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Confédération Nationale du Crédit Mutuel / Crédit Mutuel / Evenement / Daniel Baal / Nicolas Théry
Crédit Mutuel : quel bilan pour Nicolas Théry / Performance et humanisme, deux notions très conciliables
C’est ce jeudi soir, à l’issue d'une journée marathon qui s'est achevée par l’assemblée générale de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM), que Daniel Baal a, à l'unanimité, été officiellement intronisé président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale (CMAF) et de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, l’organe central de la banque mutualiste qui comprend en outre Arkéa (fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest).
Il succède ainsi à Nicolas Théry, qui après dix ans de mandat, a décidé, de lui-même et alors qu’il venait d’être renouvelé dans ses fonctions, de prendre du recul pour se consacrer désormais pleinement aux défis de la révolution écologique, climatique et solidaire, en tant que conseiller du nouveau président.
La fibre sociale
Une décision qui a certes pu étonner dans le milieu bancaire mais qui reflète néanmoins parfaitement l’esprit libre du dirigeant de 58 ans. De fait, Nicolas Théry a toujours détonné.
Major de l’Ena (Promotion Liberté, Egalité, Fraternité, où il côtoya les anciens ministres Jean-François Copé et Renaud Dutreil, ou encore Jérôme Grivet, directeur général délégué du Crédit Agricole S.A) et engagé sur la voie royale de l’Inspection générale des finances puis de la direction du Trésor, il rejoindra en 1997 le cabinet de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Economie et des Finances, comme conseiller chargé des affaires bancaires.
Dès cette époque, il accordera une grande importance à sa vie de famille, allant jusqu’à demander un aménagement de son emploi du temps pour consacrer du temps à ses enfants.
Après être devenu, en 2000, directeur de cabinet de la secrétaire d’Etat au Budget, Florence Parly, ce fervent défenseur du dialogue social, choisira de s’engager au sein de la CFDT et officiera auprès de sa patronne, Nicole Notat, comme secrétaire confédéral pour les questions économiques. Puis, Pascal Lamy, alors commissaire européen pour le Commerce international, s’attachera ses services en qualité de directeur de cabinet.
Changement de dimension
Entré en 2009 au Crédit Mutuel, Nicolas Théry en deviendra le président cinq ans plus tard (avec l’adoubement du patron historique Michel Lucas), devenant ainsi le plus jeune patron de banque français. Il sera, en outre, le premier dirigeant du groupe mutualiste à prendre la présidence de la Fédération bancaire française (FBF) entre 2021 et 2022.
Celui qui redevient donc un salarié comme les autres peut se targuer d’un bilan très positif. Sous son ère, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale a changé de dimension, passant de 11 à 14 fédérations. Par ailleurs, en dix ans, les bénéfices du groupe ont doublé, passant de 2 milliards d’euros à 4,1 milliards d’euros l’année dernière, soit la troisième performance financière des banques françaises et un record historique pour la banque. Si bien que le Crédit Mutuel Alliance Fédérale a atteint la 9e place des banques de la zone euro et est devenu le cinquième établissement français.
Partage de la valeur
Mais ce n’est pas tout, Nicolas Théry aura aussi su mettre fin, en mai 2023, à la guerre picrocholine qui durait depuis des années entre le Crédit Mutuel Arkéa, présidé par Julien Carmona, et la confédération.
Enfin, grâce à lui, le groupe aura été la première banque à statut d’entreprise à mission en 2021, avant d’adopter l’année dernière un dividende sociétal (15 % du résultat net), avec plus d’un milliard d’euros engagé en 2 ans. L’on notera également que le groupe a signé sans discontinuer des accords collectifs concernant la qualité de vie au travail ou l’égalité femme-hommes – des sujets chers à Nicolas Théry – et comportant des primes collectives et des augmentations générales (+8,6 % d’augmentations collectives ces deux dernières années), quand d’autres grandes banques françaises peinaient au contraire à s’accorder avec leurs syndicats.
La passation de pouvoir avec Daniel Baal, son directeur général depuis 2017, se sera faite en douceur, Nicolas Théry ayant lui-même choisi son successeur. "Nicolas Théry a impulsé et conduit une formidable dynamique du changement et un tournant historique pour notre groupe. Je l’en remercie chaleureusement. J’ai été très fier et heureux de constituer pendant 7 ans ce duo très complice et complémentaire avec lui. Je mesure le challenge à relever en accédant à la présidence : accélérer notre transformation et notre développement dans le respect de nos valeurs mutualistes", a déclaré Daniel Baal.
Une stratégie gagnante à poursuivre
Et l’on comprend que les deux hommes s’entendent si bien tant le parcours du nouveau président du CNCM est lui aussi singulier. Si cet Alsacien de 66 ans a gravi tous les échelons au sein du Crédit Mutuel depuis son arrivée en 1979, il est également une figure bien connue du monde du sport.
Devenu à 36 ans le plus jeune président bénévole de la Fédération française de cyclisme, il participera activement à la lutte contre le dopage et les dérives par rapport à l’éthique. Un engagement tel qu’il décidera de mettre entre parenthèses sa carrière dans la banque pour se consacrer pleinement à sa passion. C’est ainsi, qu’il deviendra numéro 2 du Tour de France et directeur du cyclisme chez Amaury Sports Organisation.
En 2004, il réintégrera le groupe mutualiste en qualité de directeur général de Crédit Mutuel Ile-de-France avant d’être promu, en 2010, directeur général adjoint de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, puis du Crédit industriel et commercial (CIC) en 2014.
Il lui revient désormais de mettre en œuvre le nouveau plan stratégique du groupe, adopté en fin d’année dernière et couvrant la période 2024-2027. Pour mémoire, à cet horizon, les 19 milliards d’euros de produit net bancaire sont visés pour un résultat net de 5 milliards d’euros. Pour y parvenir, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale veut dépasser les 15 millions de clients dans ses réseaux, en misant sur le digital et encore davantage sur l’assurance, l’ambition étant de passer le cap des 8 % de parts de marché dans l’assurance dommages sur le marché des particuliers.
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