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Guilhem Richard, un avocat qui veut du bien aux biotechs /
Les cotations au Nasdaq n’ont plus de secret pour lui
Enfant, il se rêvait archéologue, Guilhem Richard est aujourd’hui associé au sein du prestigieux cabinet d’avocats parisien Gide Loyrette Nouel. Pratiquant au sein du département de marchés de capitaux, aux côtés de quatre autres associés et d’une vingtaine de collaborateurs, il fut récemment l’un des artisans du financement, coté banques, de 130 millions d’euros d’Abivax, biotech au stade clinique de phase 3 développant de nouveaux médicaments destinés à des maladies inflammatoires virales et le cancer. "Devenir avocat n’était pas une vocation de jeunesse mais le résultat de beaucoup de travail et de belles rencontres", explique à WanSquare l’homme de 42 ans.
Un mentor bienveillant
Associé depuis un an, Guilhem Richard a grimpé tous les échelons chez Gide, qu’il a rejoint en 2014. "J’ai eu l’opportunité, par un ami, de rencontrer Gide et son équipe marchés de capitaux. A l’époque je cherchais à la fois un projet qui soit entrepreneurial au sein d’une équipe de premier rang où je pourrais évoluer et à prendre de l’expérience auprès d’un mentor. C’est là que j’ai rencontré Arnaud Duhamel qui m’a très rapidement pris sous son aile et avec qui j’ai noué des liens de confiance et d’estime réciproques au fil des années ", raconte-t-il.
Il travaille alors sur des dossiers dits large cap mais aussi traitant du secteur du healthcare (santé) et des énergies renouvelables. "Ces secteurs étaient assez nouveaux à l’époque. C’est à partir de ce moment-là que l’on a commencé à voir une toute première vague de cotations de sociétés du secteur de la santé, de la biotech et de la medtech", rappelle Guilhem Richard.
La plus grande cotation française au Nasdaq
L’un de ses premiers dossiers les plus marquants dans ce secteur chez Gide est la cotation de la société DBV Technologies, spécialisée dans le développement de solutions de diagnostic et de traitement des allergies alimentaires en 2014. "Dans la foulée, nous avons pu travailler avec la biopharma française Erytech pour préparer sa cotation au Nasdaq, que l’on a réussi à faire en 2017. Une cotation qui reste à ce jour la plus grande réalisée au Nasdaq par une société française. Ils avaient levé à l’époque 143 millions de dollars ", se souvient l’avocat.
Un dossier qu’il continue encore de suivre aujourd’hui, tout comme DBV Technologies pour qui il a travaillé sur tous les financements, pour des montants à chaque fois " de plusieurs centaines de millions de dollars ", indique-t-il.
A total, depuis son arrivée chez Gide, ce titulaire d’un baccalauréat littéraire a réalisé pas moins de sept introductions en Bourse (IPO) sur le Nasdaq. Un vrai challenge lorsque l’on sait que la plupart de ces entreprises n’ont pas de chiffre d’affaires au moment de leur entrée en Bourse et qui, quel que soit le contexte de marché, n’ont d’autres choix, pour se financer et pouvoir avancer dans leur développement clinique, que de lever des fonds. "La dernière est celle de Maat Pharma pour 35 millions d’euros. La société travaille sur le microbiome, c’est la première IPO du secteur ", précise Guilhem Richard.
Un référent pour les cabinets américains
Un autre défi pour ce natif du 5ème arrondissement fut d’être capable de s’imposer en tant qu’avocat français sur des dossiers internationaux. "Nous sommes aujourd’hui le seul cabinet de l’Hexagone à disposer d’une équipe de droit américain interne dirigée par mon associée Melinda Arsouze, qui fait partie intégrante de notre équipe marchés de capitaux. C’est cette variété d’expertises qui nous permet d’intervenir sur les opérations de place. Très récemment, nous avons par exemple travaillé ensemble sur des opérations de recapitalisation d’Air France et sur l’augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros de Veolia pour financer le rachat de l’ex-Suez ", détaille-t-il.
