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Atos dans l’impasse après la fin abrupte des discussions avec Airbus / La restructuration financière s’annonce massive

Avec la fin brutale des discussions avec Airbus concernant la vente de sa branche BDS, Atos se retrouve dos au mur dans ses discussions sur son refinancement avec ses banques. Un échec qui place le groupe dans une situation de liquidité encore plus difficile qu’auparavant, renforçant encore le scénario d’une conversion massive de la dette en capital.
Atos ne vendra pas sa division BDS à Airbus - Photo by Joan Cros / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Atos ne vendra pas sa division BDS à Airbus - Photo by Joan Cros / NurPhoto / NurPhoto via AFP

C’est via un communiqué pour le moins lapidaire qu’Atos a annoncé mardi l’arrêt des discussions avec Airbus sur la vente de sa branche BDS, spécialisée en big data et cybersécurité. Deux mois et demi après l’ouverture des due diligence, le dossier se referme déjà, enfonçant un peu plus le groupe dans la crise.

Sans constituer une totale surprise pour les observateurs, habitués depuis de longs mois à ce qu’aucun des plans du groupe informatique ne se déroule comme prévu (cf. la fin des discussions avec Daniel Krestinsky sur la vente de Tech Foundations à Daniel Kretinsky), cet échec interroge alors que, sur le papier, les deux parties avaient de quoi trouver un terrain d'entente. Cela fait plus d’un an que l’avionneur européen tente de s'emparer de BDS, et la valeur d’entreprise comprise entre 1,5 milliard et 1,8 milliard d’euros évoquée en janvier pour l’ensemble de cette activité eut été bien utile à Atos dans ses négociations avec ses banques pour refinancer son prêt à terme de 1,5 milliard d’euros, à échéance en janvier 2025, et assurer ses besoins de liquidités dans les 12 prochains mois.

Las, alors que les discussions progressaient très lentement en raison de la lenteur d’Atos à donner l’accès à ses données comptables et à la documentation, il semble que l’interventionnisme de l’Etat français ait contribué à leur donner le coup de grâce. Car selon nos informations, si Airbus ne voyait pas l’opération d’un mauvais œil, la partie allemande, et notamment le président du groupe, René Oberman, a peu goûté que Bruno Lemaire, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, rencontre le directeur général d’Airbus, Guillaume Faury, pour l’inciter à conclure rapidement un accord. Le fait est que ce dernier n’a pas réussi à imposer son point de vue dans les discussions du comité exécutif sur le sujet, s’en remettant au conseil d’administration, conseillé par la banque Evercore qui était défavorable au projet, et où les défenseurs du projet ont été mis en minorité.

En conséquence de quoi Atos se retrouve désormais dans une impasse totale dans ses négociations de refinancement avec ses banques, qui n’accepteront jamais en l’état la mise en place de financements intermédiaires tels qu’aurait pu le permettre la garantie d’une signature avec Airbus. Ce qui a au moins le mérite de clarifier la situation. "L’on sait désormais que la restructuration financière ne pourra qu’être massive, impliquant la conversion de la dette en capital et une dilution nécessairement très dilutive pour les actionnaires actuels", observe un analyste. Une issue dont les investisseurs ont bien pris conscience : l’action Atos chutait mardi de 21,5% à 1,69 euro, ramenant la capitalisation boursière du groupe à moins de 200 millions d’euros.

Déjà assisté depuis début février par Atos l’administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux dans le cadre d’un mandat ad hoc, Atos se dirige donc désormais vers une sauvegarde accélérée qui s’annonce inévitable. Un sauvetage dans le cadre duquel l’Etat aura beaucoup plus qu'auparavant son mot à dire concernant le futur groupe d'actionnaires de référence post restructuration. "L'Etat construira dans les prochaines semaines une solution nationale de protection des activités stratégiques" d'Atos, a d'ailleurs annoncé mardi le ministère de l'Economie.

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