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choc énergétique; impact; produits de base

Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Inflation / Moyen-Orient

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Banque Mondiale / Inflation / Moyen-Orient

Israel L’inflation est à la merci du Moyen-Orient / La Banque mondiale redoute l’impact d’un choc énergétique

Deux années de baisse de l’inflation semblent pouvoir être balayées en quelques semaines ou mois, c’est le message que contient le dernier Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale. Alors que le levier de la baisse des cours mondiaux des produits de base est jugé comme ne pouvant plus guère faire refluer l’inflation davantage et qu’ils sont toujours à des niveaux supérieurs de 38 % à leur moyenne prépandémique. Conjugué à l’existence d’une faiblesse croissance, cela soulève les inquiétudes de l’institution quant à l’impact d’une escalade du conflit au Moyen-Orient.
Le détroit d'Ormuz est essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Le détroit d'Ormuz est essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP

" La bataille de l’inflation n’est pas encore gagnée". Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale ne veut pas céder à l’euphorie du repli progressif de l’inflation. Elle et ses équipes avertissent quant à l’impact d’un choc énergétique provenant du Moyen-Orient. Le dernier Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale rappelle que certaines matières premières sont fortement dépendantes de la région avec notamment près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Ormuz.

Un tel scénario est craint pour ses effets probables sur le "prix des engrais [qui] augmenteraient considérablement, ce qui entraînerait probablement une hausse des prix alimentaires". Et conduirait à s’éloigner fortement du "scénario de référence de la Banque mondiale [lequel] table plutôt sur un léger fléchissement des prix des denrées pour 2024 (-6 %) et 2025 (-4 %). Quant aux prix des engrais, ils devraient baisser de 22 % en 2024 et 6 % en 2025".

 

Paradoxe

 

Un tel évènement est d’autant plus redouté que l’incidence de la géopolitique sur les produits de base est déjà forte. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, estime qu’on "voit émerger une divergence frappante entre croissance et prix des produits de base : malgré une croissance mondiale relativement plus faible, les prix des produits de base resteront très probablement plus élevés en 2024-25 qu’au cours des cinq années précédant la pandémie de COVID-19", notamment en raison de "tensions géopolitiques exacerbées qui tirent vers le haut les prix des principales matières premières et contribuent à alimenter des risques de fortes fluctuations des cours".

Un appel à la vigilance à destination des banques centrales est prononcé par l’économiste, ce dernier craignant les "répercussions inflationnistes induites par de possibles flambées des prix des produits de base dans un contexte de tensions géopolitiques élevées". L’exemple du pétrole Brent est pris, ce dernier ayant vu son cours monter jusqu’à 91 dollars au début du mois d’avril, ce qui est supérieur de 34 dollars à sa moyenne sur la période 2015-2019. Une intensification du conflit au Moyen-Orient empêcherait toute baisse progressive de l’or noir dans les mois à venir et il est estimé que "le prix moyen du Brent pourrait ainsi remonter cette année à 92 dollars le baril en cas de perturbation modérée de l’offre de pétrole, voire dépasser les 100 dollars en cas de perturbation plus grave, ce qui conduirait à une hausse de près d’un point de pourcentage de l’inflation mondiale en 2024".



Embourbé

 

Les équipes de la Banque mondiale jugent également qu’il n’y aura pas besoin du Moyen-Orient pour que la lutte contre l’inflation s’avère complexe. Il est rappelé qu’après avoir vu " entre la mi-2022 et la mi-2023, les cours mondiaux des produits de base avaient en effet chuté de près de 40 %, cette décrue des prix contribuant fortement à la réduction d’environ 2 points de pourcentage de l’inflation mondiale entre 2022 et 2023", il est à craindre que ce levier ne soit que peu disponible dans les mois à venir. Dès le deuxième semestre de l’année dernière il est observé que l’indice des prix des produits de base de la Banque mondiale " est resté globalement inchangé". Le scénario central de la Banque mondiale évoque une baisse de 3 % des prix mondiaux des produits de base en 2024 et de 4 % en 2025. Autant de baisses considérées comme "guère suffisantes pour juguler une inflation qui, dans la plupart des pays, reste supérieure aux cibles des banques centrales".

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