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Bercy détaille son plan de bataille pour mettre les entreprises françaises à la page numérique / Les objectifs de la décennie numérique dans le viseur
Quel est le programme d’action de la France pour transformer les entreprises sur le plan numérique ? Dans le cadre de la présentation de la feuille de route de la décennie numérique ce lundi, élaborée par la Direction générale des Entreprises et présentée par la secrétaire d’État chargée du Numérique Marina Ferrari, Bercy l’a (ré) assuré : la transformation numérique des sociétés françaises est sans aucun doute un maillon nécessaire à la compétitivité de l’économie tricolore. En clair, afin de répondre aux objectifs du plan "Décennie numérique" de la Commission européenne, le rapport a condensé et détaillé l’ensemble des mesures mises en place pour faire progresser la France en la matière, assorties de quelques objectifs et notamment en ce qui concerne les entreprises.
Cap, donc, sur trois axes prioritaires à l’horizon 2030. Le premier consistera à aller chercher les plus petites des entreprises, pas toujours enclines à se transformer sur le plan numérique alors qu’elles font déjà face à un grand nombre d’investissements. Il faut dire que les TPE et PME françaises accusent un léger retard en la matière au niveau européen. "La part des PME présentant au moins un niveau élémentaire d’intensité numérique est de 64 % seulement (contre 69 % au sein de l’UE). La France enregistre des scores inférieurs à la moyenne européenne sur plusieurs indicateurs clefs", explique le rapport du Bercy.
France Num au travail
Plusieurs initiatives ont déjà été engagées afin de pallier cette problématique. Il y a le dispositif "France Num", par exemple, qui a apporté 200 000 aides ou actions de soutien depuis novembre 2020 aux entreprises de moins de 249 salariés – plus particulièrement celles qui embauchent moins de 10 collaborateurs – avec notamment la réalisation de 30 000 diagnostics par la Chambre de Commerce et d’Industrie et les Chambres de Métiers et de l’Artisanat. Certes, le dispositif porte quelques fruits. La part des TPE et PME disposant d’au moins une solution de gestion a progressé de cinq points sur un an. Mais de l’autre côté, seules 39 % de ces sociétés avaient émis plus de 50 % de leurs factures dans un format numérique.
Les chantiers pour la suite sont identifiés. Il y aura la multiplication des dispositifs innovants d’intégration des technologies numériques, le renforcement de la cybersécurité et encore l’émergence d’une offre d’outils d’intelligence artificielle (IA) générative pour tous les cas d’usage.
Créer des alliances
Accélérer sur le plan de l’IA générative est d’ailleurs le deuxième grand axe stratégique de cette feuille de route numérique. Facteur exponentiel de productivité, elle nécessitera aussi une certaine collaboration entre entreprises. Déjà, en 2023 et dans le cadre de France 2030, le gouvernement a lancé l’appel à projet "Communs numériques de l’IA générative" dans le but de soutenir le développement des briques technologiques essentielles à cette technologie. Cette année, un nouvel appel à projets capitalisera sur les communs numériques pour encourager le développement d’une offre européenne.
"L’accès à des bases de données en langues européennes est un facteur de performance et de souveraineté pour toutes les technologies d’intelligence artificielle générative développées en Europe", rappelle le rapport de Bercy. Cela aura par exemple poussé la France à former avec 17 États européens une alliance pour les technologies de la langue. À compter de 2024, elle fera appel aux fournisseurs de technologies dans ses pays membres.
Continuer à supporter la French Tech
Enfin, pour mettre les entreprises françaises à la page numérique, il faudra nécessairement soutenir celles qui en sont en pointe. Le plan stratégique numérique de Bercy vise donc à construire un cadre normatif et règlementaire favorable à l’innovation et aux start-ups. Il y a l’ensemble des actions menées par la Mission French Tech depuis quelques années, tout comme le projet de loi de finances pour 2024 (PLF 2024) qui permettra notamment aux jeunes entreprises innovantes de faciliter l’émission de bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise (BSPCE). De quoi leur permettre d’attirer et de retenir les profils de haut niveau, par exemple en autorisant les start-ups et scale-ups française à réduire le prix d’exercice ou à accepter une décote d’illiquidité, en plus des deux décotes existantes prévues par le code général des impôts. Il s’agira enfin de soutenir les start-up industrielles et la deeptech.
S’appuyant sur cette palette d’outils, Bercy a fixé un certain nombre d’objectifs à l’horizon 2030 : avoir au moins 75 % des entreprises de l’UE de plus de dix salariés ayant adopté l’une des technologies de services d’informatique en nuage (cloud), atteindre 50 % des entreprises qui utilisent l’IA artificielle, que 90 % des PME de l’UE atteignent un niveau élémentaire d’intensité numérique, ou, encore, que l’UE développe sa réserve d’entreprises innovantes en expansion tout en améliorant leur accès au financement. À noter que cette feuille de route sera révisée tous les deux ans d’ici à 2030.
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