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Private equity / LBO / Financement / Deal / Dette
Pour le private equity, une terre d’opportunités sans précédent
Le CAC 40 subit encore un violent décrochage ce mercredi, évoluant en baisse de plus de 4% ce matin alors que la France a subi près de 500 décès hier et que l’Amérique s’attend à de prochaines semaines "très douloureuses". Ce contexte n’épargne pas le non coté, où les fonds sont affairés avec leurs participations, afin de les aider à traverser la crise avec assez de liquidités. Mais alors que le non coté regorge de 1.500 milliards de dollars de "dry power", l’argent collecté par les fonds mais pas encore investi, des opportunités uniques s’ouvrent aux fonds, malgré la grande incertitude ambiante.
Les plus grands mastodontes américains du métier – les Blackstone, Carlyle et autres KKR – sont déjà à l’affût de points d’entrée attractifs, après plusieurs années de valorisations historiques. Ce qui a déjà déclenché l’opprobre du régulateur américain : "les investisseurs vautour, en particulier dans le private equity, s’apprêtent à ramasser des entreprises en difficulté à bon prix", a ainsi tweeté Rohit Chopra, commissaire à la FTC (Federal Trade Commission). La plupart des grandes entreprises très impactées par la crise du coronavirus sont pour le moment en phase d’attente et ne veulent pas consentir à des appels coûteux à du capital frais, surtout si les pouvoirs publics décident de nouveaux plans d’aide aux industries sinistrées. Mais si le coup d’arrêt à l’activité dure plusieurs mois, elles pourraient se résoudre à ouvrir leur capital.
De leur côté, les fonds de private equity qui veulent parvenir à conclure des deals dans la crise actuelle doivent aussi s’adapter, aussi bien dans le type d’opérations que dans le financement, selon une analyse de PitchBook. Tout d’abord, le marché devrait connaître une recrudescence d’investissements dans les sociétés cotées, les fameux PIPE (Private Investment in Public Equity), à court terme. Les OPA sont plus improbables en raison de la réticence des actionnaires et des régulateurs à ce stade, mais les fonds chercheront à bâtir de solides blocs dans des secteurs en crise, qui ont perdu substantiellement de la valeur tout en gardant des fondamentaux solides. Un exemple de la dernière crise : en 2008, le fonds Leonard Green avait investi 425 millions de dollars dans les supermarchés Whole Foods, qui lui ont rapporté 1 milliard de dollars quelques années plus tard.
Ensuite, il faut s’attendre à une hausse du capital développement, des investissements en minoritaire qui avait déjà le vent en poupe. Les entreprises ayant des besoins iront en quête de ces "infusions de cash", qui ne nécessitent pas de montage financier et sont donc plus faciles à boucler en raison du gel des financements bancaires et obligataires high yield (à haut rendement). En troisième lieu, le private equity pourrait bénéficier d’une montée en puissance des carve-outs et des cessions d’actifs de la part d’industriels très conquérants ces dernières années, et qui vont se recentrer sur leur cœur d’activité pour dégager du cash.
Enfin, la question du financement des LBO, qui sont en moyenne financés pour moitié en dette, sera cruciale. Certes, la situation est légèrement différente de la crise de 2009, car outre la dette bancaire, les fonds peuvent aussi avoir recours aux fonds de dette privée. Ces derniers ont de très larges moyens : 241.400 milliards de dollars de "dry powder" à fin juin 2019, selon PitchBook, et devraient tirer parti de ces opportunités d’investissement à bon prix. Reste que le marché des plus gros LBO, qui ne peuvent que se financer via un syndicat bancaire de prêts à effet de levier, risque de subir un coup d’arrêt pour de longs mois. Aux dépens des transactions pas encore conclues au moment de l’éclatement de cette crise.
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