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Le cœur Carmat sécurise son avenir financier à court terme / L’accélération des implantations doit se poursuivre
L’inventeur du cœur artificiel le plus avancé au monde peut souffler. Après les accords de principe conclus en janvier puis en février, Carmat et ses banques créancières sont parvenus à un accord définitif fixant les nouvelles modalités de remboursement de ses prêts bancaires. Il y avait urgence. L’augmentation de capital de 16,5 millions d’euros réalisée fin janvier n’avait étendu la visibilité financière que de quelques semaines, jusqu’au 22 février, tandis que le gel d’exigibilité (le "stanstill") du principal des différents prêts accordés par la Banque européenne d’investissement (BEI), BNP Paribas, et Bpifrance, avait été négocié jusqu’au 22 mars.
Finalement, Carmat a réussi à conclure dans les temps le décalage du remboursement de ses créances. Les nouvelles modalités prévoient un report d’au moins deux ans de la maturité finale de l’ensemble des prêts bancaires. Elles incluent donc à la fois les 30 millions d’euros contractés auprès de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et les deux Prêts Garantis par l’Etat (PGE) d’un montant en principal de 5 millions d’euros. Au lieu du quatrième trimestre 2026, ces deux derniers ne seront remboursés qu’à partir du quatrième trimestre 2028.
L’accord avec la BEI prévoit lui l’ "equitization" de trois tranches d’emprunt au travers de l’émission dans le temps d’actions de la société au profit d’une fiducie, suivie de leur cession sur le marché, le produit de cession devant servir au remboursement des différentes tranches. Grâce à ce mécanisme qui permet d’étaler le processus de capitalisation de la dette, l’échéance de la première tranche du prêt (d’un montant d’environ 15 millions d’euros) est décalée au 31 juillet 2026, tandis que les échéances des deux autres tranches sont reportées à août 2027 et octobre 2028 respectivement.
Le résultat est que Carmat peut désormais financer ses activités jusqu’à mi-mai 2024. Ce qui paraît peu mais suffit à lui permettre de maintenir son cap de production et prolonger la nette embellie de ses ventes observée au quatrième trimestre avec 11 implantations sur les 17 réalisées l’année dernière. Cette bonne dynamique devrait ainsi faciliter l’obtention de nouveaux financements à long terme, le besoin sur les douze prochains mois étant estimé à environ 35 millions d’euros.
L'enjeu est de financer la croissance pour démontrer une fois pour toute la viabilité économique du projet né en 2008 sous l'impulsion de Truffle Capital sur une idée du professeur Alain Carpentier. A cet égard, 2024 doit marquer une véritable accélération du chiffre d’affaires, attendu entre 14 et 20 millions d’euros après 2,8 millions d’euros en 2023. Car tandis que le groupe souhaite former une cinquantaine d’hôpitaux pour des implantations commerciales d’ici la fin de l’année, il souhaite réaliser une trentaine d’implantations dans le cadre d’une étude, appelée EFICAS, en France. Celle-ci est primordiale pour atteindre objectif ultime de Carmat d’offrir non seulement une solution temporaire ("pont à la transplantation") aux patients éligibles à la transplantation en attente d’un greffon humain, mais également une solution "définitive" aux patients qui ne sont pas éligibles à une transplantation.
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