Dirigeants, gouvernance / Atos
Dirigeants, gouvernance
Atos
Le conseil d’Atos renforcé par un ancien de Microsoft / Alain Crozier y remplace Carlo d’Asaro Biondo
Le conseil d’administration d’Atos poursuit son renouvellement par petite touche. Le groupe a annoncé mercredi l’arrivée à son board d’Alain Crozier. Senior advisor chez Seven2 (ex-Apax Partners), ancien de Microsoft, le nouveau venu a été nommé par cooptation administrateur indépendant pour la durée restante du mandat de Carlo d’Asaro Biondo, soit jusqu’à l’assemblée générale annuelle qui se tiendra en 2024.
On se souvient en effet que Carlo d'Asaro Biondo avait démissionné du conseil d’administration en décembre dernier pour prendre la fonction nouvellement créée de "General Manager" au côté du directeur général très éphémère Yves Bernaert, arrivé en octobre dernier en remplacement du trio précédemment formé par Nourdhine Bihmane, Philippe Oliva et Diane Galbe, puis remplacé par le directeur financier du groupe Paul Saleh.
Si la valse des dirigeants à la tête d’Atos illustre la situation de crise du groupe, le board s’emploie, lui, à corriger petit à petit ses faiblesses. Il a longtemps été fait le reproche à la gouvernance d’Atos de disposer d’un conseil d’administration ayant trop peu d’expertise des métiers du groupe. Une déconnexion dont le bref passage de l’ex-patron de Canal+, Rodolphe Belmer, à la tête du groupe informatique en 2022 avait marqué le paroxysme.
Force est de constater que si l’ex-champion informatique français des services informatiques n’a jamais été en aussi fâcheuse posture, son sort étant désormais entre les mains de la conciliatrice judiciaire Hélène Bourbouloux, son conseil connaît depuis plusieurs mois des changements qui ne peuvent pas lui nuire. Un mouvement enclenché il y a près d’un an avec l’arrivée de Jean-Pierre Mustier, par la suite devenu président.
Pour sa part, avant d’être "senior advisor" dans le secteur des technologies et des télécommunications chez Seven2, Alain Crozier avait occupé plusieurs postes de direction chez Microsoft pendant près de 30 ans. Il y a en particulier dirigé l'externalisation et la transformation des ventes, des finances, des ressources humaines et des opérations au niveau mondial, ainsi que le repositionnement de son activité en Chine. Une longue expérience "dans la gestion et le développement d’entreprises technologiques internationales" saluée par le groupe.
Son arrivée fait suite à celles de François Mercadal-Delasalles et de Jean-Jacques Morin en tout début d'année, et (surtout) celle annoncée fin février d'un nouveau membre influent en la personne de David Layani, le président de la société Onepoint, actionnaire de référence d’Atos depuis novembre avec 11,4% du capital.
Et ce alors qu’Atos se prépare à présenter les paramètres du cadre de son refinancement à ses créanciers financiers le 8 avril, sous l’égide de la conciliatrice Hélène Bourbouloux, en vue de parvenir à un accord global sur la restructuration de sa lourde dette d’ici à juillet. La question n’étant pas tant de savoir de quelle manière celle-ci sera écrasée que de déterminer qui apportera la "new money" nécessaire à la relance de cette entreprise considérée par Bercy comme un actif stratégique. Sans perdre de vue, au-delà de l’équation financière à résoudre, la nécessité d’établir une feuille de route industrielle crédible.
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