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Publications, Résultats / Saint-Gobain / résultats annuels / Benoit Bazin

Publications, Résultats
Saint-Gobain / résultats annuels / Benoit Bazin

Saint-Gobain a tenu ses engagements en 2023 / Une nouvelle démonstration de la pertinence de sa transformation

Le géant des matériaux de construction récolte les bénéfices de la mutation de son organisation. Malgré un marché de la construction mis à l’épreuve, notamment en Europe, le groupe a maintenu son niveau d’activité à flot et a atteint un nouveau record de marge d’exploitation. Le fruit d’un virage stratégique amorcé il y a maintenant cinq ans, qui fait ses preuves en matière de rentabilité et de création de valeur.
Benoit Bazin (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Benoit Bazin (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Chose promise, chose due. Comme il l’avait prévu, Saint-Gobain a atteint un nouveau record de marge d’exploitation au titre de l’exercice 2023. Une performance qui s’inscrit pourtant dans un environnement houleux, au sein duquel le spécialiste des matériaux de construction aura dû naviguer l’année passée.

Il faut dire que la chute du marché de la construction neuve n’est pas un secret. De quoi avoir fait reculer le chiffre d’affaires de 5,9 % en Europe du Nord. À titre de comparaison, alors que les volumes ont repris en Amérique du Nord, l’activité y affiche par exemple une croissance interne de 5,3 % sur l’année. "Sans surprise, l’Europe aura été le marché le plus difficile, comme nous l’avions déjà indiqué", a souligné le dirigeant du groupe, Benoit Bazin, à l’occasion d’un appel avec la presse.

En tout et pour tout, les volumes de ventes se sont repliés de 5,5 % en 2023, reflet d’une situation contrastée entre la baisse du marché de la construction neuve et de la bonne résilience de celui de la rénovation. Un segment d’activité qui devrait être appelé à devenir le moteur de la croissance à long terme, à la faveur d’une réglementation évoluant en ce sens. En revanche, les prix du groupe s’inscrivent en hausse de 4,6 % sur l’année. À données comparables, le chiffre d’affaires de Saint-Gobain ressort en légère baisse de 0,9 % en 2023, à 47,9 milliards d’euros. À données réelles, sous le joug d’effets de change et de périmètre négatifs, le recul s’affiche à 6,4 %.

 

La carte "effet prix-coûts"

 

S’il est aussi en légère contraction, le résultat d’exploitation de 5,2 milliards d’euros ressort néanmoins supérieur aux attentes des analystes, grâce à un effet prix-coûts solide et à une efficacité industrielle. À taux comparables, il affiche de plus un nouveau record. La marge d’exploitation du groupe s’est fixée à 11 % : un (autre) nouveau plus haut après une progression de 60 points de base sur l’année. "Malgré un environnement macroéconomique difficile, toutes les régions affichent une progression de la marge d’exploitation, nouvelle preuve de la résilience du groupe", s’est félicité ce dernier. Depuis que Saint-Gobain a engagé sa transformation stratégique à la fin de l’année 2018, elle a progressé de 330 points de base.

Proche de son niveau historique de 2022, l’Ebitda s’affiche à 7 milliards d’euros. La marge correspondante rafle elle aussi un nouveau record. L’évolution active du périmètre de l’entreprise aura néanmoins eu un impact de plus de 780 millions d’euros. Le résultat opérationnel ressort à 4,2 milliards d’euros (contre 4,6 milliards d’euros en 2022) tandis que le bénéfice net s’érode de 11,1 %, à 2,7 milliards d’euros. Un point qui aura peut-être déçu les marchés, puisque le titre Saint-Gobain signe l’une des plus fortes baisses du CAC 40 sur la dernière séance de la semaine en perdant environ 4 %.

Reste néanmoins à souligner que le cash-flow libre s’affiche à nouveau en hausse pour atteindre un record de 3,9 milliards d’euros et un taux de conversion de 62 %. Le besoin en fonds de roulement d’exploitation s’est élevé, à fin 2023, à 13 jours du chiffre d’affaires (soit deux jours en moins par rapport à 2022) et la rigueur a été poursuivie en matière d’investissements industriels afin de se diriger vers les marchés à forts potentiels, tout en optimisant les investissements de maintenance. Résultat : le cash du groupe a été triplé par rapport à 2018.

 

Des bénéfices à bien des points de vue

 

De fait, le groupe en récolte, année après année, les fruits de son évolution depuis que son modèle a été remodelé pour être aligné sur les pays où Saint-Gobain est en activité (et non plus sur ses métiers). Meilleures marges de négociation, croisement des ventes pour proposer un spectre de solutions plus ciblées, pricing power, mise en place de circuits de recyclage, renforcement de la responsabilité des patrons de chaque pays… la nouvelle organisation fait ses preuves en matière d’efficacité, tandis que l’entreprise a aussi réalloué son capital et choisi de se développer plus particulièrement dans les zones géographiques à fortes croissances.

Il y a l’accélération dans l’innovation et la chimie de construction, également, permettant de proposer des produits de construction durables et à plus grande valeur ajoutée. Avec 5,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la plateforme représente près de 12 % des facturations du groupe en 2023, ceci notamment grâce à plusieurs acquisitions structurantes réalisées ces dernières années.

Celle, en 2021, du spécialiste français des additifs pour produire du ciment décarboné Chryso, a permis de créer de la valeur dès la deuxième année (soit un an plus tôt que prévu). Avec celle de l’américain GCP, clôturée en 2022, les deux entreprises ont amélioré leur marge d’Ebitda de plus de 400 points de base par rapport à 2022 et ont généré des synergies de 50 millions d’euros. De plus, rien qu’en 2023, 11 acquisitions ont été clôturées ou signées sur ce segment de chimie de construction.

 

Une avance de prise

 

Et alors que Saint-Gobain est encore en train de déployer sa feuille de route 2021-2025 "Grow & Impact", le groupe tricentenaire peut se targuer d’avoir déjà rempli ses objectifs. Concernant la croissance de la rentabilité et la génération de trésorerie, les moyennes de 2021 à 2023 cochent déjà toutes les cases. Il en est de même sur le plan de l’allocation du capital, avec une rentabilité des capitaux investis (ROCE) et un ratio dette nette sur Ebitda ayant déjà dépassé les objectifs des moyennes qui avaient été fixés sur la période.

Pour 2024, l’environnement géopolitique et macroéconomique restera difficile. Saint-Gobain anticipe donc un repli de certains de ses marchés, plus marqué au premier semestre en raison d’une base de comparaison défavorable et d’une situation restant contrastée entre l’Europe et le reste du monde. "Dans ce contexte, le groupe poursuivra ses priorités stratégiques. Nous avons bien vu de quelle manière nos actions ont porté leurs fruits. Nous allons donc continuer de cibler la rentabilité et la génération de cash-flow et poursuivre le renforcement de notre profil de croissance rentable", a assuré Benoit Bazin. Pas de quoi, donc, empêcher Saint-Gobain de viser une marge d’exploitation à deux chiffres pour la quatrième année consécutive.

Les actionnaires de Saint-Gobain se verront quant à eux proposer la distribution en espèces d’un dividende de 2,10 euros par action au titre de 2023, en hausse de 5 %, lors de la prochaine assemblée générale. "Cela prouve toute la confiance du conseil d’administration dans le développement et la tenue de Saint-Gobain", a estimé Benoit Bazin. Prévue pour le 6 juin 2024, elle marquera aussi la réunification des fonctions de président et directeur général du groupe. À son issue, Benoit Bazin deviendra donc président-directeur général.

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