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Start-up : sauver la French Tech (presque) à tout prix
Après le plan d’aide de 345 milliards d’euros pour les grandes entreprises et PME, le gouvernement était attendu au tournant pour préserver la French Tech, l’écosystème de start-up de l’Hexagone qui fait la fierté du pays. Hier matin, Cédric O a exposé la réponse du gouvernement : un plan d’aide de 4 milliards d’euros à destination des start-up du pays, via la banque publique d’investissement. Dans le détail, bpifrance va apporter un prêt "bridge" en complément d’un tour de table auprès des actionnaires historiques, du même montant. Cette enveloppe de 80 millions d’euros prendra la forme d’obligations convertibles, même si l’État a plus vocation à liquider ses titres lors d’un tour suivant qu’à convertir ses titres en actions. En outre, le gouvernement va débloquer le versement en avance du crédit impôt recherche, soit 1,5 milliard d’euros de flux vers les jeunes pousses du pays. Enfin, les 250 millions d’euros du Plan d’investissement avenir s’ajoutent à l’augmentation des prêts à taux zéro, pour un total de 1,3 milliard d’euros.
"Un effort considérable", selon Cédric O, qui estime que le secteur représente la création d’un emploi sur cinq en France en 2020. S’il a salué les efforts de solidarité de certaines d’entre elles, comme Doctolib qui a ouvert des consultations en ligne gratuites. "Il y a un risque de frilosité de certains investisseurs", a-t-il jugé, comme les pépites qui étaient sur le point de lever des fonds, et pourraient faire face à la rétractation de leurs investisseurs. Pour la banque publique, il s’agit de "trouver un mécanisme gagnant-gagnant avec les investisseurs qui jouent un rôle majeur dans cet écosystème et doivent continuer à faire leur métier, car Bpifrance ne peut pas tout financer seule".
Les acteurs de l’écosystème start-up ont dans l’ensemble salué ces mesures, attendues avec impatience. Mais leur mise en œuvre sera semée d’embûches : dans certains cas, les actionnaires historiques n’ont pas les moyens de remplacer la levée d’une nouvelle série, et le principe d’adosser de la dette à des start-up au modèle déjà très "lean" n’est pas évident. Les fonds appellent donc aussi bpifrance à créer des véhicules d’intervention en equity, en direct ou en finançant des fonds de venture. De son côté, France Digitale plaide pour l’extension du chômage partiel ou le financement en pré-amorçage.
Pour Nicolas Celier, fonds spécialiste du financement "scale-up" des start-up digitales, "cette crise représente aussi une opportunité pour nos sociétés. Certaines auront besoin de plus de fonds propres pour s’adjoindre d’autres start-up, afin de sortir de la crise plus fortes et mieux armées". La crise va aussi encore accélérer la digitalisation de notre société : "La situation actuelle va accélérer la mutation digitale de notre économie et généraliser de nouveaux usages, de nouveaux modes de communication et de travail, ce qui va bénéficier aux acteurs du digital sur le long terme". Optimiste, ce dernier rappelle les leçons des dernières crises : "Dans ces moments de crise naissent les plus belles histoires. C’est en plein crise de l'internet que sont nés Priceminister, Vente-privee et Meetic. Ils avaient peu de fonds et ont pu grandir sans concurrence", rappelle-t-il.
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