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Professions financières / Gide Loyrette Nouel / Farah El-Bsat / Financement / Financement de projets / Banque européenne d'investissement / Ecotaxe / Caisses des Dépôts

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Gide Loyrette Nouel / Farah El-Bsat / Financement / Financement de projets / Banque européenne d'investissement / Ecotaxe / Caisses des Dépôts

exclusif Pour Farah El-Bsat, l’intérêt général et le droit des affaires ne sont pas si éloignés / Une associée diplomate au cabinet Gide

EXCLUSIF. Conseil de la Banque européenne d’investissement dans le cadre d’un venture debt de 25 millions d’euros consenti à GeNeuro Innovation, l’associée au cabinet Gide Loyrette Nouel s’épanouit aujourd’hui sur des dossiers de financement de projet œuvrant pour le bien commun. Une habile façon pour elle de concilier son métier d’avocate et sa passion pour les relations internationales.
Farah El-Bsat (©DR)
Farah El-Bsat (©DR)

Le moins que l’on puisse dire est que la carrière professionnelle de Farah El-Bsat n’était pas toute tracée. Pour cette grimpeuse qui a déjà gravi le Kilimandjaro et rêve de faire un jour l’ascension du Mont Blanc, le chemin pour devenir un jour associée en financement de projets au cabinet Gide Loyrette Nouel fut plutôt sinueux. "J’ai un parcours qui ne me prédestinait pas à devenir avocate un jour et encore moins en financement", avoue cette maman de 40 ans. Plus jeune, elle voulait être diplomate. "Je rêvais de travailler à Interpol (organisation internationale de police criminelle, ndlr). Mon mémoire de DEA (Master II aujourd’hui, ndlr) en droit international public et organisation internationale portait sur la restitution des œuvres d’art déplacées à la suite de conflits armés et Interpol est très actif en matière de protection des biens culturels ", explique-t-elle à WanSquare.

 

Une bonne résolution

 

Endosser la robe fut donc un choix de raison. "Mon diplôme en poche, je voulais travailler dans une organisation internationale. J’ai fait un stage de six mois en 2006 à la Direction générale du ministère des Affaires étrangères pour la coopération internationale et le développement. Cela m’avait beaucoup plu mais pour obtenir un poste il fallait soit passer le concours de secrétaire générale des affaires étrangères, soit avoir fait l’ENA, ce qui n’était pas mon cas. J’ai travaillé ensuite dans une ONG, "Plan International" puis j’ai finalement fait le choix de passer le concours d’avocats, pour m’offrir des perspectives plus larges de trouver un emploi. ", confie Farah El-Bsat.

Et pourtant, plus de quinze ans après avoir pris cette décision, cette grande voyageuse ne regrette rien. "J’aime la rigueur du droit, j’ai tout de suite été séduite par la logique juridique", explique-t-elle. Mieux, elle a intelligemment su allier toutes les compétences acquises au cours des différentes étapes de son parcours pour créer sa propre marque de fabrique.

 

Une première chance offerte par… Gide

 

Bien sûr, au début les cabinets d’avocats ont quelque peu été intrigués par la jeune femme. "Je n’avais pas vraiment le profil type de l’avocat d’affaires, ce qui ne m’a pas aidé lors de la recherche de mon premier stage dans le cadre de l’école de formation des barreaux (EFB). J’ai postulé dans 80 cabinets à l’étranger, et c’est Gide à Casablanca qui m’a donné ma chance.", se souvient-elle. Au Maroc, il ne sera pas encore question de spécialisation : " Je faisais du droit des affaires général ", relate Farah El-Bsat. S’ensuit un autre stage à Rome à l’Unidroit (l’institut international pour l’unification du droit privé) avant que les équipes de Gide à Paris ne la contactent en 2007. "Elles m’ont proposé un stage en financement", indique-t-elle.

