Fonds d'investissements / BlackRock / Larry Fink
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BlackRock / Larry Fink
Larry Fink compte sur les infrastructures pour financer les retraites / Et répondre à la double transition numérique et écologique
"Le secteur des infrastructures, évalué à 1 000 milliards de dollars, est l’un des segments des marchés privés qui croît le plus vite". Dans sa dernière lettre annuelle aux investisseurs Larry Fink, le patron de BlackRock disserte longuement sur le sujet du financement des besoins considérables nécessaires à la double transition, numérique et vers une économie bas carbone.
Des financements pour lesquels les partenariats publics-privés représentent selon lui l'unique solution d’avenir alors que la plupart des Etats sont confrontés à une dette importante. "La raison pour laquelle je crois qu’il faudra s’appuyer sur une combinaison d’argent public et privé est que ce financement ne peut pas venir des seuls gouvernements. Leur dette est trop élevée", explique ainsi le directeur général du premier gestionnaire d’actifs au monde.
De quoi apporter évidemment de l’eau au moulin des arguments qui ont conduit la firme à annoncer en janvier l’acquisition de Global Infrastructure Partners (GIP) pour 12,5 milliards d’euros. "Les activités d'infrastructure de BlackRock ont connu une croissance rapide au cours des dernières années. Mais pour répondre à la demande, nous avons réalisé que nous devions croître encore plus vite", rappelle Larry Fink.
A cet égard, le domaine dans lequel BlackRock a identifié la plus grande demande de nouveaux investissements est sans aucun doute celui des infrastructures énergétiques, "une méga-force, une tendance économique majeure portée par des pays représentant 90 % du PIB mondial", souligne le CEO et cofondateur de la firme.
Tandis que l'objectif "net zéro" reste une priorité d'investissement pour la plupart des clients de BlackRock, la demande d'énergie propre est amplifiée par un autre facteur : l'importance accordée à la sécurité énergétique, mise en exergue par la guerre en Ukraine. Si bien qu’ "au cours de [ses] près de 50 années passées dans la finance", Larry Fink n’a "jamais vu autant de demande pour les infrastructures énergétiques". Un défi face auquel le dirigeant est convaincu que "les marchés de capitaux peuvent aider les pays à remplir leurs objectifs énergétiques, y compris la décarbonation, d’une façon abordable".
D'ailleurs, "qu’il s’agisse de répondre à la demande d’infrastructures indispensables ou du rôle croissant du crédit privé à mesure que les banques et les prêteurs publics s’éloignent du marché intermédiaire, les capitaux privés seront essentiels", souligne-t-il.
Et c’est sur ces marchés de capitaux également que repose la réponse à un autre grand défi du 21ème siècle, celui "consist[ant] à offrir aux gens […] une retraite sûre et bien méritée", rappelle Larry Fink. Une ambition de plus en plus difficile à atteindre alors que les populations vivent de plus en plus longtemps et ont donc besoin de plus en plus d’argent. L’enjeu est primordial lorsque l’on sait que "d’ici le milieu du siècle, une personne sur six dans le monde aura plus de 65 ans, contre une sur 11 en 2019", poursuit le patron de BlackRock.
Qui dit retraite, dit vision de long terme. Une approche à laquelle il est important de sensibiliser selon lui les jeunes générations pour dissiper l’appréhension qu’ils éprouvent face à l’avenir. Car si "les plus jeunes ont perdu confiance dans les générations plus âgées", Larry Fink estime qu’ "il nous incombe de la restaurer". Et, ajoute-t-il, "commencer à investir pour leurs projets de long terme, y compris la retraite, peut être un bon début".
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