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Veolia / plan stratégique / transition énergétique / résultats annuels
Veolia veut faire de la transformation écologique un accélérateur de sa croissance / Des "boosters" utiles à la planète et aux finances du groupe
Veolia clôt un chapitre de son existence avec satisfaction. Dans les annales du groupe, 2023 restera comme une nouvelle année record, lui permettant ainsi d’atteindre les objectifs de son plan stratégique "Impact 2023 ".
Un résultat net doublé
L’année dernière, le géant de l’eau et du traitement des déchets a enregistré un chiffre d’affaires de 45,351 milliards d’euros, en croissance de 9 % à périmètre et change constants et de 4,4 % hors effet de la hausse du prix des énergies. Son résultat net courant a bondi de près de 15 % à 1,335 milliard d’euros, soit le double de 2018 et au-dessus de l’objectif de 1,3 milliard d’euros initialement fixé.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’élève quant à lui à 6,543 milliards d’euros, en hausse de 7,8 % en organique, et là encore, au-dessus de la fourchette visée de +5 % à +7 %. "L’année 2023 est une nouvelle année record pour Veolia […] et la septième année consécutive de croissance des résultats. […] C’est le fruit d’un positionnement précurseur sur le marché porteur de la transformation écologique, comme de nos efforts continus de pilotage opérationnel strict", s’est félicitée la directrice générale du groupe, Estelle Brachlianoff.
Des revenus en hausse partout
De fait, dans un environnement économique marqué par l’inflation, tous les segments opérationnels de Veolia ont vu leurs revenus progresser sur un an, tant au niveau régional qu’au niveau des métiers. Pour prendre quelques exemples, le chiffre d’affaires de "l’Europe hors France" a atteint 19 milliards d’euros au 31 décembre 2023, en hausse de 11,6 % tandis que celui du "Reste du Monde" s’est élevé à près de 12 milliards d’euros, soit une croissance organique de 10 %, sous l’effet notamment d’une pratique tarifaire en hausse.
L’activité Technologies de l’Eau a généré 4,707 milliards d’euros de revenus, en progression de 12,1 %, Pour l’activité Eau, le chiffre d’affaires est de 18,409 milliards d’euros (+7,5 % sur un an). "La demande de nos services n’a jamais été si élevée, avec, par exemple, un carnet de commandes plein et en forte progression pour nos activités de Water Technologies à 5,3 milliards d’euros, signe que la rareté de l’eau et sa qualité sont devenues cœur pour les villes comme les industries, l’une des premières conséquences vécues du dérèglement climatique", a déclaré la directrice générale.
Les revenus progressent de 3,4 % à périmètre et change constants s’agissant de l’activité Déchets à 14,683 milliards d’euros. "Elle bénéficie de révisions tarifaires favorables, de +5,2 %, venant compenser l’impact de la baisse de prix des matières recyclées (-2,5 % sur le chiffre d’affaires) constatée en France, en Allemagne et en Europe du Nord", a précisé le groupe. Enfin, le chiffre d’affaires de l’activité Energie a bondi de près de 20 %, là aussi grâce à des effets prix positifs (+18,5 %) principalement en Europe centrale et Orientale.
Une intégration de Suez profitable
"Nous n’avons par ailleurs pas relâché nos efforts d’efficacité avec 389 millions d’euros d’économies réalisées, auxquels sont venus s’ajouter les bénéfices du rachat de Suez sous forme de 168 millions d’euros de synergies de coûts, au-dessus de nos objectifs", a ajouté Estelle Brachlianoff. Ce faisant, la hausse de son free cash-flow à 1,143 milliard d’euros a permis une réduction de son endettement financier net à 17,903 milliards d’euros, soit un levier de 2,74.
Pleinement confiant pour 2024, Veolia a donc affiché ses ambitions avec une croissance organique "solide" du chiffre d’affaires. Celle de l’Ebitda est attendue entre +5 % et +6 %, le résultat net courant part du groupe supérieur à 1,5 milliard d’euros et un ratio de dette nette par rapport à l’Ebitda maintenu en dessous de 3 fois.
Le chaînon manquant
Mais le géant de l’eau et du traitement des déchets ne s’est pas contenté de viser seulement l’exercice en cours. Dans le cadre de son nouveau plan stratégique sur la période 2024-2027, "GreenUp", présenté en marge de ses résultats annuels, l’entreprise a donné ses perspectives financières pour les quatre années venir : l’Ebitda devra au moins être égal à 8 milliards d’euros en 2027 quand 10 % de croissance annuelle du résultat net courant sur la période est attendue. Les actionnaires ne devraient non plus être en reste, avec un dividende en ligne avec le bénéfice net par action courant.
Pour y parvenir, le groupe, qui a fait de la transformation énergétique sa raison d’être, souhaite se positionner comme "le chaînon manquant qui fait le lien entre la demande de protection en matière de compétitivité, de souveraineté, de santé et d’équilibre des écosystèmes et l’offre de solutions", a annoncé Estelle Brachlianoff.
Ainsi, Veolia prévoit d’investir 2 milliards d’euros dans ce qu’il appelle ses trois "boosters de croissance", à savoir l’énergie locale décarbonante au travers notamment des bioénergies et de la flexibilité électrique ; des technologies d’eau et du traitement des déchets dangereux. "Leur déploiement rapide et à grande échelle permettra d’effacer 18 millions de tonnes d’émissions de CO2 du Scope 4 à horizon 2027 et de préserver 1,5 milliard de m3 d’eau ", a expliqué la directrice générale.
Ces boosters qui pèsent aujourd’hui 30 % du chiffre d’affaires devront générer 70 % des revenus à terme […]. D’ailleurs, 2 milliards d’euros d’investissement y seront consacrés, soit autant que l’ensemble des activités du plan stratégique "Impact 2023". Veolia accélérera en outre ses investissements dans l’innovation avec 200 millions d’euros supplémentaires dédiés aux technologies du futur.
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