Une chance pour la jeune avocate qui ne connaît alors rien à la pratique. "Pour cette première expérience, j’ai beaucoup conseillé des banques sur des financements immobiliers", se souvient Farah El-Bsat. Mais cela ne lui suffit pas. "Je voulais faire du financement du projet, pour trouver un moyen d’allier financement avec intérêt général. C’est ainsi qu’en 2011, j’ai rejoint le cabinet Willkie Farr & Gallagher. Je dois reconnaître qu’ils ont, eux aussi, eu l’audace de me donner ma chance alors que j’avais un profil plutôt financement immobilier ", avoue-t-elle.

 

Sans relâche sur l’écotaxe

 

De cette expérience qui durera moins de deux ans, Farah El-Bsat apprendra beaucoup. "Parmi les dossiers que j’ai eu à traiter, celui de l’écotaxe pour les poids lourds m’a vraiment marqué. Je conseillais à ce titre le groupement "EcoMouv", consortium mené par le groupe italien Autostrade, chargé notamment de la collecte et de la gestion de taxe. J’ai consacré mes jours et mes nuits à ce dossier qui m’a demandé un travail énorme avant d’être finalement abandonné par le gouvernement de François Hollande en 2013 ", constate Farah El-Bsat.

Et malgré ce travail acharné, le doute persiste toujours dans son esprit quant à son avenir au sein de la profession. "J’ai toujours hésité entre la finance et le service du public ", avoue-t-elle. Elle choisit alors de démissionner et, événement rare, de se faire omettre du barreau. "Après mon expérience chez Willkie Farr, j’ai eu envie de reprendre mes études. Je suis donc partie six mois à Londres pour perfectionner mon anglais. Mais alors que je préparais des dossiers de candidatures pour intégrer un MPA (master of public affairs), la Caisse des Dépôts, que j’avais croisée sur des dossiers, m’a contactée pour me proposer un poste au sein de l’équipe juridique. J’y suis restée six mois en me disant que j’allais ensuite pouvoir reprendre mes études ", détaille-t-elle.

 

Une évidence qui s’impose

 

C’était sans compter sur la Banque européenne d’investissement (BEI) qui avait conservé son curriculum vitae alors qu’elle y avait postulé un an auparavant. "J’ai mis de côté mon projet de reprendre mes études et je suis partie à la BEI. Il s’agissait du job rêvé car les travaux traitaient de développement, de l’économie en Europe et dans une certaine mesure de diplomatie. Néanmoins, si la BEI est une très belle institution, j’ai réalisé que d’un point de vue juridique, je serai plus épanouie en cabinet d’avocats. ", observe-t-elle. Une déception qui finit de la convaincre que la robe ne lui va pas si mal. "J’étais toujours restée en contact avec les équipes de Gide. Dès qu’elles ont su que je cherchais un cabinet d’avocats, elles m’ont tout de suite proposé de revenir, et j’étais ravie !", confesse Farah El-Bsat.

Elle retrouve alors l’équipe de financement immobilier qu’elle avait quittée quatre ans auparavant. "Mais aussi avec l’idée de faire du financement de projets", poursuit-elle. Tout s’enchaîne ensuite très vite. En 2018, elle est nommée counsel alors qu’elle est en plein en congé maternité pour son deuxième garçon, puis devient associée trois ans plus tard. Aujourd’hui, elle réussit à concilier son dévouement pour l’intérêt général et le droit. "Outre le financement immobilier qui constitue une grande partie de mon activité, mes dossiers traitent de projets d’infrastructures en France, de l’Agence française du développement (AFD), de la BEI ", explique celle qui conseillait encore dernièrement la Banque européenne d’investissement dans le cadre de la mise en place d’un venture debt consenti à GeNeuro Innovation, filiale de GeNeuro, spécialisée dans le traitement des maladies neurodégénératives et auto-immunes telles que la sclérose en plaques et les conséquences graves de la Covid-19. Une opération d’un montant de 25 millions d’euros.

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