions Beyond Food qui répondent de façon pertinente aux besoins des entreprises de renforcer l’engagement de leurs salariés, en particulier dans le contexte actuel de pouvoir d’achat contraint et de guerre des talents", a-t-il précisé.
Sa ligne "Mobilité", 25 % de l’activité d’Edenred, a vu son chiffre d’affaires opérationnel atteindre les 577 millions d’euros l’année dernière, une hausse de 16,2 % en données comparables et de 7 % en données publiées. "Cette progression reflète le succès continu de la stratégie Beyond Fuel, soutenue par l’attractivité des solutions de maintenance, de péage ou de services financiers à destination des gestionnaires de flottes de véhicules", a expliqué le spécialiste des solutions de paiements. L’on notera d’ailleurs, que l’offre de maintenance a enregistré une forte croissance au Brésil, pays où Edenred accélère également le développement de son offre de péage au travers de la signature d’un partenariat entre Edenred Greenpass, émetteur de solutions de télépéage et Nubank, la première néobanque d’Amérique latine.
Enfin, le chiffre d’affaires opérationnel des "Solutions complémentaires" (services de paiement aux entreprises, récompenses, etc), soit 12 % de l’activité du groupe, s’élève à 285 millions d’euros en 2023, en hausse de 12,5 % en données publiées.
Un investissement continu dans sa plateforme
Une croissance qui s’affiche aussi à deux chiffres dans toutes les zones géographiques où le groupe est présent : "Elles dépassent les 15 % en Europe, en Amérique latine, et dans la partie reste du monde", s’est félicité pour sa part Julien Tanguy, le directeur financier d’Edenred.
Dans ce contexte, le groupe aborde 2024 avec confiance et vise une croissance de l’EBITDA supérieure à 12 % et un taux de conversion free cash-flow sur EBITDA supérieur à 70 %. Et l’on voit mal ce qui pourrait empêcher l’entreprise d’atteindre les 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2030, annoncés lors de la présentation de son plan stratégique Beyond en octobre 2022. D’autant qu’Edenred ne lésine pas sur les investissements. En 2023, au-delà de ses opérations de croissance externe, ce sont encore 480 millions d’euros qui ont été investis dans sa plateforme intégrée qui réunit désormais 60 millions de clients dans le monde. "Ces investissements organiques devraient croître à deux chiffres en 2024 pour dépasser les 500", a répondu Bertrand Dumazy interrogé par WanSquare.
Des acquisitions stratégiques très ciblées
Mais ce n’est pas tout. En marge de la présentation de ses résultats, le groupe a également annoncé deux acquisitions, dont les montants n’ont cependant pas été dévoilés. La première est Spirii, plateforme Saas européenne de recharge des véhicules électriques (dont le chiffre d’affaires 2024 est attendu compris entre 25 et 390 millions d’euros), localisée à Copenhague au Danemark. Une opération qui devrait lui permettre d’étendre son offre dans la mobilité électrique à destination des gestionnaires de flotte de véhicules.
Par ailleurs, la seconde concerne la société RB, plateforme spécialisée dans les avantages liés aux déplacements des salariés au Brésil (plus de 100 millions de reals brésiliens de chiffre d’affaires en 2023, soit environ 18 millions d’euros). "Cette acquisition vise à renforcer notre offre Avantages aux salariés au Brésil au-delà des solutions de restauration et d’alimentation. En effet, au Brésil, la prise en charge des trajets en transport en commun par les entreprises est un avantage obligatoire qui vise à garantir la mobilité des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail. Environ 30 % de la population active brésilienne utilise les transports en commun pour se rendre au travail et bénéficie à cet égard de titres de transport. Cette opération permet donc à Edenred d’améliorer sa proposition de valeur dans le domaine de la mobilité des salariés tout en renforçant sa présence sur le segment des PME", a poursuivi Bertrand Dumazy. D’autres acquisitions très ciblées devraient être annoncées en 2024.
À noter également que Reward Gateway sera introduit en Belgique, en France et en Italie au courant du deuxième trimestre cette année.
Explications sur l’Italie
Interrogé sur l’ouverture d’une enquête judiciaire en Italie concernant un appel d’offres datant de 2019 et qui lui a fait perdre mercredi dernier 1,5 milliard d’euros de capitalisation boursière, Bertrand Dumazy s’est voulu rassurant. "Je prends ce sujet très au sérieux. Il s’agirait d’un défaut de procédure avec des documents qui n’auraient pas été remis lors de l’appel d’offres sur un lot concernant des titres-repas. Un lot que nous avons depuis rendu. Il faut savoir que l’Italie a la particularité juridique de pénaliser les affaires mais il s’agit du vocabulaire de l’instruction. L’ouverture de ce dossier n’empêche en au cas Edenred de répondre à de nouveaux appels d’offres. Si je reste donc confiant, nous allons néanmoins réétudier nos process pour les ajuster si besoin", a confié le patron d’Edenred.
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