Macro-économie / Taux / Matières premières / Transition / AIE
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Matières premières / Transition / AIE
La juteuse chaîne de valeur des énergies renouvelables / Les besoins de matières premières sont toujours plus importants
La course à l’énergie propre s’accompagne d’un appétit pour des minerais qui ne le sont pas autant. À en croire le premier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur les marchés des minéraux critiques, le secteur de l’énergie se révèle particulièrement gourmand et "stimule une énorme demande de minéraux tels que le lithium, le cobalt, le nickel et le cuivre".
Sur la période allant de 2017 à 2022, la seule demande à cette fin "a été le principal facteur à l’origine d’un triplement de la demande globale de lithium, d’un bond de 70 % de la demande de cobalt et d’une augmentation de 40 % de la demande de nickel". Ce qui a pour conséquence d’attirer des flux d’investissements considérables et ce en plus de ceux entamés de longue date par certains États tels la Chine.
Course à l’armement
Si le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, estime qu’à "un moment crucial pour les transitions énergétiques propres dans le monde entier, nous sommes encouragés par la croissance rapide du marché des minéraux critiques, qui sont essentiels pour que le monde atteigne ses objectifs en matière d’énergie et de climat". Cela ne cache pas la concurrence exacerbée à laquelle se livrent les États pour assurer leur souveraineté énergétique, à la nuance près que "la forte croissance des dépenses consacrées par les entreprises au développement de l’approvisionnement en minéraux favorise l’accessibilité financière et la rapidité des transitions vers les énergies propres, qui seront fortement influencées par la disponibilité des minéraux essentiels".
Pour remédier à tout risque de manque de coordination, l’AIE essaye de se placer au-dessus de la mêlée et annonce qu’elle compte "jouer un rôle de premier plan […] en menant des recherches et des analyses de pointe et en réunissant des gouvernements, des entreprises et d’autres parties prenantes pour faire avancer les choses, notamment lors de son sommet sur les minéraux essentiels et l’énergie propre", ce dernier aura lieu à Paris le 28 septembre.
Retard à l’horizon
L’AIE n’exclut pas un scénario dans lequel " tous les projets de minerais critiques prévus dans le monde se concrétisent, [et où] l’offre pourrait être suffisante pour soutenir les engagements nationaux en matière de climat annoncés par les gouvernements ". Cependant le risque de retard des projets est toujours bien présent également et pour y palier il est avancé que "d’autres projets seront nécessaires d’ici 2030 dans un scénario qui limite le réchauffement de la planète à 1,5 °C".
L’impact écologique de la croissance n’est pas négligé par l’institution basée à Paris, puisqu’en ce qui concerne "les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), elles enregistrent des progrès mitigés ". Cela concerne tout particulièrement les "émissions de gaz à effet de serre [qui] restent élevées, avec à peu près la même quantité émise par tonne de minerai produite chaque année".
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