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BFI, banque d'investissement, M&A, IPO, fusions-acquisitions

Professions financières / Spac / BFI / Banque d'affaires / M&A / acquisitions

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Le Spac attise les appétits en France

Certains voudraient rendre le cadre juridique hexagonal encore plus favorable à ce véhicule d’investissement.
Mediawan
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Si le soufflé des Special Purpose Acquisition Companies (Spac) est retombé aux Etats-Unis et qu’il tarde à prendre racine en Europe, certains aimeraient que les promoteurs de ce type de véhicules financiers (dont l’objectif est de lever des capitaux au moyen d’une introduction en Bourse, dans le seul objectif d’acquérir une société non cotée dans un laps de temps limité pour fusionner avec elle) trouvent en France bon accueil.

Face aux Etats-Unis, l’Europe fait pâle figure : les Spac ont connu une envolée en 2020 jusqu’à représenter 69% des introductions en Bourse (IPO) américaines au premier semestre 2021, soit… 345 opérations. En Europe, l’engouement est plus modeste : 2 véhicules (dont 1 en France) de ce type ont été cotés en 2020 et 23 au cours des neuf premiers mois de l’année (dont 4 à la Bourse de Paris). L’ensemble des Spac cotés sur les Places du Vieux continent représente une valeur d’entreprise de 35 milliards d’euros. Mais plusieurs sociétés européennes ont été acquises par des Spac américains à des prix stratosphériques… et se retrouvent, de ce fait, cotées aux Etats-Unis.

En Europe, Euronext Amsterdam est la Bourse qui a accueilli le plus de Spac, attirant y compris des candidats qui auraient eu vocation à se coter à Paris, comme Pegasus (sponsorisé par le gestionnaire français Tikehau, la famille Arnault et le banquier Jean-Pierre Mustier) et Odyssey Acquisition, réunissant les frères Zaoui, Jean Raby, Michel Combes et Olivier Brandicourt. Paris occupe une place honorable – l’Hexagone compte en tout 6 Spac, le premier étant Mediawan, levé en 2016, et deux de-Spac. En partie faute de concurrents. Mais ceux-ci réagissent. La Bourse helvétique a par exemple autorisé il y a deux semaines les Spac à être cotés en Suisse.

Le cadre en France est favorable au Spac : "chacune des étapes du cycle de vie de la Spac [constitution, fonctionnement avant acquisition, opération de "de-Spac", c’est-à-dire de fusion avec la cible après acquisition] peut être retranscrite par les mécanismes déjà inscrits dans notre droit national. Un droit d’une grande souplesse qui offre d’ores et déjà un cadre propice à la prévention des risques qui y sont attachés", explique ainsi le Club des juristes, qui a constitué un groupe de travail sur le thème présidé par Jean Arthuis, dont les conclusions viennent d’être publiées.

Mais l’association propose des améliorations pour que la Place de Paris maintienne une certaine avance et rattrape Amsterdam. En particulier l’établissement d’un prospectus standardisé, l’aménagement des règles de gouvernance édictée par le code Afep-Medef, l’introduction du droit de vote plural au sein des sociétés cotées et la révision de règles relatives aux augmentations et aux délégations de capital.

Les risques ne sont toutefois pas absents de ces véhicules d’investissement, reconnaît le rapport, que plusieurs cas aux Etats-Unis ont montré : des risques intrinsèques, notamment de gouvernance entre les investisseurs du Spac et ses promoteurs, mais aussi liés à l’explosion des IPO de Spac en deux ans outre-Atlantique. Ainsi, 44% des Spac introduits sur les Bourse américaines en 2017 étaient encore à la recherche d’une acquisition à l’automne 2020 – que dire alors de la pléthore de ces sociétés qui se retrouvent sur le marché depuis l’année dernière et qui accentuent le déséquilibre offre/demande. Post de-Spac, les déceptions existent aussi : 35% de perte de valeur a été observée en moyenne au cours des 12 mois qui ont suivi l’acquisition entre janvier 2019 et juin 2020. Et le phénomène pourrait s’amplifier puisque le nombre de Spac actuellement à la recherche d’une cible poussera immanquablement nombre d’entre eux à acquérir des sociétés de moindre qualité.

Les banquiers d’affaires, sollicités à double titre par les Spac, au moment de l’IPO et au moment de l’acquisition et du de-Spac, sont plus sereins. "Le phénomène ne prendra pas en Europe l’ampleur qu’il a connue aux Etats-Unis. Il est important de l’avoir dans la boîte à outils pour nos clients, mais nous ne poussons pas particulièrement cette solution", confiait récemment l’un d’entre eux à WanSquare.

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