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Commission d'enquête / TotalEnergies / AXA

Axa se réserve pour les meilleurs élèves de la transition énergétique / TotalEnergies parmi les 1 % d’élus

Si le directeur général d’Axa, Thomas Buberl, a volontairement souhaité se montrer discret sur les relations que son entreprise entretient en termes d’investissement et d’assurance avec le groupe TotalEnergies, lors de son audition par la Commission d’enquête sur les obligations de la compagnie présidée par Patrick Pouyanné, il n’en reste pas moins qu’au vu de la stratégie très sélective mise en place par Axa pour lutter contre le changement climatique, TotalEnergies coche toutes les cases pour être soutenue dans son propre plan de transition.
Thomas Burberl, directeur général d'Axa ( Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Thomas Burberl, directeur général d'Axa ( Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Il aura fallu attendre 25 minutes d’audition pour que Thomas Buberl, directeur général d’Axa, prononce enfin le nom de TotalEnergies. Prudent, le dirigeant allemand savait qu’il avait des coups à prendre de la part des membres de la Commission d’enquête sur les obligations de la compagnie pétrolière, et notamment de celle de son rapporteur, le sénateur Yannick Jadot. "Vous pouvez comprendre que je ne vais pas mettre sur la table les relations exactes que l’on a potentiellement avec le groupe TotalEnergies", a-t-il répondu à la remarque du président de la commission, Roger Karoutchi, qui a visiblement bien noté le silence du dirigeant allemand sur l’entreprise présidée par Patrick Pouyanné dans son propos introductif.

 

Pionner dans la transition climatique

 

De fait, Thomas Buberl a préféré concentrer son audition sur l’exemplarité d’Axa en matière de transition énergétique. "Nous nous sommes engagés très tôt dans la lutte contre le changement climatique. Cela a commencé en 2015, lors de la Cop 21 à Paris. Nous sommes ainsi devenus le premier investisseur institutionnel à s’engager à sortir du charbon aussi bien en termes d’investissement que d’assurance", a-t-il déclaré, rappelant que les investissements verts d’Axa avaient été multipliés par dix pour atteindre les 30 milliards d’euros à fin 2023. "En 2019, nous sommes encore allés plus loin en annonçant notre sortie complète du charbon d’ici 2040 et de réduire de 20 % l’empreinte carbone de nos investissements entre 2019 et 2025. Cet objectif ayant déjà été atteint, nous visons désormais une baisse de 50 % à l’horizon 2030", a-t-il complété.

Mais l’engagement d’Axa en faveur de la transition énergétique se veut aussi actif dans son métier d’assureur. "Notre objectif est avant tout d’accompagner la transition climatique de nos clients particuliers et entreprises en adaptant notre activité de souscription à notre politique d’investissement concernant la sortie du charbon", a expliqué Thomas Burberl. Ainsi, l’année dernière, 2 milliards d’euros de primes d’assurance se sont rapportés à des activités en faveur de la transition énergétique.

 

Une sélectivité très stricte

 

Certes, Axa l’avoue. Le groupe n’a pas fermé la porte aux entreprises du secteur du pétrole et du gaz, mais il se montre sélectif. "Depuis 2015, les deux piliers de notre métier, l’investissement et l’assurance, sont alloués aux acteurs les plus ambitieux en matière de transition énergétique", a assuré le directeur général, poursuivant : "depuis cette date, nous n’investissons désormais plus que dans quelques entreprises, les plus ambitieuses en termes de transition, les meilleures élèves de leur classe. Si bien que le poids du secteur du pétrole et du gaz représente environ 1 % de nos primes et environ 1 % de notre actif général, en sachant que ce 1 % est vraiment focalisé sur les entreprises qui ont plusieurs atouts, à savoir s’être clairement dotées d’un plan de transition crédible avec des engagements de réduction de leurs émissions d’ici à 2050, qui ont montré un changement dans leur mix énergétique. Nous regardons aussi si ces entreprises sont suffisamment fortes et grandes pour assurer un certain niveau d’investissement vert", a détaillé Thomas Burberl. "Si ce n’est pas le cas, nous ne regardons même pas le dossier", a-t-il certifié. Et dans le cas de TotalEnergies, il a considéré que l’entreprise "mettait des moyens considérables dans l’investissement renouvelable ".

Un pilotage très attentif qui se traduit par des résultats déjà concrets pour Axa qui chiffre ses investissements à 34 tonnes de CO2 par million d’euros investi. "C’est l’une de nos méthodes de sélection : combien de CO2 émis pour un euro investi. L’intensité carbone n’est certes pas une mesure parfaite car nous sommes tributaires de ce que les entreprises publient mais en attendant, nous sommes aujourd’hui à un niveau d’intensité carbone significativement plus bas que celui de nos concurrents", a complété Alban de Mailly Nesle, le directeur financier d’Axa.

 

Une trajectoire de baisse crédible

 

Pour le directeur général, la transition énergétique est "un chemin", Axa se devant d’accompagner les entreprises prêtes à évoluer. Thomas Burberl ne voit d’ailleurs pas pour l’instant la demande en énergie fossile baisser. "Ça augmente encore. Les entreprises fournisseurs d’énergie essayent au maximum de refléter d’un côté cette transition énergétique dans leurs investissements dans le renouvelable et de l’autre de répondre aussi à cette augmentation de la demande en énergie fossile", a soutenu le directeur général d’Axa auprès de Yannick Jadot qui, malgré les explications de Patrick Pouyanné lors de son audition devant cette même commission ce lundi après-midi, prenait encore en exemple l’expertise de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) selon laquelle plus aucun nouvel investissement gazier ni pétrolier n’est nécessaire. "La question de la trajectoire de baisse est à mon avis la plus grande question à laquelle personne n’a, pour le moment, la réponse. L’AIE a fixé un point de départ et un point d’arrivée. C’est donc tout l’enjeu de nos discussions avec les entreprises dans le cadre de nos activités d’investissement et d’assurance. Nous leur demandons de nous apporter de la clarté sur cette trajectoire ", a souligné le directeur général d’Axa.

La Commission d’enquête recevra le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, lundi prochain, le 6 mai.

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