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Spac / Transition / Erik Maris
Le Spac Transition atteint sa cible
Sans connaître l’effervescence des Etats-Unis, les Spac (Special purpose acquisition companies, coquilles vides cotées dans le but d’acquérir une société dans un secteur donné) se positionnent en Europe – en particulier en France – comme un outil de plus dans la panoplie des banquiers d’affaires pour leurs clients investisseurs comme entreprise.
En témoigne le succès de la levée de fonds effectuée par Transition, le Spac créé et promu par l’ex-banquier d’affaires Erik Maris, Xavier Caïtucoli (cofondateur de Direct Energie) et Fabrice Dumonteil (fondateur de la société de gestion Eiffel Investment) - qui appartient au groupe Impala de Jacques Veyrat - et qui promet de faire émerger un champion de la transition énergétique. Annoncé le 16 juin, Transition a été admis hier sur Euronext Paris après avoir levé 215 millions d’euros auprès d’investisseurs qualifiés. L’objectif – qui était de lever plus de 200 millions – est donc rempli en quelques jours : 21,5 millions d’unités ont été émises au cours de référence de 10 euros au terme d’un placement privé.
Il s’agit du huitième Spac coté sur les Bourses d’Euronext depuis le début de l’année. Et, signe que le produit n’est plus une mode exclusivement américaine, 80 % des investisseurs de Transition sont établis en Europe (le solde provenant d’outre-Atlantique). Par ailleurs Euronext accueillera dès vendredi un neuvième Spac, DEE Tech. Véhicule dédié à la technologie et qui cherchait à l'origine à lever entre 150 et 195 millions d’euros, son placement s’est clôturé hier à 165 millions d'euros.
Concernant la Bourse de Paris elle-même, DEE Tech est le troisième Spac coté depuis le début de l’année (le premier étant celui du groupe Accor) et le quatrième depuis 2MX Organic, le tout premier Spac français lancé en novembre 2020, notamment par Xavier Niel et Matthieu Pigasse, dans la distribution durable ou bio.
Autre signe que le Vieux continent se familiarise avec les Spac, la FSMA (l’autorité belge des marchés financiers) a émis une "opinion" dans laquelle elle a défini des normes minimales – première étape vers une légalisation de la cotation avec ces véhicules à la Bourse de Bruxelles.
On reste toutefois encore loin de l’engouement que connaît ce type de véhicule aux États-Unis, où certains Spac réussissent à lever et à réaliser des acquisitions de plusieurs milliards de dollars. Pas plus tard qu’hier, Embark Trucks, start-up américaine de logiciels pour camions à conduite autonome, a annoncé son acquisition par un Spac pour 5,2 milliards de dollars.
Le plus dur reste à venir pour les Spac européens. Car une fois coté, ils ont deux ans pour trouver une cible correspondant aux critères qu’ils ont eux-mêmes fixés. Pour l’instant, aucun d’entre eux n’a encore annoncé d’acquisition. "Les Spac sont en phase de recherche d’actifs. Si leur nombre devait encore augmenter, beaucoup risquent de chasser les mêmes deals", note un responsable de banque d’affaires à Paris. Et le délai de deux ans pourra paraître bien court à certains. "À l’approche de l’échéance des deux ans, les Spac qui n’auront pas trouvé de cible seront tentés de faire le grand écart vis-à-vis de leur promesse initiale", poursuit le professionnel, ce qui ne manquera pas de plonger leurs actionnaires dans le désarroi.
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