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Eiffage a tourné à plein régime en 2023 / Un carnet de commandes bien fourni et des investissements au menu

En dépit d’une conjoncture peu favorable à ses activités de construction, le spécialiste du BTP et des concessions a présenté des comptes solides au titre de l’exercice 2023. Et la signature de contrats d’envergure sera de (très) bon augure à moyen et long terme. Pour l’année à venir, si la progression de son activité de travaux sera peut-être moins dynamique d’un point de vue organique qu’en 2023, la progression de son résultat opérationnel devrait être soutenue par sa fructueuse branche dédiée à l’énergie. Du côté des concessions, le trafic est attendu en hausse. Mais reste à prendre en compte l’impact de la nouvelle taxe qui leur sera imposée.
Eiffage (Photo by Alain Pitton / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Eiffage (Photo by Alain Pitton / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

L’année 2023 aura été synonyme, pour les différentes branches d’activités d’Eiffage, de dynamiques contrastées. Pourtant, leur somme a permis au groupe de signer un exercice de bonne facture : le chiffre d’affaires a atteint plus de 21,8 milliards d’euros, soit une hausse de 7,4 %. Le résultat opérationnel courant s’est quant à lui apprécié de 8,6 % à 2,4 milliards d’euros, permettant à la marge correspondante de progresser légèrement de 10 points de base. Le bénéfice net a franchi la barre du milliard d’euros en progressant de 13,1 % sur un an. Surtout, le carnet de commandes a bondi : il s’affiche en hausse de 40 % par rapport à 2022, à 26 milliards d’euros. Les opérateurs de marché ont d’ailleurs accueilli la publication avec enthousiasme. Le titre gagne environ 4 % depuis l’ouverture de la Bourse de Paris et figure parmi les fortes progressions du SBF 120.

Dans le détail, le chiffre d’affaires de l’activité Travaux du spécialiste du BTP et des concessions (incluant la Construction, les Infrastructures et la branche Énergies Systèmes) a grimpé de près de 7,1 % en 2023, à 18,2 milliards d’euros. Une progression qui n’est pas à mettre en rapport avec la dynamique de la branche Construction. Car logiquement, en raison de la crise du secteur, son activité est en recul de 2,3 %, à 4,26 milliards d’euros, avec une baisse particulièrement marquée au sein de l’Hexagone. La chute du logement neuf en France n’aura ainsi été que partiellement compensée par la rénovation résidentielle et tertiaire, par la construction d’équipements publics ou encore l’investissement industriel. Le chiffre d’affaires de l’immobilier chute même de près de 25 %, à 820 millions d’euros.

 

Des contrats à 6 milliards d’euros

 

Mais Eiffage a pu compter sur le reste de ses branches d’activité pour insuffler un vent de dynamisme à sa division Travaux. Déjà, du côté des Infrastructures, la croissance du chiffre d’affaires dépasse 9 %, à environ 8 milliards d’euros. La progression a été particulièrement notable hors de France, dans la lignée de ce qui avait été démontré au premier semestre. Mais dans l’Hexagone, le groupe n’a pas démérité pour autant, notamment en ce qui concerne son carnet de commandes : il y a progressé de 6,2 milliards d’euros et dépasse les 14 milliards d’euros. Grâce, notamment, à l’attribution du contrat des deux EPR2 de Penly et de la ligne 15 Est du Grand Paris Express. Et puis il y a la fructueuse branche Énergie Systèmes, dont l’activité s’est appréciée de 11,6 % sur un an, à 5,9 milliards d’euros. Une progression donc dynamique, à la faveur d’une politique de croissance externe soutenue, qui explique 3,6 points de la hausse de l’activité : onze acquisitions ont été conclues en 2023. En tout et pour tout, la division Travaux voit sa contribution au résultat opérationnel progresser de 14 % à 736 millions d’euros, pour une marge correspondante de 4 % en légère hausse.

Du côté des Concessions, là aussi, la croissance est au rendez-vous : + 9,2 %, à 3,6 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires des réseaux APRR et AREA a grimpé de 5,7 % sur un an, à 3 milliards d’euros avec un trafic en légère hausse de 2,5 %. Les autres concessions autoroutières enregistrent une hausse des facturations de plus de 20 %.

Les concessions aéroportuaires signent aussi une belle dynamique grâce à un trafic orienté à la hausse, même s’il n’a pas encore retrouvé ses niveaux de 2019. Il reste aussi à souligner que les investissements auront également répondu à l’appel dans la division Concessions, avec un renforcement au capital de Getlink (dont il détient désormais 20,55 % des parts) et du Viaduc de Millau (Eiffage en est le seul actionnaire depuis qu’il a racheté 49 % du capital cette année).

 

Une visibilité inédite

 

Logiquement, grâce à la signature de différents contrats et à un carnet de commandes solide (portant essentiellement sur des travaux à réaliser au-delà de 2025), Eiffage l’assure : ces "contrats majeurs […] confèrent au groupe une visibilité sans précédent à moyen et long terme. La part du carnet à réaliser à court terme reste en augmentation (+3 %) et n’inclut pas les travaux à réaliser dans le cadre de contrats significatifs pluriannuels phasés, notamment Nové". Alors pour 2024, l’entreprise anticipe une nouvelle progression de son activité de Travaux, mais peut-être "moins soutenue dans sa dynamique organique qu’en 2023, dans une démarche toujours sélective de prise d’affaires". Le résultat opérationnel de la division devrait lui aussi s’apprécier à nouveau, en étant porté par la progression de la marge opérationnelle d’Eiffage Énergies Systèmes.

Pour les Concessions, la robustesse du trafic autoroutier, l’augmentation de celui aéroportuaire et la consolidation d’Adelac (A41) par intégration globale tireront, à nouveau, son chiffre d’affaires à a hausse. Mais la nouvelle taxe sur les infrastructures de transport longue distance "viendra impacter significativement les résultats", avertit Eiffage. De fait, la promulgation du projet de loi de finances pour 2024 (PLF 2024) à la fin du mois de décembre, après validation du Conseil Constitutionnel, a bien acté l’adoption de son article 15 et par la même occasion d’une taxe qui portera notamment sur les concessions d’autoroutes et d’aéroports.

Un dispositif qui n’avait pas manqué de faire réagir les concessionnaires français à la présentation du PLF 2024. Eiffage avait alors estimé que l’impact de cette taxe entraînerait une diminution de 117 millions d’euros sur le résultat opérationnel courant consolidé sur estimation des comptes de 2022. Le groupe l’a réaffirmé à l’occasion de cette publication : "Eiffage entend mettre en œuvre toutes les voies de recours afin de faire valoir ses droits, notamment quant au respect du contrat", lequel contient notamment une clause de stabilité fiscale valant sur la durée des concessions afin de leur permettre de poursuivre les investissements. Dans ce contexte, au total, le résultat net part du groupe pourrait être comparable à celui de 2023.

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