Pour les dossiers de cotations sur le Nasdaq, Gide travaille en partenariat avec des cabinets américains tels que Goodwin. "Dans la mesure où la société qui est cotée est française, le droit français est applicable à certains aspects de l’opération aux côtés du droit américain. Il y a donc un besoin d’avocats américains et français. Cela fait par exemple huit ans que nous travaillons avec le cabinet Cooley, avec qui nous avons développé une relation de confiance et des habitudes de travail réciproques qui nous permettent de travailler désormais de manière quasi-intégrée ", observe Guilhem Richard.
Sur tous les fronts
Il faut dire que ce père de deux enfants connaît très bien le fonctionnement des cabinets d’avocats américains. Après de brillantes études de droit à Paris II, - et une licence d’histoire obtenue en parallèle, "les cours d’égyptologie ont eu raison de ma vocation d’archéologique, en dépit de mon admiration pour Indiana Jones", s’amuse-t-il à rappeler —, il s’inscrit à l’ESCP en 2005. "J’ai fait une école de commerce pour m’ouvrir à différents horizons et aussi parce que ce qui me plaisait vraiment dans le droit privé, était l’idée d’un droit des affaires au service de l’économie et donc toutes les matières un peu transversales comme le droit de la concurrence, des marchés de capitaux…", souligne l’avocat associé qui parallèlement à ce master grandes écoles décide de démarrer un doctorat à Paris I sur un sujet de droit financier ("Les actions de préférence"). "Ma nouvelle vocation à cette période-là était d’être à la fois professeur d’université et avocat ", poursuit-il.
C’est ainsi qu’il mène de front à la fois ses recherches, ses cours de travaux dirigés (en droit des obligations, des affaires, droit des sociétés…) et ses débuts au sein du cabinet américain Hogan Lovells en 2009 avant d’intégrer, un an plus tard, Debevoise & Plimpton. "C’est là que j’ai découvert la pratique des marchés de capitaux ", explique Guilhem Richard.
Un coup de cœur pour Carmat
Pratique qu’il développera à partir de 2012 au sein d’un autre cabinet d’avocats, Mayer Brown. Il y traite des dossiers de LBO. "Je me souviens que nous avions répondu à un appel d’offres pour travailler sur l’IPO de Carmat. Nous n’avions pas obtenu le dossier mais le sujet m’avait énormément marqué car c’était la première fois que j’étais confronté à une introduction en Bourse d’une société de ce secteur. J’avais surtout en tête les IPO de grandes sociétés industrielles ou commerciales qui avaient déjà pignon sur rue. Là, il s’agissait une entreprise sans chiffre d’affaires, qui existait depuis peu et qui avait été constituée par le professeur Carpentier et Airbus pour créer un cœur artificiel. Je trouvais ce projet complètement fou et génial, à la rencontre de deux pôles d’excellence français : la recherche médicale et l’industrie", se remémore l’associé.
C’est ici que démarre pour lui son attrait particulier pour le domaine des medtechs et des biotechs. "Ironie de l’histoire : j’ai eu la chance par la suite, chez Gide, de travailler pour Carmat, du côté banques sur leurs cinq dernières levées de fonds. L’entreprise vient d’ailleurs d’obtenir l’autorisation de commercialisation de son cœur artificiel ", précise-t-il.
La cleantech, son nouveau défi
Aujourd’hui, ce passionné de cuisine, - il aime réunir ses proches autour d’un Bun Cha, une spécialité vietnamienne qui lui rappelle, telle une madeleine de Proust, ses origines familiales et son enfance -, se sent épanoui au sein du cabinet parisien. "Gide fonctionne encore de façon très entrepreneuriale malgré ses 500 avocats et plus de 100 associés. Le lien de mentorat entre les associés et les collaborateurs est très proche de celui que l’on peut retrouver dans de plus petits cabinets. Très tôt on vous laisse la chance et on vous pousse à développer votre activité ", constate Guilhem Richard.
Toujours passionné par le secteur du healthcare, il s’intéresse également depuis quelques temps à celui de la cleantech. "Nous sommes en train de construire une équipe de référence dans le secteur du renouvelable et des cleantechs, grâce à notre expérience acquises sur des dossiers d’hydrogène, de piles à hydrogène, dans le solaire, l’éolien. Je souhaite développer davantage ces dossiers au sein du cabinet ainsi que sur le secteur des Tech. J’aime l’idée que les marchés de capitaux puissent servir à financer des projets qui ont un sens pour l’avenir", se projette Guilhem Richard.
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